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Pour l’amour de l’école, le combat de Monsieur Maiga

© UNICEF Mali / 2014 / Cisse

Par Birama Cissé et Cindy Cao

Aux moments les plus durs de la crise, pendant l’occupation de la ville de  Gao au Nord du Mali, Monsieur Yacouba Maiga, directeur de l’école Sossokoira, n’a jamais baissé les bras. En dépit des interdits, il a maintenu son école ouverte. Et aujourd’hui, il poursuit son idéal, pour l’éducation des enfants, avec un regain d’optimisme. 

Sa mission : faire respecter le droit à l’éducation. Directeur de l’école Sossokoira depuis 1994, Monsieur Yacouba Maiga, est l’un des courageux directeurs d’école qui, pendant la crise, a maintenu son école ouverte. Il a ainsi bravé l’interdit, malgré les risques de représailles. La violence et les menaces n’ont pas eu raison de son idéal. 

Assis sous l’arbre dans la cour, Monsieur Maiga explique : « Je n’ai jamais quitté cet arbre pendant la crise. Quand il n’y avait ni enseignant, ni élève, je venais ici chaque matin comme d’habitude pour prendre mon thé. Pour moi, un directeur académique, c’est le premier gardien de l’école. » Et d’insister, esquissant un sourire : « Qu’il pleuve ou qu’il neige, je serai toujours là. »

La réconciliation passe par l’école

Sous l’occupation, Sossokoira est restée la seule école ouverte à Gao grâce à l’assiduité du directeur. Il n’est pas resté longtemps seul. Quatorze volontaires, dont 6 femmes qui, eux aussi, ont refusé de quitter leur ville sont venus le soutenir. En ces temps difficiles, il a fallu faire des conciliations et accepter les conditions des occupants : la séparation des garçons et des filles dans les classes et le port obligatoire du voile.

Depuis, les efforts de tous ont été récompensés. Aujourd’hui, Monsieur Maiga est enchanté. « Avec la campagne Retour à l’Ecole en octobre dernier, nous avons enregistré une forte augmentation de filles. » De plus, un nombre grandissant d’élèves dans leur ensemble sont venus rejoindre les bancs de l’école, passant de 739 élèves avant la crise à plus de 1 372 aujourd’hui.

« La réconciliation passe par l’école! » s’exclame Monsieur Maiga. « Nous avons vécu des cas difficiles. Les enfants qui avaient fui la crise, lorsqu’ils sont revenus à Gao, avaient du mal à se faire accepter par leurs camarades qui étaient restés. Grâce à la formation psycho-sociale initiée par l’UNICEF, nos enseignants ont appris à résoudre ce genre de problèmes, à travers des activités de jeux, de théâtre et autres »

Un geste important

« J’ai été particulièrement touché quand j’ai vu un enfant de première année faire venir ses amis à l’école. Il voulait partager avec eux le goûter de la cantine scolaire. C’était un geste important. Les autres sont alors venus avec leurs parents pour s’inscrire. »

Toutefois, s’il est des raisons de s’enthousiasmer de l’augmentation du nombre d’élèves, les six classes de l’école compte chacune 200 élèves avec une double vacation. Un nombre pléthorique d’enfants pour lesquels il est essentiel de réunir les conditions nécessaires pour assurer une éducation de qualité.

Pour l’heure, Monsieur Maiga tient à remercier l’UNICEF et ses partenaires.  «Aujourd’hui Dieu merci, après la crise, nous avons reçu beaucoup de soutien de nos partenaires dans le cadre de la campagne Retour à l’école. L’UNICEF, en premier, nous a apporté des équipements, des formations et des kits pour les enfants et les enseignants.»

Depuis, les parents d’élèves, sensibilisés par Monsieur Maiga à l’importance de l’éducation, se sont aussi rassemblés pour financer des craies et du matériel de géométrie.

La campagne Retour à l’école, co-financée par l'office humanitaire de la Commission Européenne (ECHO) à hauteur de 3 millions EUR, vise à appuyer les efforts et encourager les personnes comme Monsieur Maiga pour assurer une éducation de qualité aux  enfants affectés par la crise. « Malgré toutes les difficultés, je peux dire que c’est une réussite à Gao, et en particulier, à l’Ecole Sossokoira » conclut le directeur.

 

 
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