Le sport au service du développement
Exemples de pays
GHANA : À la Feyenoord Football Academy au Ghana, des adolescents parlent à des jeunes de leur âge des dangers du VIH/SIDA et des moyens de se protéger de l'infection. Les joueurs, qui ont reçu une formation et du matériel éducatif, organisent des sessions éducatives destinées à leurs pairs au sein de l'école de football, et de façon plus importante, à leurs supporters sur les sites des tournois de football et des matchs de recrutement. Lorsque ces jeunes rentrent chez eux pendant les vacances, ils rapportent de nouvelles connaissances pratiques sur la prévention du VIH/SIDA. Dans leurs communautés, ils sont considérés comme des stars et des héros, ce qui accroît d'autant plus l'impact de leur travail.
Les éducateurs pour les pairs apprennent aussi à se connaître eux-mêmes et à développer leurs facultés d'adaptation. Si la prévention du VIH/SIDA est l'objectif ultime de cette initiative, elle aide aussi les adolescents à acquérir des aptitudes essentielles dans les domaines du règlement des problèmes, de la prise de décisions et de la réflexion critique. Elle les aide à résister aux pressions du groupe et à contrôler leurs émotions et leur stress, tout en renforçant leur confiance en eux et en leur avenir. Elle encourage les jeunes à choisir des modes de vie sains au moment du passage à l'âge adulte.
En tout, 2 156 jeunes ont reçu des informations sur les moyens de se protéger du VIH/SIDA. Dernièrement, lorsque les élèves de l'Academy (financée par le club de football de Feyenoord aux Pays-Bas) se sont déplacés au Lesotho et en Afrique du Sud à l'occasion d'un tournoi, ils en ont profité pour parler de prévention du VIH/SIDA à leurs pairs internationaux.
ROUMANIE : On estime qu'un millier d'enfants en âge d'aller à l'école vivent à Barbulesti, une communauté formée en majorité de Roms en Roumanie. Mais le taux d'abandon des filles de la 5 e à la 8e année atteint presque 50 pour cent. En 8e année, il n'y a plus que 32 pour cent de filles, et la plupart d'entre elles sont toujours absentes. Au centre d'éducation de jour géré par la Progress Foundation, une organisation non gouvernementale, le sport est un moyen de faire rester les filles à l'école et d'améliorer leur statut dans la communauté. Les enfants, entraînés par un professeur de sport, jouent dans deux équipes de football, l'une de garçons et l'autre de filles. Ils sont sélectionnés sur le critère de leur présence en classe et de leurs résultats scolaires. Le travail d'équipe a aidé les enfants à surmonter leurs différences sociales. Depuis que le programme a démarré, ils ont plus envie d'étudier et d'avoir de bonnes notes. Après un an seulement, les résultats scolaires et la présence des enfants inscrits au programme, notamment les filles, s'étaient considérablement améliorés. Ils ne pensent plus à abandonner l'école.
COLOMBIE : le projet Football pour la paix est un partenariat regroupant le Haut Commissaire pour la paix, le programme Jeune Colombie, des ministères du gouvernement et le secteur privé. Des espaces publics sont rénovés et transformés en terrains de football pour promouvoir la tolérance et le règlement des conflits. Le projet aide les communautés à comprendre que tous les enfants, y compris ceux qui sont enrôlés dans l'armée, ont des droits et qu'aucun d'entre eux ne doit être marginalisé. Pour promouvoir l'égalité des sexes, les filles et les garçons jouent dans la même équipe. Les buts ne sont comptés que si une fille au moins a touché le ballon. Cette année, près de 20 000 enfants et adolescents de 11 à 22 ans, et 5 000 entraîneurs dans 50 municipalités participent au projet Football pour la paix. On estime que ces messages de paix sont entendus par plus de 50 000 personnes en Colombie.
TURQUIE : le programme FACT (Formation pour les enfants et les familles) encourage les familles qui comptent des enfants de moins de six ans à participer ensemble à des jeux et des activités ludiques pour jeunes enfants. La famille élargie apprend l'importance de l'éducation des jeunes enfants, de la nutrition, de l'allaitement maternel et du jeu. En comprenant mieux les besoins physiques, psychologiques et cognitifs de leurs enfants, les familles sont incitées à créer un milieu stimulant, interactif et propice à l'apprentissage des jeunes à la maison.
ZIMBABWE : le programme d'Éducation des jeunes à travers le sport (YES), animé par des jeunes, demande à ses participants de s'engager à rester à l'école et à accomplir des travaux bénévoles dans leur communauté. Lancé dans tout le pays et soutenu par la Commission du Zimbabwe pour le sport et les loisirs, ainsi que par des partenaires nationaux et internationaux, il réunit des jeunes dans le cadre du sport pour leur offrir une éducation sur le VIH/SIDA et les problèmes qui y sont liés. Par exemple, il inculque aux jeunes des compétences nécessaires sans la vie courante, et les prépare à devenir éducateurs pour les pairs et à servir de modèles dans leurs communautés. Depuis 2000, 25 000 jeunes, dont la moitié sont des filles, ont bénéficié de ce programme.
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