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Le Représentant de l'UNICEF en Haïti

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L’initiative Kore Fanmi touche trois nouvelles communes d’Haiti

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Se laver les mains 77 fois 7 fois

© UNICEF
Vilder Pierre est un agent de mobilisation communautaire d’OSAPO, une organisation haïtienne qui organise des activités de prévention du choléra dans les départements du Nord et du Nord-Est.

Cap-Haitien, Haïti, 14 avril 2014- Avec l’aide d’un mégaphone, Vilder Pierre crie en créole: « Ni timoun, ni gran moun, li pran tout moun, lave men 77 fwa 7 fwa ». Au sens littéral du terme, cette phrase veut dire : «Ni les petites personnes (enfants), ni les grandes personnes (adultes). Il (cholera) attrapetoutes les personnes. Lavez vos mains 77 fois 7 fois ».

Vilder Pierre connait ce slogan et bien d’autres par cœur. Plus de trois ans se sont écoulés depuis qu’il a commencé à se battre contre le choléra, comme agent de mobilisation communautaire, dans un premier temps pour Médecins Sans Frontières, et maintenant pour L’Organisation Santé populaire (OSAPO) une ONG haïtienne, partenaire de l’Oxfam au sein d’un projet financé par l’UNICEF, pour répondre à l’épidémie dans le Nord et Nord-Est du pays.

« Au début de l’épidémie, les gens avaient peur de la maladie, ils ne savaient pratiquement rien à son sujet », explique Vilder Pierre. «Maintenant, ils prennent l’initiative, ils veulent avoir beaucoup plus d’information. Ils posent des questions : ‘’Nous n’avons pas d’aquatabs. Comment peut- on les remplacer?’’ Et je leur explique ils peuvent traiter l’eau à domicile avec du ‘’Chlorox’’».
Valérie Dugue est l’infirmière qui coordonne l’équipe de quinze agents d’OSAPO qui conduisent des activités de prévention du choléra dans les départements du Nord et du Nord-Est. « L’équipe va sur le terrain tous les jours pour des activités de prévention régulières et de réponse aux alertes », souligne-t-elle. « Une réponse aux alertes est essentielle, ce qui veut dire identifier l’origine de la contamination de chaque cas confirmé et procéder à la désinfection, distribuer des produits de traitement d’eau aux familles affectées par le choléra et aux membres du voisinage en intensifiant les campagnes d’hygiène avec l’accent sur des activités interactives avec la population », poursuit-elle.

© UNICEF
Les 15 agents de mobilisation communautaire sortent sur le terrain tous les jours pour des activités de prévention régulières et de réponse rapide aux alertes.

Pour cette raison, l’équipe a couvert Petite-Anse dans le département du Nord où deux cas de choléra ont été recensés deux semaines avant. Certains jours, les activités de prévention peuvent toucher plus de 900 personnes, surtout quand les agents visitent le marché local, les écoles et/ou les cérémonies religieuses.

Aujourd’hui ce n’est pas un jour de marché, mais les agents avec leurs mégaphones ont pu rassembler des centaines de personnes en improvisant une chanson sur le choléra. Les vendeurs de rue ne l’ont jamais entendu avant, mais après un essai ils reprennent tous en chœur ‘’Kolera se lapès’’ (le choléra c’est la peste).

« Je ne peux retirer cette chanson de ma tête. C’est encore mieux, car maintenant je connais comment traiter l’eau à domicile », se félicite Nelta Foige, âgée de 23. « J’ai déjà commencé à changer de comportement, surtout en matière d’hygiène », se réjouit-elle.

Cependant, ce n’est pas tout le monde à Petite-Anse qui est au courant des mesures de prévention du choléra. Jacques Pierret est un Haïtien qui vit à New York où le choléra fait partie des fantômes du passé. Il est en vacance pour trois mois dans sa ville natale et il veut tout savoir sur la maladie.

«Maintenant je vais m’assurer que la nourriture est bien cuite et que nous n’utilisons que de l’eau traitée à la maison», conclut Jacques Pierret avec un sourire. «Jamais je n’oublierai : Il faut se laver les mains 7 fois 77 fois».

 

 

 

 
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