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Le Gouvernement des enfants

© UNICEF/MLIA2009-00177/Pirozzi
Adama Bamba, debout, est le « Premier ministre » du gouvernement des enfants de son école à Mougna et prend son rôle avec sérieux.

Non seulement Adama Bamba est « Premier ministre », mais il a aussi le charisme d’un leader. Il écoute avec intérêt, établit un contact visuel et s’exprime avec éloquence, en faisant des mouvements lents avec ses mains. Lui et son « gouvernement » sont en train d’expliquer leur « plan d’action » tout en s’installant dans leur salle classe de l’école primaire de Mougna, dans le district de Djenné.

Adama n’a que douze ans. Il est en CM2 dans une école « amie des enfants, amie des filles», statut acquis avec l’appui de l’UNICEF. L’école dispose d’un gouvernement composé de cinq garçons et quatre filles. Il a pour rôle de garantir que les élèves participent au fonctionnement de leur école. Ils travaillent en étroite collaboration avec le conseil de l’école composé du directeur de l’école et de des dirigeants communautaires. L’environnement scolaire doit d’être favorable à tous les aspects du développement de l’enfant et garantir que l’école encourage tous les enfants, en particulier ceux qui ont tendance à abandonner les premiers, à savoir les filles, les plus pauvres et les enfants handicapés.

Le directeur de l’école, Salif Koné, explique que le gouvernement scolaire a fait une différence. « Le gouvernement des enfants est plus à même de résoudre certains problèmes que le Comité de Gestion Scolaire (CGS); par exemple, avant, les élèves devaient payer les consultations au centre de santé mais ils ont pu négocier de ne plus payer ». Des progrès ont aussi été faits pour garder les filles à l’école. Nana Plea, agricultrice et membre du CGS, explique : « si une fille abandonne l’école, je me rends chez elle pour savoir pourquoi et essayer de la faire revenir à l’école ». L’école compte désormais 196 garçons et 208 filles. D’autres améliorations simples ont eu lieu, comme la séparation des latrines, qui représente une différence considérable pour les filles. « Les latrines des filles sont un petit peu à l’écart du bâtiment de l’école pour leur garantir plus d’intimité », explique Adama. Il précise que chaque classe dispose d’un savon et d’un porteur d’eau pour pouvoir se laver les mains.

Parmi les priorités, il faut aussi garder l’école propre. « Chaque vendredi à 17h, tous les élèves nettoient l’école, y compris les toilettes ». Safoura Sao, dix ans, ministre de la lutte contre les discriminations, explique qu’elle fait très attention à la manière dont les filles sont traitées par les garçons. « Si un garçon tape une fille, elle viendra me le dire et je le signalerai au conseil de l’école qui contactera ses parents ».

L’UNICEF a fourni à chaque élève des sacs à dos bleus contenant des fournitures scolaires comme des stylos, des crayons et des règles. « Ces sacs sont des motivations pour les enfants », explique Salif Koné. « Ils en prennent tous soin. Si les repas étaient fournis à l’école, nous aurions plus de 500 élèves », ajoute-t-il. Adama, dont le père est un médecin local, approuve. « J’habite à côté donc je peux rentrer déjeuner à la maison, mais de nombreux enfants ne peuvent pas, et ils ne mangent rien de la journée ».

Des efforts sont également faits pour garantir que les enfants handicapés puissent venir à l’école. Les membres du CGS ont participé à une formation appuyée par l’UNICEF sur l’intégration des enfants handicapés à l’école. Diakaridia, douze ans, souffre d’un handicap mental suite à un accès de paludisme cérébral survenu il y a quatre ans. L’école travaille en étroite collaboration avec son père, Daouda Konda, qui a toujours voulu qu’il aille à l’école malgré son handicap. « Même s’il n’est pas comme les autres, il est capable de comprendre », explique son père. Diakaridia a besoin d’un peu d’encouragements pour s’adresser au directeur, mais il se lance avec un sourire timide. « J’aime apprendre à l’école, et je voudrais faire comme mon père, charger les batteries des voitures », explique-t-il. Adama ajoute que le gouvernement scolaire s’assure que les enfants handicapés ne soient pas discriminés. « Ils doivent sentir qu’ils font partie de l’école ». Qu’en est-il d’Adama, de quoi rêve-t-il ? Il répond sans hésiter. « Cette expérience en tant que « Premier ministre » m’a convaincu que je voulais devenir professeur des écoles ».

 

 
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