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VIH : Sortir de la stigmatisation

© UNICEF Mali / 2013 / Cao

Par Cindy Cao

En dépit des épreuves qu’elle a affrontées liées au sida, Awa* n’a jamais perdu courage, concentrée à construire une vie nouvelle. Elle a refondé une famille, en donnant naissance à d’autres enfants qui sont séronégatifs. L’élimination de la transmission mère-enfant est la clé pour créer au Mali une génération sans sida.  

Awa* a fait un test de dépistage du sida à la fin des années 1990. Un moment douloureux de sa vie dont elle se souvient : « Mon mari venait juste de mourir une semaine avant. Mon fils qui n’avait que deux ans, était très malade. J’ai fait le test de dépistage et on m’a annoncé que mon fils et moi étions  séropositifs. »

Le choc a été dur. Awa et son fils, tous deux malades, allaient aussi être confrontés au rejet de la société. « Au début, c’était très difficile. Les gens commençaient à avoir des soupçons. Ils me demandaient ce que j’avais. Je ne voulais pas leur dire car je savais que nous allions être rejetés. Mon fils n’était qu’un petit garçon. Il voulait jouer avec les autres enfants du quartier, comme tout le monde. Mais lorsqu’il allait chez les voisins, ils le rejetaient, ils lui disaient de partir. Cela m’a beaucoup marquée de voir cela. Je ne pouvais pas accepter ça, de voir mon petit garçon s’approcher des autres pour jouer et qu’on le rejette. »

Pour commencer une vie nouvelle, Awa qui vivait à Bamako a décidé de faire ses bagages et de partir à Mopti. Elle y a poursuivi le traitement pour elle-même et son fils, leur permettant à tous les deux de continuer à vivre heureux. Awa s’est engagée dans une association pour les personnes vivant avec le VIH avec lesquelles elle a pu reconstruire une vie sociale et partager ses peines et ses joies.

Aujourd’hui, elle est de retour à Bamako. « En vingt ans, les mentalités ont beaucoup évolué au Mali ! Je ne suis plus stigmatisée et discriminée comme avant. J’ai des amis. J’occupe une fonction importante dans le réseau des associations des personnes vivant avec le VIH. Je suis heureuse et mon fils vit bien. Il a 17 ans maintenant. »

Toutefois, Awa reste prudente pour son fils. « Je n’ai pas de problème à raconter mon histoire personnelle mais je préfère préserver l’anonymat de mon fils. Il est encore jeune. C’est mieux pour lui que les gens ne sachent pas qu’il est atteint du VIH. C’est plus facile pour lui. » Si les mœurs ont évolué, des efforts de sensibilisation restent encore à fournir pour encourager à faire le test de dépistage, faire connaitre les mesures de prévention et intégrer pleinement les personnes atteintes du VIH dans la société.

Depuis, Awa s’est remariée et elle a eu d’autres enfants qui sont en bonne santé. Cela grâce aux antirétroviraux qui permettent de rompre la chaine de transmission mère-enfant. Depuis 2001, l’UNICEF, en synergie avec d’autres partenaires, soutient le Gouvernement du Mali dans ses efforts pour réduire le taux de transmission Mère-enfant du VIH. Le pourcentage de femmes enceintes séropositives qui ont bénéficié d’un traitement ARV prophylactique, telles que Awa, a atteint 25% en 2011. De nombreux enfants de mères séropositives sont ainsi nés sans VIH, faisant de la création d’une génération sans sida un rêve à notre portée.


*Les noms de personnes ont été changés en vue de préserver l’anonymat

 

 
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