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Photo: Kurdish girl. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas
Photo: Fille kurde. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas

 

Les ONG prennent la parole à l’Assemblée générale

Pendant la Session extraordinaire, 15 ONG ont fait des présentations orales à l’Assemblée générale de l’ONU et devant le Comité ad hoc plénier. Représentant des ONG internationales, nationales et communautaires, elles ont partagé tout un monde d’expériences et de leçons, d’appels vigoureux et de luttes incessantes pour apporter un équilibre dans un monde qui est « injustement défavorable aux enfants » comme l’a déclaré un militant. Parmi les orateurs, il y avait deux jeunes femmes de moins de 18 ans.

Les déclarations ont évoqué un large éventail de problèmes : éducation, travail des enfants, enfants privés de soins familiaux et justice pour les mineurs. Cependant, deux thèmes ont dominé ces 15 exposés. Le premier était les droits de l’enfant et la Convention relative aux droits de l’enfant, « pierres angulaires de toute action entreprise dans le prolongement de la Session extraordinaire »; le deuxième était l’impact quotidien et destructeur de la violence sur la vie des enfants – violence lors des situations de conflit mais aussi violence provoquée par des disparités économiques et sociales, violence ethnique, notamment déplacement lié au développement, et violence sexuelle. En Sierra Leone, par exemple, la guerre « n’a duré que cinq ans mais nos enfants sont déjà imprégnés d’une culture de violence », a déclaré Christina Thorpe du Forum des éducatrices africaines (FEA).

Les orateurs ont reconnu que de nombreuses améliorations avaient été apportées à la vie des enfants au cours de la dernière décennie. Soixante-trois pays ont atteint l’objectif fixé lors du Sommet mondial pour les enfants visant à réduire d’un tiers la mortalité des moins de 5 ans; la poliomyélite est sur le point d’être éradiquée et plusieurs autres maladies évitables sont jugulées. Mais ces succès, a déclaré Dean Hirsch de World Vision International, sont rendus caduques par les millions d’enfants qui sont toujours victimes de la violence, de sévices et de trafics, qui sont estropiés et tués pendant les guerres, et dont la voix n’est pas entendue ou est ignorée. Et de conclure : « Un monde qui tolère ou approuve quelque forme de violence et de mauvais traitements que ce soit à l’égard des enfants n’est pas digne des enfants ».

Le monde n’est pas digne des enfants, a déclaré le représentant de la Marche mondiale en faveur des enfants et de la Marche mondiale contre le travail des enfants, Kailash Satyarthi, « on les achète comme des animaux, on les enferme dans des usines et des maisons et on les oblige à mendier après avoir mutilé leurs minuscules organes pour inspirer la pitié. » Il n’est pas non plus digne, a-t-il ajouté, des « jeunes filles emprisonnées dans le commerce de la chair ou des enfants attachés sur le dos des chameaux dans les pays du Golfe, où les cris de l’enfant font courir le chameau de plus en plus vite et rendent son maître heureux ».

Tous les orateurs sont convenus que la communauté internationale, et les ONG, peuvent et doivent faire mieux.

  • Les négociations commerciales et les politiques économiques, les ressources, un allégement de la dette plus rapide et plus vigoureux, ainsi qu’une aide à un développement de qualité sont autant de secteurs qui doivent être renforcés, la priorité étant donnée aux pays qui sont prêts à promouvoir et respecter les droits de l’enfant.

  • Les frais de scolarité et le coût des manuels et des fournitures scolaires devraient être totalement annulés dans les écoles primaires.

  • Un système de justice pour les mineurs à la fois global, multisectoriel et adapté à l’enfant devrait être mis en place. Ce système devrait refléter la Convention relative aux droits de l’enfant et les normes, règles et directives de l’ONU, notamment les Règles minima des Nations Unies pour la protection des mineurs privés de liberté.

  • Dans la région de l’Europe centrale et orientale/Communauté des États indépendants, le système de placement d’enfants en institution devrait être démantelé et remplacé par un soutien aux familles et aux garderies.

  • Les gouvernements ne doivent pas attendre qu’il y ait davantage de morts pour reconnaître que l’épidémie du SIDA est l’une des crises les plus urgentes de notre époque. Les gouvernements doivent mettre de côté leurs propres programmes politiques et les subordonner à l’intérêt supérieur de l’enfant. Ils doivent décréter que le SIDA est une catastrophe, définir leurs priorités et prendre des engagements spécifiques, tout en affectant des fonds aux mesures préventives.

  • Les enfants et les jeunes doivent devenir une ressource centrale dans les prises de décision sur les questions qui les concernent. Faire participer les enfants et les écouter devrait être institutionnalisé dans les politiques et programmes publics.

Les ONG ont promis de continuer à travailler, selon leurs moyens, en prenant leurs propres engagements envers les enfants. La Marche mondiale contre le travail des enfants, la Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats, le Global Health Council, le Mouvement mondial en faveur des enfants, le Groupe d’ONG pour la Convention relative aux droits de l’enfant, le Child Rights Information Network et le Global Network of Religions for Children sont autant d’exemples d’alliances conclues entre des ONG pour prendre les rênes sur des questions importantes liées à l’enfance.

Et enfin, les paroles émouvantes et les actes de bravoure des jeunes qui travaillent souvent dans des situations dangereuses nous obligent à aller de l’avant. Sensibilisant les populations aux droits et responsabilités de l’enfant et encourageant d’autres enfants à participer, le Mouvement des enfants pour la paix en Colombie commence déjà à couper quelques fils « de la grosse corde du mal qui étrangle le monde ». Mayerly Sanchez, 16 ans, du Mouvement des enfants, a fait une promesse émouvante et plaidé auprès des dirigeants de la planète.

« Les souffrances dans mon pays », a-t-elle dit, ne nous « démoralisent pas ou ne nous poussent pas vers des groupes qui font le mal dans le monde. Nous sommes ceux qui trouveront les moyens de libérer le monde de la corde de mal et de haine qui l’étrangle. Et quand nous le ferons, la violence dormira si profondément qu’elle ne se réveillera plus jamais. Les adultes qui ne croient toujours pas en nous ne pourront plus se couvrir les oreilles et couvrir la bouche des enfants pour qu’ils ne puissent pas s’exprimer, parce que maintenant il y a des gens comme vous qui peuvent user de leur autorité pour entraîner le monde vers la meilleure direction possible et faire en sorte que notre rêve fleurisse ».

Cliquez ici pour accéder aux présentations orales des ONG à la Session extraordinaire (en anglais).


 

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