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12ème édition de la Semaine de la Santé de la Mère et de l’Enfant : mobilisation, actions, appropriation

© UNICEF Madagascar/2012

Près de 4 millions d’enfants et 1 million de femmes enceintes ont été touchés par la 12ème édition de la Semaine de la Santé de la Mère et de l’Enfant (SSME), combinée cette année et pour la première fois avec la Semaine Mondiale de la Vaccination. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par le centre, l’UNICEF, l’OMS et le Ministère de la Santé Publique ne ménagent aucun effort pour atteindre les cibles –surtout dans les régions les plus reculées du pays. La SSME touche les 22 régions, 112 districts et 20.000 fokontany du pays. Pour cette 12ème édition, 700 superviseurs, 8.300 agents de santé, 16 500 Agents communautaires et 20.000 mobilisateurs ont été mobilisés pour donner les paquets d’intervention : supplémentation en vitamine A pour les enfants de moins de 5 ans, vaccination des enfants de 0 à 23 mois et des femmes enceintes ayant raté les doses, déparasitage pour les enfants entre 1 et 5 ans, dépistage à la recherche de malnutrition aigüe chez les enfants de moins de 5 ans dans les 27 districts ayant des Centres de Récupération et d’Education Nutritionnelle Ambulatoire (CRENA), supplémentation en fer et acide folique pour les femmes enceintes, consultation prénatale et dépistage de VIH/SIDA et de syphilis, chez les femmes enceintes dans les centres accrédités.


En six années d’institutionnalisation, la SSME est devenu un rendez-vous biannuel à ne pas manquer pour les populations de Madagascar. Des mères parcourent parfois une distance de 05, 10, 15 km pour rejoindre les centres de santé les plus proches et bénéficier de la campagne. Tel est le cas de Primo, 33 ans. Elle a 08 enfants. Elle a marché plus de 10km pour venir au CSB de Maroalopoty, district d’Ambovombe. « C’est très important pour moi que mes enfants soient vaccinés, qu’ils aient de la vitamine A, de l’albendazole. Les agents communautaires qui sont venus faire la sensibilisation dans mon village ont bien expliqué que grâce à tout cela, mes enfants ont les anticorps nécessaires pour vaincre les maladies! », raconte Primo.


Pour les mères et enfants qui habitent dans les zones reculées et isolées, la SSME est une opportunité d’être en contact avec le système de santé, au moins deux fois par an. C’est le cas des mères et enfants qui sont dans le fokontany d’Ankohonala, à 15km du district d’Ambatomainty dans la région de Melaky. Pour aller vers les cibles dans ce village, Nandrasana Randriamihajasoa, réalisateur adjoint du Centre de Santé de Base d’Ambatomainty et l’équipe sanitaire mobile ont traversé des rivières, parcouru 15 km à pied en portant les médicaments, les vaccins et les matériels logistiques.
En effet, la SSME ne se limite pas seulement à attendre les mères et enfants à venir dans les centres de santé, la campagne consiste à aller vers les populations éloignées des centres de santé.


«En fait, la SSME est très utile pour le système de santé à Madagascar car elle permet d’atteindre les populations très éloignées. C’est une opportunité pour nous d’expliquer aux populations l’intérêt et l’importance de la vaccination, de la prise de vitamine A, du déparasitage, des consultations prénatales, …En temps normal, nous manquons de moyens pour sensibiliser nos populations. », explique le Docteur Marcel Rajerison, Médecin Inspecteur du district de Vatomandry.
La sensibilisation et la mobilisation sociale font partie intégrante de la SSME. Un mois avant la campagne, les mobilisateurs, les agents communautaires de santé, les chefs de fokontany, les autorités sanitaires à tous les niveaux mènent une grande campagne de sensibilisation. « Durant trois semaines avant la SSME, j’ai participé au recensement des mères et enfants cibles de la campagne dans des fokontany. J’ai aussi participé à la sensibilisation en faisant du porte-à-porte. », révèle Rafanomezantsoa Harimalala, agent communautaire à Tsarasambo, district de Vatomandry. « Des affiches sur la SSME ont été postées dans les lieux publics, même dans les fin fonds de la brousse ; les radios locales nous ont également beaucoup aidé dans la sensibilisation durant trois semaines avant la SSME », explique Dr Marcel Rajerison, Médecin Inspecteur du district de Brickaville.
Vatomandry et Brickaville ont été les districts les plus sévèrement frappés par le cyclone Giovanna au mois de février dernier. Les infrastructures sanitaires des deux districts ont fortement été touchées, le taux de paludisme a connu une importante hausse après le passage du cyclone. Alors que les autorités sanitaires locales avaient craint une baisse de mobilisation des mères et enfants pour la SSME, il n’en était rien. « Nous sommes au troisième jour de la campagne et suivant les chiffres que nous avons, nous avons déjà atteint 60% de nos cibles », annonce fièrement le Médecin Inspecteur du district de Brickaville.


Ailleurs, dans le nord de Madagascar, dans le district d’Antalaha, cette 12ème édition de la SSME revêt une importance toute particulière. Pour la première fois en effet, la population a participé volontairement aux dépenses engagées dans la SSME grâce au leadership et encouragement de la Direction Régionale de Santé, du District et de la Commune Urbaine d’Antalaha. 16 communes du district d’Antalaha ont été mobilisées dans cette récolte de fonds. Chaque foyer a participé à raison de 200 Ariary.
Ramano Hyacynthe, père de 4 enfants, y a participé. « Ils nous ont fait connaitre les bienfaits des vaccins pour nos enfants et nous étions partants. Mais il faut dire aussi que nos dirigeants locaux ont été très convaincants. De plus, ils nous ont promis une transparence totale dans la gestion des fonds récoltés. », dit-il.
« Notre prévision était de 18, 714, 400 Ariary, avance Rasolonjatovo Gervais, Directeur Régional de la Santé (Région SAVA). 80 % de cette somme est actuellement entre nos mains. Nous sommes fiers de nos actions car la population se sent plus que jamais responsable de la santé de la mère et de l’enfant. »
Pour l’UNICEF, cette appropriation de la population est exemplaire. « Antalaha est le seul District qui a mobilisé des fonds pour le coût opérationnel dans le cadre de la SSME et nous allons faire connaitre cette bonne pratique aux 111 autres districts de Madagascar pour les encourager à faire autant. Antahala a pu par lui-même payer les indemnités des agents communautaires, des mobilisateurs, superviseurs et prendre en charge les carburants et les formations des acteurs de santé et le niveau central a fourni les intrants. », note Paul Ngwakum, Chef de la Section Survie  à l’UNICEF Madagascar.


L’UNICEF continue d’appuyer Madagascar en vue de réduire de 2/3 le taux de mortalité infanto-juvénile à l’horizon 2015. De 2004 à 2009, la mortalité infanto-juvénile est passée de 94 à 72 pour 1000 naissances vivantes. L’objectif à l’horizon 2015 est de 53 pour 1000 naissances vivantes. Quant à la mortalité maternelle, de 2004 à 2009, le ratio est passé de 469 à 498 pour 100.000 naissances vivantes. A l’horizon 2015, l’objectif est pourtant de 149 pour 100.000 naissances vivantes.

 

 
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