Enfants vulnérables - histoire de Kettia
Kettia Jean-Paul a 20 ans. Elle est née avec le virus du SIDA, elle a commencé le traitement avec les antirétroviraux en accompagnant sa mère au centre Gheskio vers l’âge de 12 ans. Sa mère est morte quand elle a eu 15 ans. Kettia continue d’aller au Centre Gheskio bien qu’elle n’en connaissait pas la raison et cela jusqu’à l’âge de 17 ans. Un jour qu’elle arrive au centre on lui explique qu’elle est séropositive depuis la naissance, et l’importance pour elle de fréquenter le centre régulièrement. Kettia Jean-Paul vit avec son père, ses quatre sœurs et un frère. Seule sa soeur du même père est infectée. « Je ne ressens pas de discrimination à l’école parce que personne ne sait que j’ai le SIDA, seuls mon père et ma sœur infectée sont au courant. » Au début du traitement, Kettia Jean-Paul se posait beaucoup de questions, s’il y aurait bientôt un médicament pour la guérir, comment pouvait elle prolonger sa vie, et elle se demandait si sa mère serait encore vivante si elle avait accepté de suivre le traitement tout au début de sa maladie. Pendant son adolescence, elle n’a pu assister normalement à l’école parce que avant de prendre des antirétroviraux elle avait tout le temps des diarrhées et des vomissements.
Le médecin Sabine Charles nous explique sa collaboration avec l'UNICEF : son travail notamment avec les enfants de la rue, dont beaucoup sont infectés ; l'approvisionnement de médicaments ; l'appui nutritionnel, l'aide psychologique etc. Depuis 2006 l’UNICEF finance le projet « clinique des adolescent » à destination des jeunes entre 17 et 24 ans. « Nous nous sommes aperçus que les jeunes gens étaient un peu dispersés. Ils étaient trop grands pour la pédiatrie et leur place parmi les adultes était également inapproprié, en raison de leurs conversations malsaines ». Sabine Charles qui travaille dans la clinique des adolescent, affirme qu’elle trouve son travail quelque fois trop dur parce que ses patients ont beaucoup de problèmes familiaux et surtout d’intégration au sein d’une famille d’adoption, car la majorité d’entre eux ont perdu leurs parents. « Je crois que nous ne pouvons pas leur donner tout ce qu’ils attendent de nous, certains d’entre eux cherchent une famille d’adoption. Sans un appui familial, les médicaments ne suffisent pas, car ces adolescents ne sont pas psychologiquement prêts. Sans cet appui, ils ne sont pas capables de prendre régulièrement leurs médicaments, cela ne fonctionne pas.» Kettia Jean-Paul nous relate deux expériences personnelles qui ont le plus marqué sa vie. « La mort de ma mère est le pire qui me soit arrivé, je me souviens beaucoup d’elle. Le fait que mon père ne m’a pas laissée aller à Miami pour y assister à un spectacle, m’a également fait beaucoup de mal. Mon école avait gagné un concours de chanson, et c’est moi qui avais été choisie pour la représenter à Miami. » Kettia fait plus jeune que sont âge. Elle est douce et parait fragile et délicate. Une apparence qui, on l’imagine, ne correspond pas à son caractère. « La vie continue… » Et Kettia ne se lasse pas de sourire.
Focus sur Gheskio : le Groupe haïtien d’étude du sarcome de Kaposi et des infections opportunistes, a été crée le 2 mai 1982. Il est soutenu par l'UNICEF depuis 1990. C’est le plus ancien groupe de recherche sur l’infection VIH, après le CDC (Centre for Disease Control) d’Atlanta. Le Centre Gheisko offre les services d’une clinique, d’un laboratoire, et d’un centre de formation et de recherche. Il dispose de l'équipe médicale la plus expérimentée du pays. Il s'agit du premier centre de ce type en Haïti. |