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Mettre fin à la violence, fin aux mutilations génitales féminines

© UNICEF Mali / 2013 / Cao

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Cindy Cao

 

L’anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant le 20 novembre est l’opportunité de dénoncer haut et fort les violences à l’encontre des enfants, seul moyen de les éviter. La parole est donnée à Aissa, excisée à l’âge de 12 ans, qui réclame que l’on mette fin à la pratique des mutilations génitales féminines. 

Au Mali, 75% des filles jusqu’à 14 ans et 89% des filles et des femmes de 15 à 49 ans ont été victimes de mutilation génitale féminine (MGF), une pratique appelée également excision. Aissa*, 15 ans, du village de Tienfala* témoigne de son expérience douloureuse. « J’avais 12 ans. J’étais partie à Sikasso* et ma grand-mère nous a demandé de rentrer. Je ne savais rien. On ne m’avait rien expliqué. Le lendemain de mon arrivée, j’ai été excisée » se souvient-elle.

Sa petite sœur de 7 ans, deux de ses cousines et l’une de ses jeunes tantes ont subi la même  mutilation ce jour-là. « Lorsque j’ai compris que j’allais être excisée, je n’étais pas contente et j’avais peur. Je voulais m’enfuir mais ma tante m’a dit que si je partais ils allaient me tuer. »

Apres cet évènement brutal, Aissa est tombée malade : vomissements et fièvre. Elle est restée une semaine au dispensaire pour recevoir des soins intensifs. « Je n’osais pas en parler, ni avec mon entourage, ni avec les filles de ma famille qui avaient été excisées en même temps que moi. J’avais peur. » Après sa guérison, « une boule est apparue au niveau de la cicatrice. J’en ai parlé à ma mère. Elle a dit qu’il fallait prendre un crapaud vivant et le frotter sur la cicatrice. Je n’aimais pas ça, ça me faisait peur. »

 

Comprendre ce qu’est l’excision

 

Alors que sa mère cherchait aux alentours des crapauds pour soigner sa fille, un homme du voisinage est venu demander ce qu’elle était en train de faire. Apres quelques échanges avec lui, sa mère a reçu le conseil de rencontrer une femme du village qui travaille dans le cadre d’un projet mené par l’ONG TAGNE avec l’appui de l’UNICEF.

Le projet offre un appui psychosocial aux survivantes de violences basées sur le genre et un appui durant toutes les étapes de la guérison. Des activités de mobilisation sociale pour prévenir les mutilations génitales féminines sont conduites dans les villages. De plus, des activités d’appui économique sont proposées aux survivantes pour leur permettre de retrouver leur confiance en elles et leur indépendance.

« La voisine m’a conduite en mobylette pour retourner au dispensaire. Le médecin a retiré la boule et vu que j’étais très faible et que je ne pouvais pas marcher, on m’a reconduite à la maison en voiture. »

Après des échanges avec l’animatrice du projet, Aissa a compris ce qu’était l’excision. Aujourd’hui, à seulement 15 ans, elle affirme avec détermination : « Je veux que l’on arrête de faire ça, parce que ce n’est pas bien. J’ai beaucoup souffert et je ne veux pas que d’autres filles vivent la même situation que moi. Si j’entends encore quelqu’un qui veut pratiquer l’excision dans mon village ou dans ma famille, je n’aurai pas peur. Je protesterai. Je le ferai. Je le dirai. »

La violence envers les enfants est partout. Elle a lieu dans tous les pays, à tous les niveaux de la société. Malgré sa prévalence mondiale, elle reste bien trop souvent invisible parce qu’elle est dissimulée où que l’on ferme les yeux. Mais la violence envers les enfants est tout à fait évitable si les individus s’unissent pour affirmer qu’elle n’est pas acceptable.

En collaboration avec le gouvernement, la société civile, les ONG nationales et internationales et les autres agences des Nations Unies, l’UNICEF apporte une réponse intégrée aux survivantes des violences basées sur le genre, y compris un accès aux soins médicaux, un appui psycho-social, une assistance pour la réintégration, et des références vers des conseils légaux. A travers cette approche multi-sectorielle, l’UNICEF finance l’accès aux services pour les survivantes et des formations pour le renforcement de capacités pour assurer des soins adéquats.


*Les noms des personnes et des lieux ont été changés en vue de préserver l’anonymat.

 

 

 
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