En bref: Yémen

Les jeunes déplacés dans le Sud du Yémen font face aux conséquences de la guerre

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© UNICEF Yémen/2011/Rasheed
Amani Ali (debout, deuxième en partant la droite) et Saleh Salim (tout à droite) expliquent l’hygiène à d’autres enfants déplacés. Amani et Saleh sont membres d’un comité WASH de bénévoles formés par l’UNICEF pour sensibiliser à l’hygiène et l’assainissement à l’école de Belqis, qui abrite les personnes déplacées d’Abyan.

Par Ansar Rasheed

ADEN, Yémen, le 15 septembre 2011 – C’est le quatrième jour du ramadan à Aden, une ville portuaire du sud du Yémen, et la température atteint les 40 degrés. Bien que ce soient les vacances d’été, la cour de l’école de Belqis à Aden est remplie d’enfants. Certains jouent au soleil, d’autres participent aux sessions éducatives sous une tente mise en place par l’UNICEF. Les enfants font partie de familles déplacées par les affrontements entre les troupes du gouvernement et des militants soupçonnés d’être liés à Al-Qaïda, à Abyan, une région agitée. 

Faire face aux défis

L’école fait partie des dizaines d’écoles d’Aden mises à disposition par le gouvernement pour les populations déplacées originaires d’Abyan. Belqis accueille près de 100 familles, soit environ 750 personnes. Parmi elles, près d’un tiers sont des enfants de moins de 14 ans. On retrouve des situations similaires dans près de 60 autres écoles du pays.

La chaleur extrême affecte les familles déplacées dans l’école de Belqis et fait beaucoup de victimes parmi les personnes âgées et les nourrissons. Les classes autrefois remplies de bureaux et de chaises sont devenues des logements improvisés, et certaines salles accueillent jusqu’à 24 personnes.

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Amani Ali (à gauche) et Saleh Salem (à droite) lors d’une pause après une session de sensibilisation à l’hygiène pour leurs camarades déplacés à l’école de Belqis, à Aden. « C’est super d’être bénévole. Je me sens importante et tout le monde me respecte ici », affirme Amani, 10 ans.

Le Yémen est l’un des pays les plus pauvres de la région et doit faire face à de nombreux défis, notamment les mouvements de protestation à l’encontre du gouvernement qui ont commencé en février, les affrontements avec les activistes dans le nord qui ont déplacé des milliers de personnes, et la menace croissante des séparatistes du sud et d’Al-Qaïda.

L’impact sur la jeunesse

Amani Ali, 10 ans, a fui Abyan avec sa famille en plein milieu de la nuit il y a environ deux mois et demi, mais le souvenir de cette nuit restera à jamais gravé dans sa mémoire.

« J’entends encore le bruit de l’avion jour et nuit dans mes oreilles », explique-t-elle. « On entendait des pas lourds se rapprocher de notre porte et soudain mon père a ouvert la porte et un homme en uniforme militaire nous a demandé de partir ». Amani ajoute avec tristesse : « Je me souviens encore de ma mère qui pleurait et refusait de partir ».

« Ce qui me peine le plus, c’est que je n’avais jamais imaginé quitter ma région, mes amis et mes voisins », explique Saleh Salim, 14 ans. « Ça a été très soudain, mais il fallait fuir pour survivre ».

En arrivant à Aden au milieu de la nuit, la famille de Saleh, épuisée et déboussolée, a été dirigée vers l’école de Belqis où lui a été attribuée une salle à partager avec d’autres familles qu’elle ne connaissait pas.

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« Ce sont les enfants qui sont les plus affectés par la guerre » affirme Safaa Ali, assistante psychosociale envoyée par l’UNICEF. « Ils sont encore traumatisés. Chaque fois qu’ils entendent un avion, ils prennent peur et fuient ». Soixante pour cent des personnes déplacées d’Abyan sont des enfants.

L’UNICEF apporte son soutien

Amani et Saleh sont tous les deux membres d’un comité WASH, un groupe de bénévoles formés par l’UNICEF pour sensibiliser à l’hygiène et à l’assainissement à l’école. Dans chaque école accueillant des populations déplacées, 15 membres âgés de 13 à 18 ans sont sélectionnés pour promouvoir l’hygiène. Les jeunes suivent deux jours de formation intensive et sont encadrés par le personnel d’une ONG locale.

« Ce sont les enfants qui sont les plus affectés par la guerre », précise Safaa Ali, assistante psychosociale envoyée par l’UNICEF. « Ils sont encore traumatisés. Chaque fois qu’ils entendent un avion ils prennent peur et fuient ».

Le programme vise à apporter un soutien psychologique et social aux enfants et à leurs familles afin de leur permettre de faire face à la situation actuelle. 

« La guerre ne fait de bien à personne », affirme Saleh. « Elle détruit tout, mais il nous reste notre dignité ».


 

 

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