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Ecoles amies des enfants

© UNICEF HAITI /2003 /
© UNICEF HAITI /2003/
Depuis 2004, l'UNICEF collabore avec l'École Chrétienne mixte de Gethsémani à un projet appelé "l'École amie des enfants", qui regroupe 20 collèges dans les départements du Nord et de l'Ouest

Par  Viviana Fernandez

Stéphane-Jérôme a 13 ans. elle étudie à "L'Ecole Chrétienne mixte" de Gethsémani. EIle appartient à  une famille pauvre. Sa mère ne peut pas travailler et son père ne retrouve pas une place de chauffeur. ”A la maison on ne mange pas tous les jours. Aussi, les jours de cantine au collège, je  sais que s’il n’y a rien à la maison, au moins je  pourrai manger quelque chose à la récréation de dix heures”. Bien que sa famille n'ait pas beaucoup de moyens, elle aime la vie, danser et chanter. EIle rêve d'être pédiatre, parce qu'elle aime les enfants. EIle veut devenir un médecin prestigieux qui prendra soin des enfants haïtiens.

Edouard Joseph est le directeur de cette école, ouverte il y a près de 20 ans. Il déplore la situation économique difficile des étudiants et les insuffisances du centre qui ne dispose toujours pas  d'une bibliothèque, de l'eau courante et d'une cantine.

Depuis 2004, l'UNICEF collabore avec l'École Chrétienne mixte de Gethsémani à un projet appelé "l'École amie des enfants", qui regroupe 20 collèges dans les départements du Nord et de l'Ouest. Dans 20 écoles catholiques de la Commission Épiscopale pour l'Education Catholique (CEEC), l'UNICEF a ouvert trois fronts :

  • Un premier front concerne la formation de professeurs à une méthodologie moderne, appliquée dans le respect des droits des enfants, afin qu’ils dispensent ensuite des cours de civisme, d'environnement, de santé scolaire etc.
  • Ensuite, un deuxième front appuie la réhabilitation des écoles : construction de salles d’eau, approvisionnement en eau etc., afin d’apporter aux étudiants un environnement sain.
  • Un dernier front encourage la création de gouvernements scolaires où les élèves s'organisent et se répartissent les tâches comme président ou ministre ; de la Santé, de l’environnement, etc. On inculque ainsi aux enfants le sens des responsabilités et on leur offre l'opportunité de débattre des affaires scolaires. On crée aussi des associations de parents, qui en quelques occasions sont mobilisées comme ici à L'Ecole de Gethsémani pour régler la circulation dans la rue aux abords de l’école. 

Norbert Stimphil, coordonnateur de la CEEC et  spécialiste en éducation et développement, nous explique l'importance de l'aide continuelle apportée par l'UNICEF, et combien celle-ci a été décisive après l'agitation sociale, l'instabilité politique et la violence qui se sont déchaînées au départ du gouvernement du président Aristide. Les écoles ont dû fermer parce qu'elles manquaient de tout. "L'UNICEF s'est mobilisé massivement et a équipé des écoles comme celle-ci en mobilier et matériel scolaire, livres etc. Depuis 3 ans il nous apporte une aide essentielle ” 

C’est avec une joie toute timide que Stéphane-Jérôme raconte quel a été le plus beau jour de sa vie. "J'ai beaucoup de souvenirs agréables comme aller me promener à la campagne avec mes parents, mais le moment que je n’oublierai jamais c'est le jour de ma Première Communion que j’ai célébrée à la maison entourée de tous mes amis et de ma famille".

Stéphane-Jérôme  est une élève des grandes classes et c’est le troisième cours où ses camarades la choisissent comme déléguée. Dans son gouvernement scolaire, elle a été ministre de la Justice et aussi ministre de la Santé. Bien que sa maturité et bon sens soient surprenants pour son âge, Stéphane n’est pas pour autant une jeune fille hors du commun. Comme beaucoup d'autres enfants haïtiens sa vie a été marquée par la violence et la douleur, et elle ne cache pas sa rancoeur : “Les chimères (membres de groupes armés connus pour leur violence) venaient à la maison demander de l'argent et nous leur en donnions, mais un jour que nous n'avions rien à donner ils ont tué mes deux tantes d'un coup de feu dans la tête. Une autre fois où nous n'avions rien pu leur donner, ils ont violé et tué mes deux soeurs âgées de 10 et 12 ans. Plus tard, ils nous ont retrouvés sur la route de l'aéroport et ils ont tué mon frère de 17 ans. Je pense toujours que si un jour trouve un pistolet, j'irai  les tuer”. Aujourd’hui, l’UNICEF lui propose une aide psychosociale afin qu’elle puisse évacuer la violence engendrée par ce traumatisme et qu’elle puisse désormais vivre apaisée.

L'école a permis à Stéphane-Jérôme la possibilité de changer de vie et lui a donné l'espoir d'améliorer la situation dans son pays. ”Je crois que Haïti peut devenir un bon pays s'il y a des gens sérieux qui travaillent pour y arriver. Les autres pays sont plus beaux et avancés que Haïti mais je n'abandonnerai jamais mon pays, même après ce qu'a vécu ma famille. J'aime mon pays”.

 

 

 

 

SOS enfants d'Haïti


SOS Enfants Haïti est un rapport qui présente les principaux obstacles auxquels se heurtent les enfants du pays à un moment de crise. Accéder au rapport multimedia


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