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Photo: Kurdish girl. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas
Photo: Fille kurde. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas

Vous trouverez sur cette page des informations précédentes, mises à jour en mai 2002 pour la dernière fois et qui constituent une documentation de référence. Pour les dernières informations concernant la Session extraordinaire consacrée aux enfants, veuillez consulter la page d'accueil de la Session extraordinaire.

Les enfants sont le nouveau visage de la guerre

D’anciens enfants soldats racontent la souffrance qu’a représentée pour eux la participation forcée aux combats et les difficultés rencontrées pour reconstruire leur vie.

© Unicef/HQ02-0113/DeCesare

Ismael, un ancien enfant soldat, décrit les horreurs de la guerre et les problèmes de réinsertion, lors d’une réunion de haut niveau à l’ONU.

NEW YORK, 7 mai 2002, – Ismael avait 14 ans et était en internat lorsqu’il a été enrôlé dans une armée qui combattait dans la guerre civile en Sierra Leone. On lui a dit que toute sa famille avait été tuée et qu’il pourrait se venger des assassins s’il participait aux combats.

Il s’est battu pendant trois ans. Ayant vu la partie adverse tuer, il a tué lui aussi. Voir de telles choses, a-t-il raconté, fait disparaître « cette chose humaine qui fait que vous vous occupez des autres ». Il s’est habitué au fusil. « Le fusil était le pouvoir dans votre main », a dit Ismael à l’occasion de la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants, dans le cadre de la table ronde organisée sur le thème « Reconquérir nos enfants : l’ONU réagit à la situation de l’enfant soldat ».

Les massacres ont fini par l’écœurer, a déclaré Ismael, qui a aujourd’hui 20 ans. « A un moment, j’ai compris que je tuais des parents d’autres enfants ».

Quand la guerre a pris fin, Ismael a été placé dans un centre de réadaptation financé par l’UNICEF. Ses progrès ont d’abord été lents. Il bravait ses professeurs et ses gardiens. « Nous pensions qu’aucun civil n’avait le droit de nous dire ce que nous avions à faire », a-t-il déclaré. Puis quelque chose s’est brusquement imposé à son esprit.

« Je ne sais pas comment c’est arrivé. J’ai commencé à aller à l’école et à écouter les professeurs. »

Ismael a passé huit mois au centre de réadaptation. Il y a subi une psychothérapie – dont il a gardé, a-t-il dit, un fort sentiment de honte et de culpabilité. Peu à peu, il s’est réinséré dans la société. Il fait à présent des études aux États-Unis.

Le drame qu’Ismael, enrôlé de force dans une armée alors qu’il n’était qu’un enfant, a connu, n’a rien d’extraordinaire. D’après l’ONU, quelque 300 000 enfants combattent dans les rangs d’armées et de mouvements de rébellion dans une trentaine de conflits dans le monde.

« Les enfants sont malheureusement le nouveau visage de la guerre », a dit Kati Marton, fonctionnaire principal des services extérieurs auprès du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés et animateur de la table ronde.

Devant la table ronde, le Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, a annoncé le lancement d’une nouvelle initiative des Nations Unies tendant à prévenir le recrutement d’enfants soldats. « Pendant trop longtemps, le recours aux enfants soldats a été considéré comme déplorable », a-t-il indiqué. À présent, l’ONU veut le rendre « intolérable », a-t-il ajouté. Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé à M. Annan de lui soumettre d’ici au mois d’octobre une liste des parties à des conflits armés qui ont recours aux services d’enfants soldats. M. Annan a dit qu’il espérait que celles qui le font seraient punies.

Il est indispensable de prévenir l’enrôlement d’enfants, a dit aux autres participants de la table ronde Ibrahim Sesay, un représentant de l’organisation non gouvernementale Caritas Sierra Leone. Mais, a-t-il ajouté, l’ONU doit aussi, en collaboration avec l’UNICEF et les organisations non gouvernementales, intensifier les efforts qu’elle déploie en faveur de la réadaptation des enfants soldats.

Ismael, qui a à cœur d’aider d’autres personnes qui ont connu le même sort que lui, a ajouté : « C’est très douloureux pour moi de raconter mon expérience, mais je le fais pour montrer que les gosses que l’on force à devenir soldats peuvent se réadapter et vivre une vie normale ».

 

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