Tunisie

À la frontière tunisio-libyenne, l'aide aux familles de migrants qui cherchent à rentrer dans leur pays

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tunisie/2011/Khadivi
(De gauche à droite) Laika en compagnie de deux de ses enfants, Nour Huda Al-, 6 ans et Hayat, 8 ans. Après avoir vécu 11 ans à Tripoli en Libye, Laika a fui les violences et est parvenue avec sa famille la semaine dernière au camp de transit d’Ataawan à la frontière tunisio-libyenne.

RAS JDIR, Tunisie, 4 avril 2011 – Dès l'instant où ils pénètrent sous une tente dans le camp de transit d'Ataawan à la frontière tunisio-libyenne, le sourire radieux de Laika et de ses six enfants attire l'oeil.

Mais il devient vite évident que Laika est la seule responsable de ces sourires.  Elle essaye d'entretenir le moral de ses enfants en faisant des plaisanteries et en les étreignant. La nuit n’a pas été facile pour la famille qui a peiné à trouver le  sommeil, alors que la pluie tambourinait sur leur petite tente.

Fuir la violence

Après avoir vécu à Tripoli pendant 11 ans, Laika, son mari et leurs enfants sont montés à bord d'un bus, en début de semaine. Puis, ils ont traversé la frontière avec la Tunisie dans l'espoir de rejoindre le Soudan, leur pays d'origine.

« Les écoles sont fermées et la situation est très tendue », raconte Laika. « C'est difficile pour les enfants de vivre dans un tel environnement. Je suis reconnaissante à Dieu que nous tous, ma famille et moi, nous puissions partir ensemble avant que la situation n'empire ».

Laika et sa famille est arrivée à Ataawan le camp de transit pour s'enregistrer et séjourner une nuit, mais cela fait maintenant trois nuits.

Il existe deux camps vers lesquels ils pourraient bouger ensuite. Le premier est un petit camp géré par la Société du Croissant-Rouge des Émirats arabes unis, et qui compte actuellement plus de 1300 personnes, soit 120 familles. L'autre option,  c'est Shousha, le plus grand camp de transit au Sud de la Tunisie, qui accueille actuellement plus de 7300 personnes, soit 352 familles.

Shousha héberge tellement de monde, même si c'est en majorité des hommes, ouvriers migrants, qu'il a fallu allouer des sections du camp aux familles avec enfants.

Ces deux camps de transit, sont conçus pour à la fois fournir des soins temporaires aux migrants qui cherchent à rentrer dans leurs pays d'origine, et pour, en même temps que les départs, accueillir les nouveaux arrivants venus en grand nombre de Libye et des autres pays avoisinants.

En Libye

Les gens qui entrent en Tunisie en fuyant la Libye disent que des enfants ont été tués et blessés à la suite des hostilités à l'intérieur du pays. Des rapports non confirmés disent également qu'il y aurait des centaines de déplacés intérieurs. En l'absence d'une véritable présence des humanitaires sur place, il a été impossible de vérifier ces affirmations.

« L'UNICEF s'inquiète vraiment beaucoup de l'impact des violences actuelles sur les enfants et les communautés en Libye », affirme la représentante de l'UNICEF en Tunisie, Maria-Luisa Fornara, qui récemment a visité le camp de Shousha pour y rencontrer les familles et réévaluer l'action d'urgence de l'UNICEF.

Selon le dernier rapport de l'ONG  Human Rights Watch, les forces gouvernementales en Libye ont posé des mines terrestres le long de la route principale entre Ajdabiya et Benghazi, les deux villes importantes du nord-est du pays. Ceci constitue une menace directe pour les populations civiles de la région qui souvent empruntent cette route à pied ou en voiture.

L'action de l'UNICEF

Grâce aux ONG partenaires présentes dans Benghazi, l'UNICEF peut répondre aux besoins immédiats des populations à l'intérieur de la Libye en distribuant du matériel d'urgence comprenant des kits de santé, des kits pour le développement de la petite enfance et des kits récréatifs pour les enfants. Des fournitures supplémentaires sont aussi pré-positionnées sur les frontières tunisiennes et égyptiennes avec la Libye, et une équipe se tient prête à entrer en action aussitôt que l'accès en toute sécurité sera  garanti.

Dans les camps sur la frontière tunisio-libyenne, l'UNICEF et ses partenaires, en collaboration étroite avec les autorités locales, continuent de coordonner et de garantir aux familles un accès à l'eau potable, à des latrines ainsi qu'à des installations pour le bain.

Des kits d'hygiène sont distribués et des messages en faveur de la pratique d'une bonne hygiène personnelle sont diffusés pour prévenir la transmission des bactéries responsables des diarrhées et des autres maladies évitables. Une campagne de vaccination bat également son plein pour immuniser les enfants de moins de deux ans contre la rougeole, la polio, la diphtérie, le tétanos, la tuberculose et d'autres maladies.

En complément, des espaces d'accueil « Amis des enfants » ont été établis dans le cadre du soutien psychosocial actuellement mené pour recréer un minimum de normalité dans la vie de ces enfants bloqués aux frontières dans une situation précaire. À Shousha, l'équipe de protection de l'enfance de l'UNICEF cherche également à encourager l'établissent d'un espace éducatif pour les enfants en âge scolaire.

Aller de l'avant

Pour Laika et sa famille, le retour au Soudan sera difficile, car beaucoup de ses enfants sont nés et ont grandi en Libye. Ils en sont encore à s'adapter au fait d'avoir dû fuir leur école et leurs amis de Tripoli. Maintenant, ils devront reconstruire leurs vies.

« Les services administratifs étaient fermés pour des raisons de sécurité, aussi je n'ai pas pu obtenir les dossiers scolaires de mes enfants. Mais j'espère tout de même que nous pourrons les inscrire dans une école au Soudan, afin qu’ils ne perdent pas leur année scolaire », explique Laika, qui tâche de garder le sourire en contemplant ces enfants qui  s'égayent en courant autour de la tente.


 

 

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