Côte d'Ivoire

Crise politique et violence aggravée entravent les efforts humanitaires en Côte d'Ivoire

Image de l'UNICEF
© REUTERS/Luc Gnago
Des combattants patrouillent dans une rue du district d'Abobo au Nord d'Abidjan en Côte d'Ivoire. L'UNICEF réclame des fonds immédiats pour aider les enfants et les familles coincées au beau milieu de la crise politique.

Par Vivian Siu
et Gaëlle Bausson

NEW YORK, États-Unis/Dakar, Sénégal, 1er avril 2011 – Le personnel de l'UNICEF demeure piégé dans ses bureaux d'Abidjan pour la deuxième journée consécutive, alors que les forces fidèles au Président élu Alassane Ouattara mênent une attaque sur Abidjan, la capitale économique du pays, dans une tentative pour évincer le Président sortant Laurent Gbagbo et mettre fin à une impasse politique qui dure maintenant depuis quatre mois et un jour.

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Les pillages, le vandalisme et les incendies continuent aux alentours du bureau de pays de l'UNICEF à Abidjan et dans l'ouest du pays, empêchant le personnel de porter secours aux enfants et aux femmes mises en danger par les confrontations violentes et l'interruption des services essentiels, comme les campagnes de vaccination.

La situation est extrêmement volatile « Il y a beaucoup de tirs autour du bureau », déclare le spécialiste UNICEF des urgences Marc Salvail dans une interview radio. « Un centre commercial voisin du bureau, qui était le principal lieu d'approvisionnement du personnel, a été entièrement détruit par le feu. On nous a également rapporté que des gens ont été tués et que leurs cadavres gisent toujours dans les rues ».

Une aide aux déplacés et aux réfugiés

Environ 1 million de personnes, en majorité des enfants et des femmes, ont fui les violences pour trouver refuge dans les églises et les missions catholiques, ou chercher asile au Liberia, en Guinée et au Ghana. Pour la seule Abidjan, environ 500 000 personnes ont été déplacées depuis le début de la crise politique – et « en quelques derniers jours, 120 000 personnes ont été enregistrées dans les camps de réfugiés et dans des familles d'accueil », déclare Marc Salvail.

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© REUTERS/Luc Gnago
À Abidjan, des migrants font la queue pour un transport afin de regagner leur pays d'origine. Des milliers de gens fuient la violence dans la capitale économique de la Côte d'Ivoire.

Malgré ces difficultés, l'UNICEF s'efforce de fournir les enfants et les familles affectés en eau, compléments nutritionels, en fournitures d'hygiène et autres. Les médicaments essentiels et les services de santé de base sont aussi une priorité clé depuis que la plupart, si ce n'est la totalité, des centres de santé du pays ont dû fermer.

« Dans ce contexte d'escalade de la violence à Abidjan, l'UNICEF a toutefois été en mesure d'acheminer deux camions là où nous savions pouvoir atteindre des mères et des enfants affectés », continue Marc Salvail. « Les camions ont livré quelques articles essentiels, dont des biscuits fortifiés BP5, ainsi que des seaux pour aller chercher l'eau et des matelas pour que les gens puissent dormir ».

Des financement insuffisants

Il est urgent que l'UNICEF maintienne une présence active en Côte d’Ivoire et fournisse une aide immédiate aux enfants et aux familles affectées par la crise. L'agence a besoin de 22 millions de dollars pour satisfaire les besoins humanitaires les plus urgents dans les domaines de la santé et de la nutrition; de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène; et de l'éducation.

L'UNICEF intervient pour garantir la mise à disposition d'une eau saine et de kits d'hygiène à 1,5 million de personnes, plus des fournitures scolaires et la formation des enseignants pour 1,2 million d'enfants. L'organisation travaille également avec des partenaires pour maintenir fonctionnels au moins 200 centres de santé, pour fournir des soins de santé maternelle et infantile de base pour prévenir un scénario potentiel d'effondrement complet du système de santé.

« Aussitôt que possible, nous tenterons d'accéder aux populations, peut être un million de personnes, pour leur apporter une aide d'urgence indispensable à leur survie » ajoute Marc Salvail.


 

 

Audio (en anglais)

Avril 2011 : Marc Salvail Spécialiste senior des urgences à l'UNICEF nous parle de la difficulté d'apporter une aide immédiate aux enfants et aux familles, comme lui-même et un collègue restent bloqués dans le bureau de l'UNICEF à Abidjan en Côte d'Ivoire pour la deuxième journée consécutive.
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