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Des statistiques pour agir : Rendre les enfants invisibles visibles par l’information

© UNICEF Mali / 2013 / Dicko

Le monde a fait une série de promesses pour les enfants il y a 25 ans quand la Convention relative aux droits de l'enfant a été adoptée.

Nous avons promis que chaque fille et chaque garçon aurait le droit de survivre et être en bonne santé. Nous avons promis à chaque enfant le droit à l'éducation, à un nom et à une identité. Nous avons promis qu'aucun enfant ne subirait de violence.

Avons-nous tenu ces promesses ? La seule façon de le savoir est d'utiliser les données pour comprendre d’où nous venons, et vers où nous devons aller.

Les données nous montrent que moins d'enfants meurent aujourd’hui avant leur cinquième anniversaire et que plus de filles vont à l'école. Bien que cela soit de bonnes nouvelles, les données révèlent également que même dans les pays où des progrès sont réalisés, beaucoup trop d'enfants sont laissés pour compte. Le Mali est le pays avec le 8ème taux de mortalité le plus élevé des moins de cinq ans (128 décès pour 1000 naissances vivantes) derrière la Sierra Leone, l’Angola, le Tchad, la Somalie, la République Démocratique du Congo, la République d’Afrique Centrale et la Guinée-Bissau.
 
Environ 83 000 enfants maliens de moins de cinq ans meurent encore chaque année, la plupart de causes évitables. Le taux d'alphabétisation des jeunes (15-24 ans) est faible, avec des disparités entre les hommes (56 %) et les femmes (39 %). Le taux d'enregistrement des naissances est de 81%. Or, l'absence d’une identité civile prive les gens des services et des protections qui sont leur reviennent de droit.
 
Cette marginalisation est souvent cachée par des moyennes statistiques, qui montrent une amélioration globale, mais masquent des disparités entre les nations. Les enfants laissés pour compte deviennent «invisibles».

Le nouveau rapport de l'UNICEF « La situation des enfants dans le monde 2014 en chiffres : Chaque enfant compte »  révèle des inégalités criantes. Dans le monde, les enfants les plus pauvres sont presque trois fois moins susceptibles que les plus riches d'avoir un personnel qualifié lors de leur naissance. Au Mali, 96 % des enfants les plus riches - mais seulement 65 % des plus pauvres - sont enregistrés à la naissance au Mali. En outre, 89 % des ménages urbains ont accès à l'eau potable, contre 53 % des ménages ruraux.

Révéler ces disparités nous permet de comprendre les obstacles auxquels les enfants sont confrontés, et de concevoir et suivre les initiatives qui peuvent permettre de les surmonter.

Le rapport plaide en faveur de données statistiques comme l'un des outils les plus puissants pour stimuler l'action, identifier les lacunes, influencer les décideurs et les investissements et cibler les interventions pour atteindre les enfants les plus vulnérables.


Les données rendent visibles les enfants les plus à risque - les plus éloignés et presque hors de portée. Ce sont les décideurs à tous les niveaux, de l’international au local, qui doivent s'assurer que ces enfants - et tous les enfants - aient la possibilité de jouir pleinement de leurs droits.

Alors que nous allons célébrer le 25ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant cette année, l'UNICEF défie le monde d'utiliser les données statistiques pour inspirer les pensées créatives et trouver des solutions novatrices aux problèmes les plus urgents auxquels sont confrontés les enfants. Cet anniversaire est un rappel urgent des promesses qui n'ont pas encore été accomplies- les promesses qui peuvent faire la différence pour les enfants du monde.

Il est essentiel que le gouvernement du Mali investisse dans la cause des enfants pour améliorer la vie de la prochaine génération de Maliens, avec l’espoir qu’ils deviennent des citoyens conscients de leurs droits et devoirs.

Gianfranco Rotigliano, Représentant de l’UNICEF au Mali

 

 
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