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Le cinéma ambulant favorise le changement d'attitude vis-à-vis de la mutilation génitale féminine/excision au Mali.

© UNICEF/MLIA2009-1916/Pirozzi
Une assistante sociale, au Mali, conseille une fille qui a subi une mutilation génitale féminine/excision.

Par Heidi Good

La Journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines, qui a eu lieu le 6 février, focalise l'attention de la communauté internationale afin de mettre fin en une génération à cette coutume dangereuse. L'histoire suivante se passe au Mali.

BOUGOUNISSABA, Mali, 5 février 2010 - Lorsque le Cinéma Numérique Ambulant est arrivé dans le village de Djènèba Doumbia, les jeunes femmes n'avaient aucune idée du changement dans leur vie que cela allait entraîner.

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Le cinéma ambulant, qui bénéficie du soutien de l'UNICEF, va de village en village, dans les secteurs reculés du Mali, installant un écran en plein air et organisant la projection de films distrayants et éducatifs qui encouragent les communautés à parler de la santé des enfants et de celle des femmes.

Une fois qu'un climat de confiance a été instauré, la question de la mutilation génitale féminine/excision fait l'objet d'une libre discussion après la séance. Au Mali, il y aurait 85 pour cent des femmes entre 15 et 49 ans ayant subi telle ou telle forme de mutilation génitale féminine/excision, une coutume aux multiples effets dangereux sur les plans physique et psychologique.

Message adressé aux mères et aux filles

Depuis qu'elle assiste aux séances du cinéma ambulant, Mme Doumbia n'est plus en faveur de la mutilation génitale féminine/excision et refuse de transmettre cette tradition aux filles de la communauté.

Ceci constitue un progrès énorme, dans la mesure où, au Mali, 70 pour cent des femmes en âge d'avoir un enfant ont au moins une fille qui, comme elles, a subi une mutilation génitale féminine/excision.

« Je dis à toutes les femmes de ne pas faire subir à leurs filles une excision, de les laisser telles qu'elles sont, car nous voyons bien les dangers nombreux et réels de cette coutume, » a dit Mme Doumbia. « Et si on ne mutile pas les filles, cela va être positif pour toute la famille. »

 

© UNICEF video
Dans un village éloigné du Mali, des familles assistent à une séance en plein air de cinéma ambulant. Cette équipe présente des films qui favorisent de libres discussions, au sein de la communauté, sur la santé des enfants et des mères.

Les dangers pour la santé de la mutilation génitale féminine/excision

L'animatrice en chef du cinéma ambulant au Mali, qui s'appelle Kadidja, a expliqué les dangers de la mutilation génitale féminine/excision. Selon une récente étude de l'Organisation mondiale de la Santé, a-t-elle indiqué, les femmes excisées sont beaucoup plus exposées à des complications lors de l'accouchement et après l'accouchement que celles qui n'ont pas été excisées.

Les complications provoquées par cette coutume comprennent notamment l'infection et l'hémorragie chez la mère, et l'asphyxie du nouveau né. L'excision est en outre l'un des facteurs responsables des taux élevés de mortalité néonatale, infantile et maternelle (le taux de mortalité maternelle au Mali est l'un des plus élevés du monde ; 1 femme sur 15 meurt des suites d'une grossesse).

En outre, beaucoup de femmes disent que les relations sexuelles avec leur mari sont très douloureuses après la mutilation génitale féminine/excision. Par ailleurs, les risques de déchirure sont plus élevés à l'accouchement. Et les cicatrices, les fuites, les infections et les fistules sont des complications courantes et invalidantes pour toute la vie.

Une approche globale donne des résultats

En dépit de ces dangers bien établis, les agents du changement parrainé par la communauté tels que Kadidja se heurtent à une résistance quotidienne au Mali et dans d'autres pays. La coutume, bien que dangereuse à l'évidence, reste vivante à cause des pressions des femmes et des hommes qui luttent pour la préserver.

Les spécialistes dans ce domaine ne croient pas que l'information seule permettra de mettre fin à la mutilation génitale féminine/excision ; selon eux, il est nécessaire d'engager activement des discussions avec les communautés pour interdire cette pratique. La population doit être impliquée à tous les niveaux dans ces discussions, notamment les agents sanitaires bien informés, les anciens et les dirigeants du village, ainsi que les pères et les mères, qui sont souvent ceux qui décident dans le ménage.

Cette même approche commence à donner des résultats au Mali.

Selon l'UNICEF au Mali, 12 villages sur les 41 visités par l'équipe du cinéma ambulant entre juin et août 2009 ont déclaré vouloir l'interdiction de la mutilation génitale féminine/excision. Et 12 autres villages touchés par les programmes radio de l'UNICEF dans la région ont annoncé eux aussi publiquement la fin de l'excision

 

 
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