Centre de presse
La Directrice de lUNICEF exhorte les dirigeants
politiques à investir en faveur des enfants,
qui détiennent les clés du développement
mondial et de la stabilité
Cette déclaration est faite à quelques
jours dune grande conférence des Nations
Unies sur les enfants
New York, le 2 mai 2002 Les dirigeants mondiaux
doivent fermement sengager en faveur du bien-être
de leurs enfants et, surtout, concrétiser ces
promesses par des actes, a affirmé aujourdhui
la Directrice du Fonds des Nations Unies pour lenfance.
Dans des commentaires précédant la conférence
sur les enfants la plus importante depuis plus dune
décennie, Carol Bellamy, Directrice générale
de lUNICEF, a déclaré qu «
investir en faveur des enfants veut dire investir dans
un monde plus prospère et plus stable ».
« La préoccupation première des
dirigeants du monde actuel est la paix et la sécurité,
et ce que nous devons faire pour y accéder. Ce
que nous pensons, cest quils doivent investir
dans les secteurs qui concernent les enfants. Les enfants
sont le moteur du développement humain et de
la stabilité mondiale », a déclaré
Mme Bellamy. « Il est ridicule de penser quil
ny a aucun rapport entre létat du
monde actuel et le fait que des centaines de millions
denfants se voient refuser une éducation,
ne sont pas vaccinés, souffrent de malnutrition,
se font exploiter et sont astreints à un régime
de pauvreté et de violence ».
« Si nous voulons vaincre la pauvreté
et son cortège dinstabilité, nous
devons commencer par investir pour nos enfants »,
a-t-elle ajouté. « Jexhorte les dirigeants
nationaux à examiner sérieusement leur
bilan en ce qui concerne les enfants. Vos enfants vont-ils
tous à lécole ? Sont-ils tous protégés
de la maladie ? Sont-ils à labri des sévices,
de lexploitation et de la violence ? Malheureusement,
nous connaissons déjà les réponses.
Nous savons que nous avons bien du travail à
faire ».
Mme Bellamy indique que la situation déplorable
de centaines de millions denfants dans le monde
est en grande partie le résultat dune démission
des dirigeants et dun manque de dynamisme. Elle
a exhorté les dirigeants de la communauté
internationale à agir avec détermination
pour concrétiser leur engagement dans les secteurs
de la santé, de léducation et de
la protection des enfants, et ce dès la Session
extraordinaire de lAssemblée générale
des Nations Unies consacrée aux enfants, du 8
au 10 mai. Lobjectif de cette Session extraordinaire
est de placer les enfants au centre de lordre
du jour de tous les gouvernements et de mettre en lumière
le lien qui existe entre le bien-être des enfants
et le développement des sociétés.
Plus de 60 chefs dEtat et de gouvernement et
170 délégations de haut niveau sont attendus
à ce rassemblement, qui sinscrit dans le
suivi du Sommet mondial pour les enfants de 1990. Près
de 350 enfants délégués prendront
également part aux débats officiels et
à des dizaines de manifestations parallèles,
en compagnie de plus de 2 000 délégués
représentant les organisations non gouvernementales
denfants.
Ce que nous apprennent les statistiques
De statistiques récemment compilées par
lUNICEF, il ressort que la situation des enfants
dans le monde est inquiétante. Un enfant sur
douze meurt avant lâge de cinq ans, souvent
de causes que lon pourrait aisément prévenir.
Les niveaux de malnutrition ont à peine baissé
en Asie et en fait augmenté dans lAfrique
sub-saharienne depuis 1990. Environ un individu sur
six na pas deau potable et deux sur cinq
nont pas de système sanitaire satisfaisant,
la majorité dentre eux étant des
enfants. Presque 120 millions denfants échappent
à la scolarisation.
La directrice de lUNICEF a indiqué que
le financement demeurait un des secteurs clés
où les gouvernements ne se montraient pas à
la hauteur de leurs engagements. « De nombreux
gouvernements naccordent simplement pas aux enfants
les ressources quil méritent et
ceci est vrai des pays en développement comme
des pays donateurs », signale Mme Bellamy. «
Il faut que les gouvernements des pays en développement
consacrent une plus grande partie de leur budget aux
services sociaux de base comme la santé et léducation.
Les pays riches peuvent aider en accélérant
lallégement de la dette et en affectant
davantage de crédits à ces mêmes
services ».
La Session extraordinaire produira une déclaration
et un plan daction destinés à améliorer
le bien-être des enfants dans les dix années
à venir. Ce document final, Un monde digne des
enfants (disponible à www.unicef.org/specialsession),
qui doit encore être approuvé par tous
les Etats Membres des Nations Unies, sagence autour
de 21 objectifs portant sur la santé des enfants,
leur éducation, leur protection et la prévention
du VIH/SIDA. Parmi les principaux objectifs figurent
la réduction de la mortalité infantile
et maternelle, la généralisation de laccès
à leau potable et aux services sanitaires
et laccès à une éducation
primaire universelle.
« Nous avons 21 objectifs auxquels les dirigeants
de la communauté internationale peuvent se rallier.
Mais comment passer des résultats mitigés
daujourdhui à un véritable
succès demain ? », a demandé Mme
Bellamy. « Ce sont nos dirigeants qui feront la
différence. Il faut quils fournissent un
engagement réel, un suivi réel et des
mesures réelles en faveur des enfants. Et cest
ici, à cette Session extraordinaire de lAssemblée
générale, quil faut quils
commencent, ici quils doivent renouveler leur
engagement ».
Les citoyens appuient le changement
La responsabilité des gouvernements sera un
des principaux sujets de la Session extraordinaire.
Mme Bellamy a évoqué le succès
qua remporté une campagne dadhésion
aux droits des enfants et à leur développement
appelée « Dire oui pour les enfants »,
qui a lannée dernière rassemblé
près de 100 millions de signatures dans le monde
entier. Ces signatures seront remises aux dirigeants
mondiaux le 6 mai. « Nous avons ici un mouvement
de près de 100 millions de personnes qui grandit
tous les jours. Ces personnes exigent que les gouvernements
placent les droits et le bien-être des enfants
au-dessus de toute autre considération, »
a indiqué Mme Bellamy. « Ce quelles
disent, avec simplicité et force, cest
que si les dirigeants nationaux échouent, ils
devront rendre des comptes ».
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