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Au Mali, la flambée des prix des denrées alimentaires aggrave la dénutrition chez les enfants.

© UNICEF/MLIA2010/Helali
Salimate Kone, une mère de quatre enfants, donne à manger à sa fille Lanzemi, 4 ans, à l'hôpital Mancourani à Sikasso, au Mali. Lanzemi et sa jumelle Wassa, allongée sur un lit, étaient atteintes de dénutrition et sont en train de se rétablir à l'hôpital.

Par Guy Degen

SIKASSO, Mali, 3 juin 2010 - A l'extrême sud du Mali, l'une des principales zones agricoles du pays, la région de Sikasso, est riche en sol fertile. Mais malgré la capacité qu'a la région de nourrir sa population, les enfants de Sikasso connaissent des taux alarmants de dénutrition.

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A Sikasso, plus de 15 pour cent des enfants de moins de cinq ans sont sous-alimentés, ce qui est bien au-dessus du seul international d'alerte de 10 pour cent. En 2009, près de 40 000 cas d'enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont été enregistrés dans la région.

Soutien de l'Union européenne

Pour se rendre compte directement de la situation, une mission conjointe de l'UNICEF et de l'Union européenne (UE) a récemment effectué un voyage à Sikasso. Le Représentant de l'UNICEF au Mali, Marcel Rudasingwa, et Giacomo Durazzo, Chef de la délégation de l'Union européenne, dirigeaient la mission.

L'UE a débloqué 6,8 millions d'euros de son fonds de « facilité alimentaire » pour appuyer le programme alimentaire de l'UNICEF au Mali. Le fonds de « facilité alimentaire » a pour but d'aider à contrôler la nutrition chez les enfants et les femmes et de gérer le traitement de la malnutrition aiguë et de la malnutrition sévère aiguë.

« Le partenariat entre l'Union européenne et l'UNICEF, » a dit Marcel Rudasingwa, « a été, à Sikasso, exemplaire à deux niveaux : d'abord en affrontant le problème en offrant à de nombreuses familles et à de nombreux enfants un accès à un traitement contre la malnutrition mais, en même temps, en soulignant le rôle de la communication et de l'information dans le changement de comportement des communautés. »

© UNICEF/MLIA2010/Helali
Giacomo Durazzo, Chef de la délégation de l'Union européenne au Mali, Marcel Rudasingwa, Représentant de l'UNICEF au Mali et Katrien Ghoos, Responsable de la nutrition à UNICEF Mali, en compagnie d'une mère et d'un enfant à l'hôpital Mancourani.

La pression de la montée des prix

La dénutrition est une des causes principales des décès d'enfants dans le monde en développement. Au Mali, malgré un déclin de la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans, le taux reste élevé. On estime que près d'un enfant sur cinq qui y naît n'atteindra pas son cinquième anniversaire.

Les aliments de base y sont devenus régulièrement de plus en chers. Entre 2006 et 2008, le prix du riz a augmenté de près de 40 pour cent à Sikasso. L'augmentation des prix alimentaires force souvent les familles à faire des choix difficiles sur la qualité et la quantité de nourriture à donner à leurs enfants.

De plus, la dénutrition freine le développement des enfants en bas âge mais affecte aussi le développement économique du pays.

« Soutenir un changement d'attitude dans le comportement culturel de la population, dans les habitudes alimentaires, dans le rôle des femmes et la gestion de l'alimentation des enfants... Tous ces facteurs exigent beaucoup d'efforts de la part du gouvernement ainsi que des partenaires financiers et techniques, » a déclaré Giacomo Durazzo, de l'UE. « On ne peut pas changer cela en seulement quelques jours. »

Mesures préventives

Tout en appuyant les mesures préventives comme l'administration de vermifuge, de compléments en vitamine A et les vaccinations, l'UNICEF et ses partenaires épaulent les efforts du Gouvernement malien pour encourager l'allaitement au sein exclusif des nourrissons et des jeunes enfants ainsi que pour recueillir des données sur l'alimentation des enfants en vue de meilleures analyses et de prises de décision plus éclairées. 

Apporter une information sur la nutrition, les comportements et les attitudes envers la nutrition est vital. Il est demandé aux familles du Mali d'amener rapidement leurs enfants dans les dispensaires locaux aussi tôt que possible pour déceler les signes de dénutrition. 

L'UNICEF appuie également un forum national sur la nutrition et collabore avec les journalistes pour améliorer leurs connaissances sur les problèmes en jeu.

Inverser la tendance

« Toutes les parties prenantes doivent participer, » a dit le Directeur régional de la santé de Sikasso, le Dr Teme Sodyougo. « Car si nous essayons de nous limiter seulement à des activités de santé, alors nous ne touchons que ceux qui sont déjà malades. Mais il faut agir en amont. Il faut être préventif et c'est une lutte dans tous les secteurs. »

La dénutrition qui touche les enfants de Sikasso reste un paradoxe au sein du « grenier à blé » du pays. L'UNICEF est convaincu que les partenaires internationaux travaillant avec les services de santé maliens, peuvent contribuer à renverser cette tendance et à offrir aux enfants un meilleur départ dans la vie.


 

 

 
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