Une aide pour les enfants etles familles déplacées par les combats dans la Vallée de Swat au Pakistan

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2009/Paradela
Parmi les déplacés par les combats dans le nord-ouest du Pakistan on compte une majorité d'enfants et de femmes.

Par Antonia Paradela

CAMP DE JALALA, Pakistan, 11 mai 2009 – Kiyanet, une fillette de 10 ans, marche avec détermination au milieu d'un groupe d'hommes qui attendent une distribution d'aide humanitaire. Tout près, des familles nouvellement arrivées, en sueur et couvertes de poussière, essayent de se faire enregistrer dans ce camp de déplacés du district de Mardan dans le nord-ouest du Pakistan.

Ils arrivent des districts avoisinants du Swat, où une offensive de l'armée contre des militants a provoqué l'exode de dizaines de milliers de personnes.

AUDIO : écouter maintenant

Selon des sources gouvernementales et humanitaires à peu près 800 000 personnes auraient été déplacées par les opérations militaires en cours dans la Vallée de Swat. Fuyant la dernière escalade des hostilités, ces personnes rejoignent ainsi les 55 5000 Pakistanais déjà déplacés  depuis août 2008, abandonnant leurs maisons dans la Province de la Frontière du Nord-Ouest et dans les régions tribales pour aller vivre dans des camps et  des communautés d'accueil.

« J'ai cru mourir »
Cheminant à travers  le camp de Jalala, Kiyanet cherche des tapis de sol. Sa famille a reçu une tente mais elle continue de s'asseoir à même la terre, applatissant les souches des plantes sur ce qui était il y a peu encore des terres cultivées. Le camp de Jalala a été établi il y a quelques jours seulement.

La famille est arrivée l'après-midi la veille. Mascun Akhtar, la mère de Kiyanet, s'est enfuie avec ses six enfants de Mardan après que leur maison ait été endommagée pendant les  combats. Son mari, un chauffeur, était parti plus tôt pour évacuer la famille de son employeur.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2009/Paradela
Kiyanet, 10 ans, a cru qu'elle allait mourir quand la maison de sa famille s'est trouvée prise sous le feu des combats. La famille a alors fui vers un camp de déplacés.

« J'étais si effrayée par les  bombardements que j'avais l'habitude de me cacher dans les toilettes, » se rappelle  Kiyanet. « J'ai cru mourir. »

Quand la maison familiale a été touchée par des obus de mortier, Kiyanet a quitté sa cachette, est tombée sur le sol et s'est blessée au visage. Tout le monde dans le village a dû fuir.


Il faut aider d'urgence les enfants
Les déplacés par le conflit en cours dans les districts de Swat, de Dir inférieur et de Buner, des centaines de familles comme celle de Kyanet, continuent d'affluer chaque jour à Jalala et dans d'autres camps.  Plus de la moitié de ces déplacés sont des enfants qui ont besoin d'urgence d'une assistance humanitaire.

« Fuyant l'incertitude, la violence et la terreur, beaucoup de ces familles nouvellement déplacées sont arrivées avec leurs seuls vêtements sur le dos, » a déclaré le Représentant de l'UNICEF au Pakistan Martin Mogwanja.

« Il est impératif d'apporter rapidement à ces milliers d'enfants les services dont ils ont besoin en matière de santé, d'assainissement, d'appui et d'éducation,» a-t-il ajouté.

Une aide coordonnée des Nations Unies
L'UNICEF et ses partenaires font partie de l'aide coordonnée des Nations Unies pour s'assurer que les enfants déplacés aient accès à l'eau et à l'assainissement, à la vaccination et à l'école, ainsi qu'à une protection contre les abus ou l'exploitation.

À la suite de la dernière vague de déplacements, l'UNICEF a  livré des citernes d'eau et des latrines dans trois nouveaux camps. Il assure aussi le contrôle des enfants non-accompagnés et  orphelin, et des ménages monoparental dirigés par des femmes, comme celui de Kiyanet. De plus, l'UNICEF soutient les équipes qui, aux points de transit, ont déjà vacciné plus de 10 000 enfants contre la poliomyélite.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2009/Paradela
L'UNICEF fournit de l'eau aux familles nouvellement déplacées des camps situés à proximité des secteurs affectés par le conflit dans le nord-ouest du Pakistan.

Afin d'assurer un retour à la normale dans la vie de ces enfants, l'UNICEF aide aussi à établir trois écoles primaires et fournt des fournitures scolaires dans deux nouveaux camps de déplacés.

Besoin d'une aide supplémentaire
Pour le moment, Kiyanet dit qu'elle est heureuse au camp, comparé à ce qu'elle et sa famille ont vécu dans leur village. Mais il faudra apporter une aide supplémentaire si l'on veut répondre aux besoins immédiats des familles nouvellement déplacées, comme celle de  Kiyanet, et également pouvoir continuer d'aider ceux qui avaient été déplacés précédemment.

En attendant qu'intervienne un nouvel appel de médiation de l'ONU, l'UNICEF lance dès à présent un appel de 10 millions de dollars de fonds d'urgence pour répondre à la crise dans le nord-ouest du Pakistan.


 

 

Español Français

Audio (en anglais)

11 mai 2009 : Le Représentant adjoint de l'UNICEF au Pakistan Luc Chauvin nous parle de la crise que provoque le déplacement des populations dans le nord-ouest du Pakistan.
AUDIO écouter

Liens

Appels de fonds et interventions humanitaires en faveur du Pakistan