Les adolescents du Rwanda prennent part à la commémoration du 15ème anniversaire du génocide

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Au Stade de la Paix Amahoro de Kigali au Rwanda, les lumières de bougies vues du ciel pendant la cérémonie du 7 avril 2009 qui marquait le 15ème anniversaire du début du génocide rwandais.

NEW YORK, États-Unis, 17 avril 2009 - Vanessa Umubyeyi, âgée aujourd'ui de 15 ans, avait seulement un mois quand le génocide a éclaté au Rwanda, pour autant, elle connait les histoires par coeur.

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En mai 1994, un groupe d'hommes armés de fusils, de clubs et de machettes s'est rendu à la maison de leur famille.

En mai 1994, un groupe d'hommes armés de fusils, de clubs et de machettes est venu à la maison. « Mon père a tout fait ce qu'il pouvait pour nous sauver, » raconte-t-elle. « Nous vivions dans Nyamirambo quand ils l'ont pris. Nous ne savons pas exactement comment il a fini. »

Le père de Vanessa a été l'une des victimes parmi les centaines de milliers de Rwandais tués pendant la  vague de violence et de terreur qui a submergé ce petit pays pendant 100 jours, il y a 15 ans de cela ce mois-ci.

« Il y avait tellement de cadavres »
Chaque année en avril, alors que le Rwanda commémore l'anniversaire du génocide, la mère de Vanessa raconte les histoires de la famille de manière que sa fille n'oublie jamais.

« Il y avait tellement de cadavres » raconte Vanessa. « Les voitures roulaient sur les corps. Et ils y avait des enflant pleurant après leur mère, même si elle était déjà morte. Il y avait des femmes cherchant leur mari même s'il étaient déjà morts. 

Il y avait des gens qui ayant perdu tout espoir, se sont jetés dans la rivière Nyiragongo, » ajoute-t-elle. « Ils espéraient que la rivière les mènerait vers un pays où règnerait la paix. »

Les témoignages des survivants
Le fait même que Vanessa soit toujours vivante est une victoire de l'espoir sur le désespoir. Pendant le mois de commémoration, elle a recueilli un certain nombre de témoignages parmi les millions de Rwandais qui ont survécu au génocide.

« Nous avons simplement participé à une veille pour la commémoration, » dit-elle. « Nous avons allumé des cierges dans le stade [de Kigali]. Nous avons essayé d'apporter l'espoir aux enfants qui sont seuls sans famille. Nous avons montré au monde que tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir. »

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Chaque année en avril, le Rwanda commémore l'anniversaire du génocide, par des cérémonies, des témoignages et des programmes éducatifs, dont beaucoup sont destinés aux enfants.

Vanessa et ses amis ont mis leurs histoires par écrit et les ont partagées avec une nouvelle génération de Rwandais. « Nous avons écrit tout ce que nos parents nous ont raconté, » dit-elle, « parce qu'il y a des enfants qui étaient bébés et ne savent rien du génocide. »

Message au monde : « plus jamais cela »
Vanessa pense qu'en faisant du mois d'avril, un mois de deuil, c'est une façon de respecter les morts du génocide et d'apprendre à continuer à vivre.

« C'est important parce que le chagrin nous permet de montrer notre reconnaissance à nos parents et soeurs, amis et famille morts pendant le génocide, » dit-elle. « Il est aussi important de réfléchir de façon critique à ce qui est arrivé. Cela donne une chance aux responsables de  demander pardon. »

Au stade national de Kigali qui était le site d'un camp de réfugiés improvisé et d'un hôpital pendant le génocide, Vanessa a offert son témoignage aux enfants rassemblés pendant la cérémonie de commémoration du 7 avril.

« J'ai envoyé mon message au monde entier : “plus jamais cela”. Et j'ai dit à ces enfants de ne jamais perdre leur volonté de vivre, » se souvient-elle, « parce que lorsque nous étions des bébés nous avons survécu à la guerre. Maintenant que nous sommes plus vieux, c'est plus facile. »


 

 

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7 avril 2009 : Une survivante du génocide,Vanessa Umubyeyi, 15 ans, parle de l'importance de toujours garder espoir même aux pires heures de terreur.
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