Changement de tendance- L’UNICEF aide le gouvernement haïtien à gagner la lutte contre le choléra

Port-au-Prince, le 15 juillet 2014- « Par le passé, il n’y avait pas d’hélicoptères. Il n’y avait pas de latrines et nous devions aller loin pour rapporter de l’eau », se souvient Wisnot Bien-Aimé, âgé de 14 ans, les yeux vifs et l’air agile. Il vit dans le village de Los Palmas, une communauté qui a été fortement affectée par l’épidémie de choléra qui frappa Haïti en 2010. Le village, situé dans le Plateau Central ou département du Centre, est caractérisé par un accès difficile aux services de santé de base, à l’eau potable et à l’hygiène. Los Palmas et la principale ville de la région, Hinche, font tous les deux parties de la ‘’zone rouge’’ identifiée comme une priorité pour l’élimination du choléra. La famille de Wisnot a été épargnée par la mort, mais il a été témoin de la souffrance et de la mort parmi ses amis. « J’ai perdu tellement de camarades de classe au cours de cette épidémie », lâche-t-il la voix pleine d’émotions.

Mais la tendance est en train de changer. En se basant sur les progrès accomplis, ces deux dernières années, 2014 offre une opportunité unique d’éliminer le choléra du pays. Les chiffres faisaient état de 101 503 cas de choléra suspectés et 908 morts en 2012, les chiffres ont baissé de près de 50%, passant de 58 574 cas suspectés et de 587 morts en 2013. Les programmes basés sur les communautés sont parmi les raisons qui offrent de nouveaux espoirs. « Au cours des derniers mois nous avons construit des latrines dans toutes les maisons de la localité, et tout le monde se lave les mains à l’école et à la maison », se réjouit Wisnot. « Plus personne ne meurt du choléra ».

En effet, en Haïti comme partout ailleurs, les communautés sont des agents de changement. Et c’estl’une des principales forces del’approche ‘’ Assainissement total piloté par la communauté (ATPC)’’. En plus d’améliorer l’accès aux services de santé de qualité, la nutrition, l’hygiène et l’assainissement dans les familles les plus vulnérables, l’approche a encouragé les familles de bâtir ensemble plus de 3 000 latrines en s’assurant que chaque membre de la communauté puisse y avoir accès.

Le principe fondateur au cœur de l’Assainissement total piloté par la communauté se base sur le fait que bâtir des latrines pour les gens n’est pas une garantie à leur utilisation, ni à une amélioration des conditions d’hygiène. L’approche se base sur le changement de comportement pour assurer une amélioration durable. Elle investit dans la mobilisation de la communauté au lieu du matériel, déplaçant l'accent de la construction de toilettes pour les ménages individuels à la création de villages libre de défécation à l’air libre. Aller au-delà de l’hygiène et de l’assainissement en touchant la seconde cause du choléra qui est l’accès à l’eau potable par la construction de 50 systèmes de collection d’eau de pluie et de 20 points d’eau dans les villages et dans les écoles.

Ce 14 juillet, le gouvernement haïtien et les Nations Unies ont lancé la campagne nationale d’hygiène et d’assainissement qui vise près de 3,8 millions de personnes, 2 500 écoles et 500 centres de santé au cours des 5 années à venir. « Aussi longtemps que toutes les familles n’auront pas accès à l’eau potable et aux installations d’hygiène et d’assainissement, le choléra et toutes les autres maladies liées à l’eau demeurent des menaces potentiels pour les familles les plus vulnérables à travers tout le pays. Nous comptons sur le support des Nations Unies et des partenaires internationaux pour atteindre nos objectifs dans ce domaine», indique le Premier ministre, Laurent Lamothe.

Aujourd’hui, moins d’une famille sur deux dans les régions rurales ont accès à l’eau potable (47%) et moins de 1 sur 5 (20%) à l’assainissement amélioré. Mais ces chiffres sont de loin meilleurs dans les zones urbaines. Il s’agit d’un environnement qui favorise les maladies liées à l’eau dont le choléra, surtout durant les six mois de la saison cyclonique. Selon Edouard Beigbeder, Représentant de l’UNICEF en Haïti « Pour combattre les maladies diarrhéiques, notamment le choléra, et ainsi améliorer la santé des familles et le rendement scolaire des enfants il est important de travailler de manière concertée vers des solutions durables. C'est pourquoi cette campagne est d'une importance primordiale, et le début d'un nouveau chapitre dans notre lutte commune ».

1. Haiti Mortality, Morbidity and Service Utilization Survey 2012

 

 

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