Les Défis
Le poids très important des jeunes dans la population totale haitienne (54% ont moins de 18 ans et 12% moins de 5 ans) est responsable de l’indice de dépendance démographique très élevé du pays. Cela se traduit par une diminution importante de la capacité des familles à prendre en charge leurs enfants. De nombreuses familles sont amenées à mettre leurs enfants au travail, parfois même dès leur très jeune âge, au lieu de les envoyer à l’école. D’autres enfants sont placés dans les centres d’accueil, ou en domesticité dans des familles où ils travailleront dans des conditions proches de l’esclavage. Mais il n’y a pas de travail pour tous, un nombre croissant d’adolescents se trouve en même temps sans école et sans travail, dans une situation de marginalité accrue. Les enfants domestiques sont souvent victimes d’abus et sont démunis de leurs droits fondamentaux comme le droit à l’unité familiale, à l’éducation, à la santé et aux loisirs. La vulnérabilité de ces derniers est exacerbée par un accroissement important du nombre des orphelins à la suite du décès de leurs parents causé par le SIDA. La succession des désastres naturels et des crises politiques depuis 2004 a aggravé la situation des enfants en Haïti, les exposant à toutes formes de violences. 3 millions de personnes auraient été atteintes, la majorité ayant moins de 18 ans. Cependant, la mise en place du nouveau gouvernement, élu en mai 2006, offre aujourd’hui de nouvelles opportunités pour créer un système national de protection sociale pour les enfants d’Haïti. Certaines zones parmi les plus affectées par la violence, comme Cité Soleil, sont récemment redevenues accessibles aux organisations humanitaires après des années de conflit entre les groupes armés. De nouvelles politiques et stratégies sont sur le point d’être établies pour répondre aux besoins et intérêts des enfants vulnérables. Un système de coordination devrait également être mis en place pour consolider les services de protection de l’enfance. De nouveaux partenariats établis entre les acteurs publics, privés et communautaires permettraient de mieux répondre aux besoins spécifiques des différents groupes vulnérables et d’atteindre une meilleure couverture géographique. L’harmonisation des normes et directives nationales contribuerait à une amélioration générale des interventions.
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