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Prévenir, dépister et guérir de la malnutrition

© UNICEF Mali / 2013 / Cao

DOMBILA, 25 octobre 2013 - Conséquence directe d'une alimentation inadéquate, la malnutrition fait encore des victimes au Mali. L’Office d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et l’UNICEF associent leurs efforts pour y faire face. Oumou, 9 mois, après avoir été dépistée dans un village, est aujourd’hui en train de se rétablir...

Ce matin, une rangée de femmes, leurs enfants dans les bras, font la file à l’école primaire de Dombila, un village situé dans les environs de Kati. Parmi elles, Djenaba Barry est accompagnée de sa fille de 9 mois, Oumou. Elle a quitté son village de  Bandjougoubougou car des relais communautaires sont venus la prévenir qu’une activité de dépistage de la malnutrition y serait menée.

ECHO, Théophane supervise pour l’UNICEF la mise en œuvre  par  l’ONG IRC. Spécialiste en nutrition, il lui arrive souvent de donner un coup de main à ses collègues lors d’une visite de supervision. A leurs côtés, il commence à vérifier l’état nutritionnel de chaque enfant par la mesure du périmètre brachial, à l’aide d’un ruban appelé « Bande de Shakir » qui permet de mesurer la circonférence du bras. Le ruban  est divisé en trois zones : la zone verte (Supérieure ou égale à 125mm), qui indique que l’enfant n’est pas malnutri, la zone jaune (entre 125 et 115mm), qui indique une malnutrition aiguë modérée (MAM), et la zone rouge (inférieure à 115mm), qui révèle une malnutrition aiguë sévère (MAS) et le besoin de dispenser des soins nutritionnels et médicaux en urgence.

Djenaba s’approche timidement de Théophane, avec Oumou dans les bras. La couleur jaune indique qu’elle souffre de malnutrition aigüe modérée. Théophane lui demande alors d’entrer dans une classe de l’école où seront prises les mesures du poids et de la taille de l’enfant pour obtenir des indications supplémentaires sur son état nutritionnel.
 
Atteinte de malnutrition aiguë modérée sans complications, elle pourra être prise en charge à domicile avec des visites régulières au centre de santé communautaire. Djenaba reçoit une première ration hebdomadaire d’Aliments de Supplémentation nutritionnels Prêt à l’Emploi (ASPE)  qui servira à compléter, d’un point de vue nutritionnel, les repas familiaux de sa fille. Chaque semaine. Elle se rendra ensuite au centre de santé communautaire où elle recevra une autre ration hebdomadaire, jusqu’au rétablissement complet d’Oumou.

« Ce que nous cultivons n’est pas suffisant pour nous nourrir » 

Sur le chemin du retour chez elle, elle explique que pour vivre, son mari cultive le mil et les arachides. « Nous mangeons ce que nous cultivons. Parfois, quand il y a des surplus, nous les vendons mais cela arrive très rarement. Ce que nous cultivons n’est pas assez pour nous nourrir. » Djenaba s’occupe surtout de la maison et de la cuisine. Elle prépare le plus souvent du riz, du mil, du to… Parfois, il lui arrive d’ajouter un peu de poisson fumé « mais pas souvent, » dit-elle. « Pas tous les jours. »

Devant sa maison, s’étendent des champs à perte de vue. Quelques poulets se promènent autour d’elle. « Les œufs ? Non, nous ne les mangeons jamais, nous les vendons au marché pour acheter d’autres choses ou nous les gardons pour avoir d’autres poulets. »

Les œufs, le lait, les céréales... Tous ces aliments qui sont disponibles, s’ils sont bien utilisés, peuvent aider à améliorer l’état nutritionnel des enfants. Aussi, dans le cadre du projet ECHO-UNICEF, des démonstrations nutritionnelles, telles que la présentation de recettes de cuisine à base de produits locaux sont organisées dans les villages pour prévenir la malnutrition.

© UNICEF Mali / 2013 / Cao

Ce matin, après le dépistage, Djenaba a rejoint les femmes qui se sont rassemblées en rond autour d’une grande marmite posée sur 3 briques où brûle un feu de bois. On y montre comment préparer des plats à forte valeur nutritive selon une recette utilisant des ingrédients locaux. L’essentiel est de bien combiner les aliments et de rassembler des lipides, des glucides, des protéines et des nutriments essentiels en vue d’obtenir une ration alimentaire équilibrée.  En fin de matinée, tout le monde sera invité à profiter d’une assiette partagée.

Le partenariat ECHO-UNICEF en 2013 fait la différence pour 32 500 enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition aiguë et qui sont identifiés lors de séances communautaires de dépistage, afin de répondre à leurs besoins immédiats en santé et en nutrition.

 

 
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