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| © UNICEF Kenya/2011/Monier |
| Fatima Suthi et trois de ses enfants dans leur uniforme d’école devant la hutte où ils habitent à Labisigale, un village proche de Dadaab, Kenya. De g. à d. : Nasri, 10 ans, Hamid, 4 ans, Mme Suthi et Bishara, 6 ans. |
Par Cifora Monier
DADAAB, Kenya, 3 octobre 2011 – « La dernière fois que j'ai vu la pluie, c’était il y a cinq ans », dit Fatima Suthi, 50 ans, une mère de huit enfants qui vit dans le village de Labisigale, à 15 km de la ville de Dadaab dans le nord-est du Kenya. Dadaab, qui accueille plus de 400 000 réfugiés de Somalie dans trois camps, est maintenant considérée comme la cité de réfugiés la plus peuplée du monde.
Mais les communautés pastorales de la région affrontent elles aussi la sécheresse et l'insécurité. Beaucoup ont perdu leurs moyens de subsistance, c’est-à-dire leur bétail, et doivent s'adapter à de nouveaux modes de vie.
« Nous vivions dans le Waraha Labisigale, à deux heures à pied d'ici », explique Mme Suthi. « J'avais plus de 200 chèvres et 50 vaches. Nous avons tout perdu, tous nos animaux. Ils sont tous morts à cause de la sécheresse ».
Des projets soutenus par l’UNICEF
Heureusement pour Mme Suthi, elle avait des parents qui vivaient dans le village de Labisigale et qui ont pu l’accueillir, elle et sa famille. « Il y a beaucoup de familles qui ont souffert comme moi, qui sont venus à Labisigale », dit-elle. « Certaines sont mieux loties que d’autres, certaines n'ont rien. Nous sommes venus nous installer ici en quête d'eau. "
Mme Suthi, qui descend d’une famille d’éleveurs qui vivent dans la région depuis de nombreuses générations, a été obligée de venir au village. Mais elle et sa famille bénéficient des projets d'eau, d'assainissement et d'hygiène auxquels l'UNICEF apporte son soutien pour améliorer la situation des familles touchées par la sécheresse au Kenya.
Ce déplacement à Labisigale a également permis d’améliorer l’accès de ses enfants à l'éducation.
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| © UNICEF Kenya/2011/Monier |
| Avec l’appui de l’UNICEF, on creuse un puits de sonde à l’école de Labisigale consacrée au développement de la petite enfance. Le puits servira aux élèves et à la communauté locale. |
« Je suis née à Dadaab, et mon père a refusé de me laisser aller à l'école quand j'étais enfant », se souvient-elle. « Quand nous sommes arrivés à Labisigale, le directeur de l'école est venu parler à mon mari et à moi. Il nous a dit qu'il y avait une école dans le village et que les enfants pouvaient y aller. Sur mes huit enfants, trois y vont ».
Pour la première fois
A Labisigale, l’école pour le développement de la petite enfance a ouvert ses portes aux enfants du village et à ceux des villages voisins en février de cette année. Il y a maintenant 263 élèves chaque jour - 157 garçons et 106 filles. C’est la première fois que 221 d’entre eux ont eu l'occasion de s'inscrire à l'école.
L'UNICEF a construit l'école avec des fonds du Gouvernement japonais. Il y a quatre salles de classe et des latrines séparées pour filles et garçons. Beaucoup d'élèves, comme les enfants de Mme Suthi par exemple, étaient des éleveurs et des bergers. Beaucoup de filles restaient à la maison pour s’occuper des tâches ménagères.
Les étudiants de Labisigale sont en classe chaque jour de 8 heures à midi. Ils reçoivent tous un déjeuner avant de rentrer chez eux. A la maison, la plupart des filles font des corvées ménagères tandis que les garçons vont généralement faire paître les animaux ou assister à des classes de Coran.
Aujourd'hui, l'UNICEF est en train de forer un puits pour l'école - une tâche difficile dans ce terrain rocheux. Le puits desservira l'ensemble de la communauté. Si le travail se poursuit conformément au plan, il pourrait y avoir de l'eau pour l'école et la communauté dans les prochaines semaines.
« Nous avons de l’eau ici »
« Je ne retournerai jamais au Waraha Labisigale », dit Mme Suthi. « Je n'ai plus d'animaux, et ça me fait trop mal. L'eau, c’est la vie, et nous avons de l'eau ici. Avec le point d'eau si près, dans l'école, ce sera très bon pour nous. Nous serons heureux d'avoir de l'eau tout le temps ».
Elle est également fière que ses enfants aillent à l'école pour la première fois.
« Si j’avais pu aller à l'école et y recevoir une éducation, je pourrais vous parler directement, sans passer par un interprète », dit-elle à un visiteur en somali. Et elle ajoute qu’elle tient à ce que ses enfants « deviennent des gens importants plus tard ».
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