Mali

Combattre le fléau du ver de Guinée, maladie transmise par l’eau au Mali

Par Gaelle Bausson

GAO, Mali, 4 octobre 2010 – Le ver de Guinée est une maladie parasitaire douloureuse endémique au nord du Mali. Transmise par les sources d’eau contaminées, la maladie fait partie des nombreux problèmes à résoudre pour la salubrité de l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans le pays.

VIDÉO : Un reportage pour l’UNICEF de Matthieu Crette sur les efforts mis en oeuvre pour éradiquer le ver de Guinée au Mali. Narration Patrice Brizard.

 

Dans les eaux stagnantes, qui font également office de sources d’eau potable dans de nombreuses régions du monde, des puces d’eau microscopiques absorbent les larves des vers de Guinée. L’eau contaminée est ensuite consommée par la population.

Sur une période d’environ un an, les larves se développent en un ver qui peut mesurer jusqu’à un mètre de long. Pour apaiser leur douleur, les malades ont souvent recours à l’eau. Mais lorsque le ver adulte entre en contact avec l’eau, des milliers de larves sont expulsées, perpétuant le cycle de contamination.

L’UNICEF et ses partenaires travaillent à l’éradication du ver de Guinée en promouvant des systèmes améliorés d’eau et d’assainissement au Mali. Le projet représente une étape majeure pour aider le pays à atteindre les cibles des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatives à la santé de l’enfant ainsi qu’aux systèmes améliorés de l’assainissement et de l’eau.

Parmi les objectifs, des OMD, un ensemble de cibles internationalement reconnues visant à réduire la pauvreté dans le monde, appellent les pays à réduire de moitié le nombre de personnes sans accès à l’eau salubre et à l’assainissement d’ici 2015.

Une lutte efficace contre l’infection

« Une personne porteuse du ver [de Guinée] peut contaminer 200 à 300 personnes, » explique Hamadoun Dicko, qui travaille pour l’agence administrative locale pour la santé à Gao. « Si un enfant infecté par le ver de Guinée est responsable de toute la collecte d’eau, il est certain qu’il le transmettra. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Un jeune garçon porte de l'eau à Goa au Mali.

Le traitement consiste à accélérer l’expulsion du ver, un processus qui peut nécessiter plusieurs semaines douloureuses, le temps que le ver sorte en formant une cloque sur la peau. Il est alors extrait, enroulé progressivement, puis un bandage est appliqué pour éviter toute complication ou infection.

En 1992, on comptait plus de 16 000 cas de ver de Guinée dans plus de mille villages au Mali. Suite au lancement d’un programme national d’éradication par le gouvernement du Mali, appuyé par l’UNICEF, le Centre Carter (organisation non gouvernementale), l’OMS et d’autres partenaires, le nombre de malades est passé à moins de 200 en 2009, localisés dans 52 villages de la région nord du pays. 

« C’est au Nord que se situe le problème majeur, » explique le coordonnateur national du programme d’éradication au Mali, le Dr Gabriel Guindo. « L’éradication à Gao, Tombouctou et Kidal est problématique en raison de problèmes de sécurité dans ces régions. Il est également difficile d’y intervenir en raison de la rareté des eaux souterraines. »

Des stratégies multiples

Malgré ces défis, l’éradication du ver de Guinée est possible grâce à une stratégie en trois temps. Elle commence avec une campagne de sensibilisation destinée à modifier les comportements en encourageant l’utilisation de filtres lors du prélèvement de l’eau. Lorsqu’aucun filtre n’est à disposition, on peut empêcher le ver de s’introduire dans le récipient d’eau familial en faisant passer l'eau à travers un tissu. 

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Des agents de santé extraient en l'enroulant, un ver de Guinée du corps d'un patient à Gao au Mali.

Ensuite, les malades reçoivent un traitement dans des centres de confinement, où ils sont temporairement gardés à l’écart des sources d’eau locales afin de limiter la propagation du parasite. Les patients isolés reçoivent un traitement médical ainsi qu’environ 4 dollars des É.-U. par jour, pour les encourager à recevoir les soins tout en étant séparés de leurs familles.

L’UNICEF Mali travaille aussi avec les partenaires locaux pour accroître le nombre de puits disponibles, puisque l’accès à une eau potable salubre est essentiel pour limiter l’utilisation d’eaux potentiellement contaminées.

Grâce à ces mesures et à l’appui d’un changement comportemental local, l’UNICEF et ses partenaires espèrent une éradication totale du ver de Guinée d’ici deux ans.


 

 

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