Eau, assainissement et hygiène

Le manque d'eau salubre, une épreuve pour les enfants du Kosovo

Image de l'UNICEF
© Vidéo UNICEF
Les enfants et les familles dues zones rurales du Kosovo ont beaucoup de mal à trouver des sources d'eau salubre.

Par Peter George

OBRI, 13 juillet 2009 – Chaque jour, Shukrije Xhemajli se demande si l'eau que boivent ses enfants les rendra malades. Déjà, l'un de ses deux fils a échappé de peu à la mort à la suite d'une méningite certainement contractée à partir de l'eau qu'il boit dans le puits familial. C'est une crainte qui ne la quitte jamais.

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Comme environ 40 pour cent de la population rurale du Kosovo, Shukrije n'a pas l'eau courante et elle dépend d'un puits se trouvant dans sa cour pour tous les besoins de sa famille. Plus loin au bas de la pente qui conduit à sa maison, il y a un puits plus ancien mais elle est tellement sûre que cette eau est souillée qu'elle ne l'utilise pas, même pas pour la vache familiale.

« Que puis-je dire ? » demande-t-elle. « Ce serait mieux d’avoir plus d’eau potable. Pour tout le monde, non seulement pour ma famille, mais en général. Et en avoir en quantités suffisantes, pas comme maintenant : goutte par goutte. »

Faire face à la pénurie

Plus haut sur la route, à un kilomètre de là, vit la famille Demaku, une famille nombreuse de 22 personnes. Le père, Hazir, est assis à côté d'un puits familial. Le niveau de l'eau est bas malgré l'abondance des pâturages qui entourent la propriété.

« Vous pouvez faire face à beaucoup de pénuries, » dit-il, « mais il est difficile de vivre avec une pénurie d'eau. Si vous venez ici dans un mois, vous verrez la différence et l'eau du puits disparaîtra. »

La famille d'Hazir Demaku n'a qu'une seule possibilité quand l'eau vient à manquer. Ses fils mettent en marche le tracteur familial et parcourent cinq kilomètres en tirant une remorque remplie de bidons vides en plastique jusqu'à une source sûre. Les jeunes gens passent une partie de la matinée au moins deux fois par semaine à remplir les bidons et à les ramener à la maison, tout comme les nombreuses autres familles qui vivent dans les environs.

Ce qui fait l'UNICEF

L'UNICEF est préoccupé par les milliers d'enfants qui vivent dans les zones rurales sans accès à de l'eau potable.
 
« 60 pour cent des écoles n'ont pas d'eau potable, » dit la responsable intérimaire de la mission de l'UNICEF au Kosovo, Tania Goldner. « Qu'est ce que cela signifie pour les enfants ? Cela veut dire que leur santé est affectée, que leur croissance et leur développement sont affectés. »

L'école d'Obri, qui a été construite avec des fonds de l'UNICEF, dispose d'eau courante. Mais même ici, les enfants apprennent les principes fondamentaux d'hygiène et à utiliser chaque jour l'eau prudemment.

Dans les classes de maternelle, Shehide Demaj, une enseignante, verse un filet d'eau d'une bouteille en plastique de deux litres sur les mains de ses enfants avant qu'ils s'assoient pour manger les repas que leurs mères ont emballés pour eux. Elle dit qu’en dépit des précautions prises, le problème des sources d'eau suspectes reste grave.

« Il existe différentes maladies provoquées par une eau contaminée, » dit-elle. «  Les infections intestinales, les douleurs d'estomac, les maladies cutanées et diverses autres sortes d'affections. »

L'eau salubre est un droit

Le représentant de la municipalité locale, Ilir Demaku, dit que des promesses ont été faites pour que l'eau arrive jusqu'à Obri mais il ne sait pas quand. On lui a dit que ce serait pour bientôt mais il dit aussi qu'on lui a dit cela avant à de nombreuses occasions et que rien ne s'est encore produit.

« Nous savons tous que c'est une région avec de vrais problèmes en ressources en eau, » dit Ilir Demaku. «  Nos procédés sont très anciens et l’eau que nous tirons de nos puits n'est pas totalement propre et désinfectée de façon correcte. »

L'eau potable devrait être un droit pour les enfants d'Obri en vertu de la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant, qui a vingt ans cette année. Mais tant que les autorités n’auront pas trouvé un moyen d'approvisionner en eau salubre le village et sa région, les maladies liées à l'eau insalubre continueront à être endémiques et le long trajet jusqu'à la source restera une nécessité absolue.

Image de l'UNICEF
© Vidéo UNICEF
Cette école d'Obri, soutenue par l'UNICEF, a désormais l'eau courante et salubre.

 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage de Peter George, de l'UNICEF, sur la lutte menée par le Kosovo pour s'assurer des réserves d'eau potable..
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