Rwanda

Pour commémorer la Journée de l’enfant africain, les enfants rwandais apprennent et jouent

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© UNICEF/2008/Douglis
Des enfants rwandais lors d’une commémoration par Amani Africa de la Journée de l’enfant africain.

Par Carole Douglis

KIGALI, Rwanda, 17 juin 2008 – Lors d’événements sportifs, de réunions scolaires et de rassemblements culturels se déroulant dans tout le pays, enfants et adultes ont commémoré cette semaine la Journée de l’enfant africain. Ce jour férié dans tout le continent rend hommage aux enfants d’Afrique du Sud qui ont déclenché le soulèvement de Soweto en 1976, beaucoup d’entre eux ayant sacrifié leurs vies.

« Il y a trente-deux ans, les enfants d’Afrique du Sud sont descendus dans les rues pour s’élever contre le fait que, dans les écoles, leurs voix n’étaient pas entendues, qu’ils faisaient l’objet de discrimination, qu’ils n’avaient pas de droits, » a déclaré Patrice Demoustier, le Directeur des opérations d’UNICEF Rwanda, lors d’une cérémonie organisée dans la Province du Sud et à laquelle assistaient des enfants et des représentants du gouvernement.

« Ils ont rallié à eux leurs parents, leurs aînés et leur pays pour détruire l’apartheid. On se souviendra toujours du 16 juin comme de la journée où les voix des enfants ont été entendues, » a ajouté Patrice Demoustier.

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Des enfants participant aux activités de la Journée de l’enfant africain au Rwanda regardent un match de football d’une perspective plus élevée.

Les enfants revendiquent leurs droits

Cette année, la Journée de l’enfant africain avait pour thème, très à propos, la participation de l’enfant dans la société civile. Samedi, lors d’une commémoration dans une cour d’école de la banlieue de Kigali, plus de cent enfants rwandais ont montré qu’ils sont en train d’apprendre ce que sont leurs propres droits et de conquérir leur propre voix.

« Qui peut me dire quels sont les droits de l’enfant, » a demandé Charles Nkazamyambi aux jeunes regroupés sur une « estrade » envahi d’herbe où ils venaient juste de se produire et d’assister à des sketches destinés à convaincre les parents que les enfants doivent aller à l’école. Charles Nkazamyambi représente la Fondation Sport et culture pour la paix dans la région des Grands Lacs.

Les réponses des jeunes fusent :

« Nous avons le droit d’être protégés de la violence! »

« Tous les enfants ont le droit d’aller à l’école! »

« Le droit de manger et de vivre! »

« Le droit d’exprimer nos opinion! »

« Le droit de prier où nous voulons! »

« Le droit de ne pas être obligé de travailler! »

« Le droit de jouer! »

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Des matches de football comme celui-ci près de Kigali attire les enfants à des manifestations où ils prennent aussi connaissance de leurs droits.

Les réunions hebdomadaires renforcent l’éducation

Chaque samedi matin, la fondation, qui s’appellera bientôt Amani Africa (en swahili, Amani est le terme pour « paix »), attire environ 2 000 enfants lors d’activités dans dix endroits différents autour de Kigali. Disposant de peu d’autres occasions pour jouer et fraterniser, les enfants vulnérables et non scolarisés sont spécialement attirés par les réunions du samedi.

Après des matches de football et de volley-ball, les enfants mettent en place des jeux de rôle à propos de l’unité, du sexe, des préjugés, de l’éducation, du VIH et du SIDA et d’autres sujets faisant partie du programme de la fondation. Les sketches ont déclenché des discussions passionnées.

« Le sport attire les enfants et les aide à s’intégrer dans une équipe », affirme Charles Nkazamyambi qui a passé plus d’une décennie à sillonner le monde comme athlète professionnel. « Après cela, ils sont ouverts, prêts à écouter et à s’exprimer sur des questions importantes. »

« Des enfants m’ont dit qu’ils emmènent aussi chez eux ce qu’ils ont appris,» a-t-il ajouté. « S’ils entendent un membre de leur famille condamner un autre groupe, ils diront par exemple : ‘Non, j’ai appris que c’est mal. Nous ne sommes pas différents d’eux.’ »

Des enfants mènent la discussion

Grâce au efforts du gouvernement et à des initiatives comme celle d’Amani Africa et l’ONG soutenue par l’UNICEF, le Droit de jouer, le Rwanda est un des pays en tête de l’Afrique en terme de participation des enfants.

Des représentants de la jeunesse ont par exemple écrit un chapitre sur les enfants dans la Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté du pays. Chaque district dispose en outre d’un Forum pour les enfants afin de les conseiller sur les problèmes des jeunes.

Au mois d’août, plus de 400 enfants représentant chaque secteur administratif du Rwanda, se réuniront à Kigali pour le cinquième Sommet annuel des enfants afin de débattre des préoccupations des jeunes et de suggérer des moyens d’actions.


 

 

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