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Lancement de l'Analyse de la Situation de l'Enfant au Maroc - SITAN

Rabat, le 22 janvier 2008

Allocution de M. Lenin Guzman
Représentant par Intérim de l’UNICEF au Maroc


Madame la ministre de la Santé, Madame la ministre du Développement Social, mesdames et messieurs, chers invités, chers collègues :

L’UNICEF a le plaisir de lancer aujourd’hui deux documents que nous considérons de grande importance.

Le premier est le rapport global de l’UNICEF intitulé «La Situation Des Enfants dans le Monde 2008». Il s’agit d’un rapport élaboré annuellement par des spécialistes de notre siège à New York. Cette année, ce rapport se consacre à la survie de l’enfant et fait le point sur les avancées que le monde a fait et les défis à relever dans tous les pays membres des Nations Unies.

La Situation des enfants dans le monde 2008 met en lumière la chute du nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans, qui passe en dessous de la barre des 10 millions par an – 9,7 millions en 2006 – ce qui est un succès incontestable. Toutefois, le décès, chaque jour, de 26 000 jeunes enfants – pour la plupart de causes que l’on aurait pu prévenir – est tout simplement inacceptable.

Un examen des tendances en matière de mortalité, montre que les progrès n’ont pas été identiques dans toutes les régions du monde. Pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement n° 4, qui vise une réduction des deux tiers de la mortalité infantile entre 1990 et 2015, il faudra progresser plus rapidement dans la recherche d’une solution aux principales causes de décès des enfants et des efforts plus importants doivent être fournis particulièrement au niveau du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Asie du Sud et de l’Afrique subsaharienne.

La Situation des enfants dans le monde 2008 identifie six mesures capitales à prendre,  qui exigent de toute urgence que l’on s’engage tous à redoubler d’efforts pour la survie des mères, des nouveau-nés et des enfants. Ces mesures sont: 

1. L’instauration de conditions favorables à la survie et à la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant.  
2. L’instauration et le renforcement du package de soins dans l’espace temporel et géographique. 

3. La mise en œuvre à grande échelle des services essentiels en renforçant les systèmes de santé et les partenariats communautaires.
4. Le développement de bases de données, de recherches et des conclusions sur lesquelles s’appuie l’action. 
5. La mobilisation des ressources pour les mères, les nouveau-nés et les enfants.
6. Le développement de politiques qui font de la survie des mères, des nouveau-nés et des enfants un impératif mondial.


Outre l’analyse détaillée de la situation des enfants dans le monde, ce rapport présente un annexe statistique qui permet de situer chaque pays membre, et de comparer sa situation avec celle de pays du même niveau de développement.

Le deuxième document que nous présentons aujourd’hui, « La situation de l’enfance au Maroc, Analyse selon l’approche basée sur les droits humains », est un document qui dresse l’évolution de la situation des enfants au Maroc au cours des cinq dernières années. La particularité principale de cette analyse est qu’elle a été développée selon l’approche basée sur les Droits Humains qui permet d’identifier les principaux manquements au respect des droits des enfants, d’en analyser les causes et de dégager par la suite des stratégies adaptées à chaque  niveau de non réalisation de ces droits.

Si l’on applique cette méthode d’analyse à la période 2001-2006, le Maroc a indéniablement accompli des progrès notoires en ce qui concerne la situation des droits de l’enfant. Ces accomplissements sont visibles dans différents domaines notamment ceux du droit à la protection, du droit à l’éducation, du droit à la santé et du droit à la participation. Ces réalisations ont pu voir le jour grâce à une volonté politique au plus haut niveau et à la mobilisation de tous les acteurs de la société marocaine avec à leur tête les différents départements ministériels en charge du dossier de l’enfant, de la femme et du développement social de manière générale, les acteurs de la société civile et les organisations internationales.

Ces progrès se sont manifestés, sur le plan normatif à travers notamment l’adoption du Plan d’Action National de l’Enfant, PANE, du nouveau du Code de la famille qui rend dignité à la femme marocaine et protège la fille mineure, la réforme de la loi sur la nationalité qui permet à la mère de transmettre la nationalité à ses enfants nés d’un père étranger et de celle de la justice pénale par l’harmonisation de ses dispositions avec la Convention des droits de l’enfant (CDE). Sur le plan des réalisations, l’on peut citer aussi l’adoption du Code du travail et sa mise à niveau avec les conventions du BIT. L’Assurance Maladie Obligatoire constitue aussi un acquis pour l’enfance marocaine puisque les soins néo-natals et maternels sont désormais pris en charge.

A cela s’ajoute, sur le plan programmatique,  l’extension de l’expérience de Dar Al Omouma dans le cadre de l’INDH qui contribuera fortement à la réduction du taux de la mortalité maternelle, néo-natales et infantile. Ceci en plus de la conception d’un système intégré de protection de l’enfant qui se traduit  par la mise en place des Unités de Protection des Enfants victimes de violence, d’exploitation et d’abus.

Cependant, force est de constater que sur d’autres volets, les progrès n’ont pas toujours été au rendez vous. C’est le cas particulièrement du dossier des micronutriments dont les impacts aussi bien social qu’économique nous interpellent. Peut-on réellement dissocier la question de la nutrition de celle de la qualité de l’enseignement, de la participation, de la santé et de la pauvreté de manière générale et vice-versa ? La réponse est évidemment négative. C’est pourquoi, il est capital d’adopter des processus et des mécanismes de travail intégrés.

A ce niveau, il est important de rappeler que le Maroc a été l’un des premiers pays de la région à adopter en 2005 le Plan d’Action National pour l’Enfant qui est devenu une feuille de route décennale pour la question de l’enfance dans ce pays.
Néanmoins, l’absence d’une budgétisation détaillée du PANE limite sa mise en œuvre effective. Il est urgent aujourd’hui de procéder à une évaluation des besoins de son exécution afin de lui trouver les ressources nécessaires et de canaliser et optimiser leurs utilisations.

De son côté, l’UNICEF réaffirme son engagement auprès des différents acteurs de la société marocaine pour améliorer davantage la situation de l’enfance. Le Programme de coopération entre le gouvernement du Maroc et l’UNICEF  pour la période 2007-2011 appuie les efforts du Maroc dans ce domaine afin de relever le défis de la mise en œuvre de la convention des Droits de l’Enfant, et dans un cadre plus global, d’atteindre les Objectifs Millénaires du Développement (OMD).

Je tiens a remercier Madame la Ministre de la Santé pour avoir accepté de présider cet événement, ainsi que l’équipe du Centre d’Etudes en Droits Humains et Démocratie, CEDHD. Je tiens à remercier les medias et tous les invités qui se sont donnés rendez-vous cet après midi pour la cérémonie de lancement de ces documents.

Merci. 

 

 

 

 
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