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Au Nord du Mali, 15 enfants par table à l’école Alpha Moya

© UNICEF Mali / 2013 / Dicko

Après le choc de la guerre, penser à reconstruire le pays commence par les écoles. A l’école Alpha Moya à Tombouctou, les conditions d’apprentissage sont précaires. En réponse à l’urgence, l’une des premières étapes de la campagne ‘Retour à l’école’ consiste à l’équiper en matériel et mobilier scolaire. L’approche vise à améliorer le quotidien des enfants tout en relançant l’économie locale d’une région sévèrement affectée par le conflit. 

Le conflit au Mali a décimé les écoles et affaibli le système éducatif. On estime que plus de 800 000 enfants ont interrompu leur scolarité du fait de la crise depuis janvier 2012. Les écoles situées dans les régions du Nord ont été les plus affectées : fermées, détruites, pillées ou indiquant la présence de restes explosifs de guerre. 

A Tombouctou, l’école Alpha Moya ne compte plus que 725 élèves aujourd’hui alors que l’effectif était de 1100 élèves avant la crise. En tout, l’école ne dispose que d’une cinquantaine de tables, soit un ratio de 15 enfants par table. De plus, les classes sont en surnombre. « On compte entre 90 à 120 élèves par classe. On parvient à mettre 8 enfants par table, s’il y en a, alors que normalement, ces tables-bancs sont faits pour deux personnes » déplore  Hamoudi Kalil, le  directeur de l’école Alpha Moya.  

Dans la classe de première année,  140 élèves de 6 à 7 ans sont assis sur des nattes posées à même le sol. « Une telle promiscuité est source de contagion de maladies courantes telles que les infections respiratoires aigües et autres lésions de la peau » remarque le directeur. Les jeunes filles du second cycle, âgées de 13 à 16 ans, sont, elles aussi, assises par terre. Pour avoir une place à 8 sur un bureau, « il faut être parmi les premiers de la classe ou s’imposer, selon la loi de la jungle, à la force des poings » explique Fatouma, une jeune fille à même le sol.

Améliorer le quotidien des élèves et relancer l’économie locale

Pour améliorer les conditions de vie et d’apprentissage des enfants, déjà lourdement affectés par la guerre, l’urgence est d’équiper en mobilier scolaire les écoles victimes de pillages ou de destruction partielle. Le coût moyen d’un table-banc fabriqué localement est estimé à 100 USD pour une durée de vie de 3 à 4 ans, ce qui revient à seulement 50 USD par élève. Des menuisiers de la région susceptibles de fabriquer cet équipement ont été identifiés, selon une approche visant également à relancer l’économie locale. 

Pour l’heure, l’UNICEF a remis des kits scolaires qui contiennent des cahiers, des stylos, des crayons, un sac… dans le cadre de la campagne Retour à l’école. En partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM), une cantine scolaire est mise en place, ce qui améliore considérablement le quotidien des enfants.

 

 

 
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