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Vaccination

Pourquoi les enfants meurent-ils ?

Plus de 30 millions d'enfants ne sont pas immunisés, faute de vaccins disponibles, ou parce que les services de santés sont mal équipés ou difficiles d'accès ou encore parce que les familles ne savent pas quand il faut faire vacciner leurs enfants ou pourquoi. Pneumonie, diarrhées, paludisme, rougeole, HIV/SIDA et malnutrition sont les principaux tueurs des enfants dans les pays en développement. Ces enfants meurent car ils sont pauvres, n'ont pas accès aux immunisations de routine ou aux services de santé, leur alimentation est pauvre en vitamine A et autres micronutriments et ils vivent dans des conditions favorisant le développement des agents pathogènes (organismes causant les maladies).

Si les enfants ne disposent pas de bonnes capacités immunitaires à vaincre les infections, ils risquent de tomber sérieusement malades ou de mourir. La malnutrition, aggravée par des conditions d'insalubrité et de promiscuité, les rend extrêmement vulnérables. La rougeole, par exemple, tue rarement dans les pays industrialisés mais peut causer jusqu'à 40 % de mortalité parmi les enfants infectés dans des conditions de surpeuplement et de dénuement pouvant survenir après des tremblements de terre, des inondations ou lors des déplacements de populations provoqués par des conflits.

Divers agents pathogènes -bactéries, virus, parasites- sont responsables des principales maladies infantiles. Les bactéries causent le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et la tuberculose. Les virus causent la polio et la rougeole. Un parasite unicellulaire est à l'origine du paludisme.

La rougeole, une infection respiratoire virale, a tué environ 500 000 enfants en 2003, plus qu'aucune autre maladie évitable par la vaccination. La mortalité par rougeole est si élevée en Afrique - un enfant meurt chaque minute- que beaucoup de mères ne nomment  pas vraiment leur enfant avant qu'il ait survécu à la maladie. La rougeole affaiblit le système immunitaire et rend les enfants très susceptibles à des complications fatales des diarrhées, pneumonie et malnutrition. Ceux qui survivent peuvent souffrir de cécité, surdité ou de lésions cérébrales.

Le tétanos, auquel il est fait allusion dans l'Ancien Testament comme le tueur du septième jour, a fait périr environ 200 000 nouveau-nés et 30 000 mères en 2001. La bactérie du tétanos est ubiquitaire - elle vit dans les sols, les excréments d'animaux et les fèces. Le tétanos peut toucher les nouveau-nés si le cordon ombilical est sectionné avec des instruments non stériles ou si l'incision est traitée avec des pansements contaminés.

Dans les infections respiratoires aiguës comme la diphtérie et la coqueluche, les bactéries peuvent s'attaquer aux bronches ou aux poumons, provoquant des toux chroniques, des pneumonies ou des difficultés respiratoires. La coqueluche tue environ 300 000 enfants chaque année, et une troisième infection respiratoire, la pneumonie à Haemophilus influenzae type b (Hib) en tue environ 500 000.

« Dans des situations comme l'Afghanistan, où un conflit est encore aggravé par une sécheresse prolongée, les défenses des enfants sont affaiblies. Ils sont malnutris et souffrent d'une série de maladies. Si la rougeole sévit, les taux de mortalité seront élevés. » - Shamsul Farooq, Directeur adjoint, Division de l'approvisionnement, UNICEF, ancien responsable des programmes dans l'Unité de riposte humanitaire

La polio, une infection virale du système nerveux, peut causer une paralysie invalidante en quelques heures. Des progrès significatifs ont été réalisés en vue de son éradication, mais elle représente toujours une grave menace dans les zones où le virus sauvage continue de circuler. Le nombre de cas dans le monde a chuté de 350 000 en 1988 à en dessous de 1 300 en 2004.

On estime que l'Haemophilus influenzae type b (Hib), surtout prévalent dans les pays en développement, cause chaque année environ 3 millions de cas de maladies graves et tue 450 00 enfants. La plupart meurent de pneumonie et une minorité de méningite.
Dans les pays en développement, 40 % environ des cas de méningites à Hib sont fatals et 15-35 % des enfants qui survivent en gardent des séquelles définitives. Malgré la propagation du Hib dans les pays en développement, en 2001, un enfant sur cinq seulement dans le monde était immunisé contre le Hib durant sa première année.

Le Rotavirus, un virus en forme de roue, est une des causes principale de diarrhées sévères chez les nourrissons et jeunes enfants, notamment dans les pays en développement. A l'heure actuelle, il n'y a pas de vaccin homologué pour cette maladie qui tue 600 000 enfants de moins de cinq ans chaque année.

Le virus de l'Hépatite B infecte beaucoup de nourrissons et d'enfants - plus de 2 milliards de personnes ont été infectés à un moment de leur vie et on estime que 350 millions sont des porteurs chroniques. Cependant, la plupart ne développent pas de signes cliniques avant plusieurs décennies, lorsque le virus peut provoquer une inflammation du foie et conduire à une cirrhose ou à un cancer hépatique.

La fièvre jaune, une maladie virale présente surtout dans les zones tropicales et subtropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud, tue
30 000 personnes chaque année. Le virus est transmis le plus souvent lors d'une piqûre de la femelle d'un moustique, Aedes aegypti. Jusque là correctement contrôlée par des vaccinations de masse et la désinsectisation, la maladie effectue un retour et les flambées deviennent plus fréquentes.

Le paludisme, maladie parasitaire, est responsable d'un nombre considérable de décès -plus d'un million chaque année- pour la plupart des enfants de moins de cinq ans. Un enfant meurt toutes les 30 secondes du paludisme, souvent quelques jours seulement après avoir été infecté. Les femmes enceintes infectées par le paludisme peuvent donner naissance à des bébés de faible poids qui sont ensuite plus vulnérables à d'autres maladies.

Aujourd'hui, 90 % des cas de paludisme surviennent en Afrique subsaharienne. Le paludisme (malaria pour les Romains, ainsi nommé car ils pensaient qu'il provenait d'un mauvais - mala-- air -aria- flottant au dessus des marécages voisins, est en réalité dû à un parasite unicellulaire, le Plasmodium, qui est transmis par la piqûre du moustique Anophèle. Bien qu'il n'existe pas de vaccin contre le paludisme, il peut être contrôlé avec des moustiquaires et des produits insecticides et peut souvent être traité avec des médicaments antipaludéens.


 

 

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