Santé et nutrition

Des défis et des enjeux

Des progrès importants

Les Priorités du programme

Publications

 

Des défis et des enjeux

Le Maroc a réalisé d’importantes avancées en matière de santé des enfants, cependant, malgré les efforts du système et une volonté politique constante ; les progrès réalisés ne concernent pas toutes les catégories de la population et des disparités majeures subsistent entre les régions, provinces, communes. L’analyse par milieu, par genre, par niveau d’instruction, par niveau de vie (pauvreté et vulnérabilité) montre clairement l’existence d’inégalités et d’une certaine inéquité en santé. Plusieurs causes contribuent à cette situation dont : la faiblesse de l’offre en faveur des 20% de la population pauvre, notamment les femmes, les personnes résidant dans certaines zones enclavées du monde rural, les mères célibataires, les enfants à besoins spécifiques (enfants en situation d’abandon, enfants en situation d’handicap, enfants en situation de rue et enfants victimes de violences, migrants). Le manque d’équipements et de médicaments, les ressources humaines limitées, en nombre, en spécialisation, en formation constituent  une des causes sous-jacente dans l’offre de soins, surtout pour le monde rural. Un accent particulier doit cependant au niveau de la demande, être mis sur le changement des attitudes, des pratiques et des normes sociales qui freinent l’accès aux soins de santé.

Quelques exemples ci-après peuvent mettre en exergue les problématiques qui persistent encore pour la réalisation du Droit à la Santé au Maroc.

La santé maternelle

La mortalité maternelle a baissé de près de 50% entre 2003 et 2010. Le taux de mortalité maternelle est en effet passé de 227 décès pour 100.000 naissances vivantes (NV) à plus ou moins 120 pour 100 000 NV. Un taux qui reste élevé par rapport aux autres pays de la région d’un niveau de développement similaire (Tunisie : 69, Egypte : 84, Lybie : 77, Algérie : 88), sachant que le Maroc a souscrit à l’obligation de réduire la mortalité maternelle de trois quart d’ici 2015, soit à seulement 83 décès pour 100.000 NV.

Ce taux est d’autant plus inacceptable que 92% des décès pourraient être évités, selon les analyses des experts. En effet, la plupart de ces décès sont causée par un manque de soins adéquats durant l’accouchement. Le taux de couverture des soins prénatals est passé de 67,8% entre 1999-2003 à 80,2% en 2009-2010. Néanmoins, ce dernier renferme des disparités au niveau du terrain. Ainsi, il est de 94% en milieu urbain contre seulement 68,3% en milieu rural. De même, l’accès aux consultations prénatales demeure limité pour les femmes en milieu rural. En effet, ce taux s’élève à 49,6% pour les 20% des femmes les plus pauvres contre 97,3% pour les 20% les plus riches. Idem pour l’assistance à l’accouchement en milieu surveillé qui est loin d’être généralisée. L’assistance à l’accouchement pour les 20% des femmes les plus riches est presque 3 fois supérieure à celle des femmes les plus pauvres et la moitié des femmes d’origine rurale accouchent encore à domicile.

La santé infantile

Le taux de mortalité infantile est passé de 75,5%° en 1987 à 30%° en 2010, et celui de la mortalité infanto-juvénile est passé de 104%° en 1987 à 36%° en 2010. Une disparité significative est relevée également à ce niveau-là entre le milieu urbain et le milieu rural. Le taux de mortalité infantile est respectivement de 25,3% et 35,3%, alors que le quotient de mortalité infanto-juvénile s’élève respectivement à 31% et 42%.

Outre la disparité entre le milieu urbain et rural, la mortalité infantile est plus importante que la moyenne nationale chez les pauvres en milieu rural. Elle est de 45% plus élevée pour les 20% les plus pauvres, par rapport aux 20% les plus riches.

La malnutrition des enfants

Les carences nutritionnelles touchant les enfants restent nombreuses. Ainsi, 31,6% des enfants de 6 mois à 5 ans souffrent d’anémie, 40,9% des enfants de 6 à 72 mois ont une carence en vitamine A, 63% des enfants de 6 à 12 ans ont une carence en iode   et 1/3 des enfants de moins de 5 ans ont une carence en acide folique. La pauvreté alimentaire engendre plusieurs carences et des conséquences néfastes sur la santé des femmes et des enfants, ce qui augmente les risques de vulnérabilité de la population face à certaines maladies.

La grossesse chez les adolescentes, et la violence basée sur le genre

Les complications liées à la grosse et l’accouchement sont parmi les principales causes de décès maternels chez les jeunes filles âgées entre 15 et 19 ans. Au Maroc, 50 000 jeunes filles âgées entre 15 et 19 ans ont donné naissance à un enfant. En 2013 également, 36,000 mariages de mineurs, dont 99% concernent des filles, ont été autorisés par des juges. Ils conduisent naturellement au risque de grossesse précoce.  S’ajoute à cela les avortements en milieu non médicalisés qui constituent un facteur important de mortalité maternelle et infantile.

Les enfants en situation de handicap

Si les besoins des enfants en situation de handicap sont nombreux et très importants, la réponse est loin d’être satisfaisante. En effet, très peu de structures offrent une prise en charge adaptée à la situation de ces enfants, ce qui contraint les familles à s’orienter vers le secteur privé, du moins pour les plus aisés d’entre elles ou vers les associations qui demeurent le principal acteur œuvrant en matière de santé des enfants en situation de handicap.

En matière d’accessibilité, les établissements de santé des soins de base ne sont pas ou sont peu accessibles aux personnes en situation de handicap dont les enfants. La question des handicaps mentaux est encore plus cruciale, du fait de l’absence de détection précoce et de structures de soins, alliés au problème du polyhandicap.

 

 

 
Search:

unite for children