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Campagne de vaccination en Haïti et gestion des déchets médicaux

© UNICEF Haïti/2008/
© UNICEF Haïti/2008/
Site d’installation de l’incinérateur et dépôt de déchets dans un hôpital à Mirebalais.

La vaccination de routine a été particulièrement faible ces cinq dernières années en Haïti et une nouvelle campagne de vaccination de masse a été lancée afin d’éradiquer la rubéole et la rougeole et prévenir toute réapparition et mutation du virus de la polio. Parallèlement on constate que la collecte et la gestion des déchets médicaux demeure elle aussi déficiente dans le pays.
La campagne nationale de vaccination qui va générer près de 300 mètres cube de déchets présente une grande opportunité pour améliorer la gestion des déchets.

Génération, collecte et traitement des déchets médicaux
Comparé à des situations similaires constatées dans d’autres pays en développement, on estime que la production de déchets médicaux dans les hôpitaux serait de 1,5 Kg à 2 Kg par lit et par jour.  Les déchets médicaux sont habituellement mélangés aux autres déchets hospitaliers et la plupart des établissements sanitaires continuent de brûler leurs déchets sur site à même le sol, au mieux dans des fosses à ciel ouvert infestées par les rats et les poulets. Certains établissements appliquent  la méthode dite de "la ravine" qui consiste à entasser les déchets dans une fosse de stockage. Quelques cliniques privées de Port-au-Prince payent pour le ramassage de leurs déchets, mais elles ne savent pas comment ceux-ci sont détruits.

Bien que le ministère de la Santé ait mis en place un comité sur la Sécurité des injections, il n'existe pas actuellement de système efficace de gestion des déchets.  Seul le Programme élargi de vaccination (PEV) dispose de boites de sécurité au niveau des institutions pour la récupération des seringues et aiguilles usagées issues de la vaccination de routine et les campagnes de vaccination (1). Cependant la vaccination de routine ne produit que 5 à 10 pour cent des seringues utilisées, 90 pour cent des seringues destinées à  la médecine curative ne sont  donc pas fournies avec des boîtes de sécurité. Celles-ci pourtant ne coûtent approximativement qu’un dollar pièce. Il apparaît donc indispensable que  des mesures puissent être prises pour que les ONG et les hôpitaux soient effectivement approvisionnés en boîtes de sécurité en même temps que les seringues. Les agents de santé doivent aussi être formés à l’assemblage correct et à l’utilisation de ces boîtes de sécurité, notamment leur fermeture après usage, sans quoi elles ne peuvent pas être manipulées en toute sécurité ni même  transportées jusqu’à des sites de destruction appropriés.

Un bon système de gestion des déchets suppose un tri des déchets à la base et une destruction adéquate, sans aucun risque ni pour l’agent de santé, ni pour le patient, ni pour la communauté. Une formation des agents de santé sur le tri et la collecte des déchets dans les hôpitaux a été initiée par John Snow Institute inc (JSI) en 2006. Cependant, des insuffisances persistent à tous les niveaux.

© UNICEF Haïti/2008/
© UNICEF Haïti/2008/
Incinérateur électrique en marche à Mirebalais.

Plus globalement, il faut généraliser le système de collecte aux autres catégories de déchets médicaux en fournissant aux hôpitaux des conteneurs appropriés aux déchets à caractère infectieux, comme le placenta ou des membres amputés. Trop souvent ces déchets sont stockés dans des seaux ouverts et enterrés quotidiennement. Cette pratique est dangereuse et complique dangereusement la manipulation de ces déchets par les personnels en charge de les détruire.

Incinération des déchets médicaux
En attendant de pouvoir implanter des techniques alternatives de gestion des déchets non polluantes, sans danger pour les personnes  et au moindre coût, le recours aux incinérateurs demeure actuellement la solution la plus viable pour Haïti.
Une évaluation réalisée par l’UNICEF en 2006 sur la gestion des déchets a fait ressortir que seulement 16 pour cent des installations sanitaires du pays sont équipées d’un incinérateur fonctionnel. Un certain nombre de sites nécessitant la présence d’un incinérateur ont alors été identifiés.

Pour une meilleure gestion des déchets biomédicaux, l’UNICEF s’est engagé à mettre 82 incinérateurs à la disposition du ministère de la Santé et de la Population (MSPP).
Trente sept incinérateurs ont déjà été réceptionnés dans le pays. En vue de contribuer à la destruction adéquate des déchets de la campagne de vaccination actuellement en cours, l’UNICEF a jugé opportun de procéder à l’installation de ces incinérateurs. Une firme locale a été identifiée pour l’aménagement de chaque site qui comprend un site pour l’incinérateur, un dépôt à trois compartiments pour chaque type de déchets et une fosse à cendre.  D’ici fin 2008, les 37 incinérateurs devraient être installés à travers le pays.

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 (1) Pour les besoins de la campagne de vaccination, l’OMS estime que 80 000 à 100 000 boites de sécurité d’une capacité de 5 litres (1Kg équivaut à 100 seringues) seront produites d’ici à juillet 2008.

Lire également :

Appel à la mobilisation
Port-au-Prince, le 19 novembre 2007 - L’UNICEF invite la jeunesse haïtienne à participer massivement à la campagne nationale de vaccination.

Haïti lance la plus grande campagne de vaccination jamais réalisée dans le pays
Port-au-Prince, le 6 novembre 2007 - De novembre 2007 à mars 2008, 58 % de la population de Haïti, sera vaccinée contre la rougeole, la rubéole, la poliomyélite, le tétanos et recevra des vermifuges ainsi que des suppléments en vitamine A.

 

 
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