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Congo: Stratégie urbaine pour les services

Contexte et justification

L’initiative s’inscrit dans le cadre de l’urbanisation importante du Congo : 60  de la population totale du pays se concentre dans les deux plus grandes villes (Brazzaville et Pointe-Noire). Entre-temps, l’offre des services sociaux n’a pas suivi l’expansion démographique. Les indicateurs de base ne sont pas significativement meilleurs dans les villes que dans les campagnes reculées. En concentrant les interventions en faveur des enfants dans des quartiers urbains peuplés, il est possible de créer une synergie et d’augmenter l’impact.

L’approche a été testée  à Pointe Noire, capitale économique d’environ 800 000 habitants. Sur le plan sanitaire,  l’EDSC-2005 a révélé, à Pointe Noire, des taux de  mortalité de 73 ‰ pour les enfants de moins d’un an et de 110 ‰ pour les enfants de moins de 5 ans. Le taux de mortalité maternelle est de 781 décès pour 100 000 naissances vivantes. Une enquête de 2000 situe la malnutrition chronique à 13,7%, avec une carence en vitamine A de 37,75% et en iode de 11,7%. La couverture vaccinale des antigènes (hormis le BCG) est inférieure à 80 %. La supplémentation en vitamine A ne se fait que lors des campagnes de vaccination. Seulement 5,5% des femmes enceintes et 3,9% des enfants de moins de 5 ans utilisent la moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII). En 2005, 35,54% des femmes sont venues en consultation prénatale à la CSS de Loandjili. La séroprévalence du VIH/SIDA était de 5  en 2004 ; 53,05  des demandeurs de dépistage sont séropositifs. Les indicateurs de l’éducation ne sont pas plus brillants : le ratio élèves/maître est de 108 dans les écoles publiques; 1 manuel de lecture pour 21 élèves dans l’enseignement primaire; les places assises ne couvrent que le tiers des besoins; sur 71 écoles publiques, 63 disposent de latrines, 36 ont de l’eau et 5 sont raccordées au réseau électrique. S’agissant du secteur de la protection, de nombreux enfants ne sont pas enregistrés à l’état civil. Sur 6 342 enfants non déclarés à l’état civil identifiés, 6 328, soit 99%, ont été déclarés éligibles car répondant aux critères définis.

Stratégie et acteurs
Ngoyo, quartier périphérique de Pointe Noire correspondant à une aire de santé d’environ 28 000 habitants, a été retenu comme zone pilote.  Les principaux acteurs impliqués dans le processus de la mise en œuvre du projet sont : (i) au niveau institutionnel, les directions départementales, la préfecture et la mairie (ii) au niveau local et opérationnel, les organisations communautaires et les ONG locales; (iii) les organismes d’appui : l’UNICEF, la Coopération italienne, la Croix-Rouge française. Dans la réalisation de ses activités, le projet utilise une approche participative mobilisant les différents acteurs à tous les niveaux du processus. L’opérationnalisation des actions sur le terrain se fait avec les communautés de base organisées en comités de développement et de gestion ; il a compris la formation des jeunes et mamans relais communautaires, de leaders communautaires et de jeunes pairs éducateurs.

Ensemble de services
En vue d’améliorer les différents indicateurs relatifs au bien-être et à l’épanouissement des enfants et des femmes de Pointe-Noire, la stratégie urbaine visait à organiser les communautés pour qu’elles s’impliquent dans la résolution de leurs problèmes. L’ensemble  minimum comprend des interventions essentiellement axées sur les services sociaux de base. Ils consistent en : le PEV de routine et la vaccination contre la polio des enfants de 0 à 5 ans; la supplémentation en vitamine A des enfants de 6 mois à 5 ans et des femmes allaitantes; le déparasitage systématique des enfants de 12 à 59 mois; la distribution de la MII aux femmes enceintes et aux enfants de 0 à 5 ans; le traitement préventif intermittent (TPI) du paludisme des femmes enceintes; la scolarisation de tous les enfants à l’école primaire avec la mise en place de l’approche « école amie des enfants, amie des filles »; la formation des enseignants volontaires afin d’améliorer la qualité de l’enseignement; la prévention du VIH/SIDA chez les jeunes et les adolescents ; l’utilisation des services de PTME par les femmes enceintes; l’enregistrement des naissances ; la réintégration familiale et scolaire des enfants de la rue; l’élimination de l’exploitation sexuelle des mineurs; l’adoption de stratégies pour mettre fin au trafic des enfants. 

Résultats obtenus
Les premiers résultats sont prometteurs. On observe une évolution assez favorable des taux de couverture vaccinale : à partir de mai 2006, le taux de couverture du DTC-P3 dépasse 80%; le recours au CPN s’améliore avec 99,55% des enfants de 6 à 11 mois et 80,72  pour ceux de 12 à 59 mois supplémentés et déparasités au mebendazole; toutes les femmes en consultation post partum sont supplémentées en vitamine A; 3706 femmes enceintes sont dotées de moustiquaires imprégnées d’insecticide et 4035 femmes enceintes sont retenues pour le TPI. Des réhabilitations légères ont eu lieu, avec adduction d’eau potable, latrines, pose de clôture et formation des enseignants dans les écoles de Ngoyo, Matombi et 31 décembre. Il en est résulté une augmentation de 60% des effectifs de l’école de Ngoyo. En matière de prévention du VIH/SIDA chez les jeunes et adolescents, on note la mise en oeuvre d’une stratégie de communication pour le changement du comportement (C.C.C), avec l’existence des clubs animés par les jeunes pairs éducateurs, et la campagne de communication sociale porte à porte en vue de sensibiliser les jeunes âgés de 14 à 25 ans et leur parents. Pour ce qui est de  la PTME,  sur 2 495 femmes enceintes dépistées, 141 se sont révélées positives et 100 ont bénéficié d’une prise en charge thérapeutique. S’agissant de l’enregistrement tardif des naissances, 2 075 réquisitions, sur les 2 661 qui étaient bloquées au Tribunal d’instance de Tié-tié depuis 2005, ont été signées et transférées à la mairie en vue de l’établissement des actes de naissance. Les 586 réquisitions restantes ne relevaient pas de la compétence du procureur de Tié-tié.

Leçons tirées
Le caractère instructif de cette expérience réside dans le fait qu’elle a permis un partenariat fructueux. La proximité des autorités politiques administratives décentralisées (préfecture, mairie, directions départementales) accélère les prises de décision. A la différence des zones rurales où la dispersion des habitats réclame de coûteux déplacements, la concentration et la densité des interventions facilitent le suivi et la coordination. Autant de facteurs sont susceptibles de provoquer l’adhésion d’autres partenaires. Afin d’atteindre une masse critique de bénéficiaires, il est envisagé d’étendre l’expérience à tout le district sanitaire de Tié-Tié qui abrite environ 150 000 habitants et de la répéter à Brazzaville. De plus, le partenariat avec les autres agences des Nations Unies (OMS, UNFPA, PNUD) et l’Union Européenne (projet PASCOB) permettra d’améliorer la couverture et l’impact.

Étude de cas : Ensemble essentiel d’interventions du DSRP pour l’accélération des OMD

Afin de faire prendre en compte les droits et besoins des enfants dans le DSRP, UNICEF a développé un plaidoyer particulier auprès des décideurs, des partenaires et de la société civile. Pour assurer le respect et la promotion des droits de l’enfant et assurer un environnement favorable à leur survie, leur développement, leur protection et leur participation, un ensemble de services essentiels, d’accès universel, sera développé et mis à disposition, y compris pour les enfants les plus vulnérables. Des mécanismes de transfert de fonds et de solidarité devront être développés pour intensifier la lutte contre la pauvreté et atteindre les OMD au Congo.
La visite de la Directrice régionale a été l’occasion d’insister sur le besoin d’utiliser les dividendes du pétrole et de la remise de la dette pour augmenter les ressources pour les services sociaux de base, sur la base de l’initiative 20 /20. De plus, la restitution de l’évaluation décentralisée de la pauvreté a été l’occasion d’un plaidoyer pour l’accès universel à un ensemble  essentiel d’interventions en faveur des enfants, à financer dans le cadre du DSRP et du CDMT. Nous avons situé cet ensemble  essentiel non seulement dans un cadre de droits mais également en rapport avec les différents OMD.

Veuillez trouver ci-dessous le tableau résumé des interventions essentielles, le lien avec les OMD et les mécanismes de mise en œuvre préconisés.

Ce plaidoyer a résulté en une demande, par le gouvernement, d’un appui technique de l’UNICEF pour contribuer spécifiquement au composant « enfants » du DSRP. Le plan d’action 2007 prévoit un suivi de ces actions et l’engagement du bureau régional.

Objectifs du Millénaire pour le développement

Interventions préconisées

Mécanismes de mise en œuvre, de financement et de solidarité

OMD 1 : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour

Assurer la gratuité de lasupplémentation des enfants en micronutriments afin de réduire les risques de malnutrition

Assurer la gratuité de la prévention et de la prise en charge de la malnutrition

Procéder àréintégration familiale, scolaire et occupationnelle des enfants de la rue et à la réinsertion des enfants en conflit avec la loi pour diminuer la pauvrete

Assurer la distribution dans toutes les formations sanitaires de suppléments nutritionnels en nature (y compris le lait thérapeutique financés par l’état)

Renforcer les capacités techniques et les ressources financières des Affaires sociales au niveau décentralisé (circonscriptions d’action sociales), et du Ministère de la justice

OMD 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous

Assurer la gratuité de l’enseignement obligatoire (6 à 16 ans), en ciblant particulièrement les filles et les minorités

Assurer la gratuité de l’enregistrement des naissances à l’état civil de tous les enfants pour permettre l’accès à l’école

 

 

Construire des infrastructures et recruter du personnel pour réduire le ratio maître/élève

Former les enseignants volontaires pour améliorer la qualité de l’enseignement

Rendre disponible des financements opérationnels suffisants

Subventionner l’acquisition de manuels scolaires et les cantines scolaires pour améliorer l’accès

Subventionner l’approvisionnement en registres d’acte de naissances et financer les coûts opérationnels

OMD 3 : Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

Assurer l’accès des filles au cycle secondaire (notamment en les aidant à surmonter l’étape cruciale du CE2)

Assurer l’alphabétisation gratuite des jeunes non scolarisés, particulièrement les filles et femmes

Lutter contre les violences sexuellesen milieu scolaire et l’exploitation sexuelle des mineurs

Subventionnerla création d’Ecoles amies des enfants, amies des filles (EAEAF) et lutter contre les violences sexuellesen milieu scolaire

Subventionner les programmes de formation et les activités de prévention et de lutte contre les violences sexuelles en milieu scolaire

OMD 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans

Augmenter la couverture vaccinaleaux antigènes du PEV des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes via la gratuité

Améliorer la qualité et l’accès financier des soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU)

Assurer la disponibilité des médicaments essentiels génériques (MEG) et de la SRO

Disposer d’un plan de viabilité financière du PEV et en assurer le financement par l’Etat

Distribuer les MEG et les vaccins en nature en assurant le financement de la COMEG

OMD 5 : Améliorer la santé maternelle

Assurer la qualité et la gratuité dessoins obstétricaux et néonatals d'urgence auxfemmes enceintes

Subventionner l’accès aux produits sanguins et à la trousse de médicaments et consommables en situation d’urgence

Développer des mécanismes de solidarité pour les SONU

OMD 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies

Assurer la disponibilité des ARV pédiatriques et des MEG dans les formations sanitaires ainsi que leurgratuité pourcertainsgroupes vulnérables

Assurer le conseil dépistage confidentiel et gratuit pour les jeunes

Assurer le passage à l’échelle nationale de la prise en charge des orphelins et autres enfants vulnérables (OEV)

Assurer l’utilisation massive des MII et TPI

Assurer le financement de la COMEG et l’appui à la distribution des médicaments essentiels génériques

Subventionner l’accès au conseil et au dépistage

Subventionner les interventions de prise en charge des OEV et l’appui en nature aux familles les plus vulnérables

Subventionner le MII et les ré-imprégnations communautaires

OMD 7 : Assurer un environnement durable

Assurerl’accèsà l’eau potable et aux ouvrages d’assainissement adéquats dans les écoles,les formations sanitaires et les communautés

Subventionner la construction d’ouvrages à moindre coût ethabiliter les communautés à leur promotion/réalisation en zone rurale

OMD 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Développer des mécanismes de suivi et d’évaluation en élaborant un plan décennal de collecte de données et en mettant en place une base de données de suivi des indicateurs de développement (DevInfo)

Subventionner la réalisation des enquêtes nationales

Financer la mise en place de DevInfo avec l’appuidu SNU

Elaborer un plan intégré de partenariat et de mobilisation sociale

 


 

 

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