Centre Média

Histoires et vidéos

 

Inondations : sur la voie de la reconstruction

© UNICEF Mali / 2013 / Cao

Par Cindy Cao

BAMAKO, 4 septembre 2013 – Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays, ont causé de nombreux décès, blessés et dégâts matériels. Lala Cissé, sinistrée et mère de 8 enfants, raconte l’épreuve qu’elle a vécue et ses perspectives de reconstruction. 

Lala Cissé, mère de 8 enfants, vivait avec sa famille dans une maison au bord de la rivière à Bankoniflabougou dans la Commune I de Bamako. « Nous avions un petit commerce. Nous avions un frigo et nous faisions des jus que nous vendions » explique t-elle, assise devant une classe de l’école Babale Santana où l’UNICEF apporte une assistance d’urgence.

Le mercredi 28 août, les inondations qui ont touché Bamako et entraîné la mort d’au moins 37 personnes, fait de nombreux blessés et détruit des centaines de maisons, ont perturbé le déroulement paisible de la vie de Lala. Elle se souvient : « Je suis partie acheter des légumes sous la pluie et puis j’ai commencé à préparer le repas. J’ai vu que les eaux montaient dans le fossé, et je suis partie en courant pour chercher de l’aide. Je voulais boucher le fossé, mais ce n’était pas possible. Nous avons été rapidement envahis par les eaux. »

Au moment des faits, quatre de ses enfants, les plus jeunes, étaient présents. « Je me suis échappée avec mes enfants par le toit. Il y avait beaucoup d’autres personnes dans le même cas que nous. Mes enfants criaient et pleuraient. J’ai ensuite trouvé un abri pour abriter mes enfants de la pluie, alors que moi, je suis restée mouillée. »

Le mari de Lala, qui était parti au marché, avait entendu parler des inondations et tentait de rejoindre sa famille. « Mon mari m’a appelée. Les hommes devaient rester près de nos maisons pour surveiller les biens matériels qu’il nous restait, tandis que les femmes et les enfants devaient partir chercher un lieu d’hébergement. »

Lala est arrivée à l’école Babale Santana où se sont réunis plus de 600 sinistrés, selon la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC). « Je me suis enregistrée et on m’a attribué une place. Nous avons reçu un matelas d’une personne, une natte, un sceau, de l’eau de javel, une couverture et du savon » explique t-elle en pointant du doigt les kits fournis par l’UNICEF.

Peu à peu, la vie des sinistrés s’organise. Les femmes sont venues nombreuses à installer leurs nattes dans les salles de classe. Selon Lala, elles s’entendent bien entre elles. Le souci premier concerne l’alimentation. « Les trois premiers jours, nous avons reçus des plats préparés mais maintenant, nous recevons des vivres et ce n’est pas facile de trouver les moyens de cuisiner. » L’UNICEF fournit aux enfants sinistrés atteints de malnutrition des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. 

Quelques jours plus tard, Lala est revenue voir les décombres de son ancienne maison. « Tout s’est effondré, » dit-elle. « Nous avons tout perdu : le bois, le charbon, le frigo… » Les pertes ne sont pas que matérielles : « Je connais beaucoup de gens qui sont tombés malades ou qui sont blessés. Les murs se sont écroulés sur un homme qui habitait dans ma concession, il est toujours vivant mais il est parti. L’une de mes amies a perdu son enfant. »
Lala garde la volonté de se remettre de la catastrophe et l’espoir reste de mise. « Je remercie l’UNICEF pour le matériel d’urgence que nous avons reçu mais moi, » insiste t-elle « je ne suis pas habituée à vivre comme ça. Moi, je travaille. Je veux économiser et trouver les moyens d’acheter un frigo. Apres, nous pourrons recommencer notre petit commerce et vendre des jus. »

 

 
Search:

 Email this article

unite for children