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Photo: Kurdish girl. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas
Photo: Fille kurde. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas

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Sommet mondial

Initiatives de suivi : plans et stratégies au niveau national et infranational

Le Plan d'action du Sommet mondial exhortait les gouvernements à préparer des programmes d'action nationaux (NPA) afin que les engagements pris au Sommet mondial puissent être honorés de façon stratégique et coordonnée. A la suite de quoi, quelque 155 pays préparèrent des programmes nationaux d'action pour les enfants et le développement social et les mirent en application à des degrés divers. Presque tous ces programmes ont adapté les engagements pris au Sommet mondial afin qu'ils reflètent les défis, priorités et aspirations spécifiques à chaque contrée.

Dans de nombreux cas, les NPA s'intégrèrent à des plans de développement national, des politiques sociales ou des programmes sectoriels. Parmi les pays qui ont adopté cette approche, on peut citer le Botswana, la Chine, l'Egypte, le Ghana, l'Indonésie, la Malaisie, la Mongolie, la Namibie, les Philippines, l'Afrique du Sud et la Thaïlande. Nombre de pays d'Amérique latine lancèrent des initiatives nationales en faveur des enfants dans le cadre de politiques ou de budgets sociaux axés sur les enfants. Au Brésil, en Inde, en Ouganda et ailleurs, les plans d'action pour les enfants s'inscrivaient dans des plans ou des programmes de développement au niveau de l'Etat ou du district. Le Canada, l'Irlande et la Suède ont mis au point des stratégies nationales pour la mise en application de la Convention relative aux droits de l'enfant. Des processus similaires sont en cours d'élaboration au Costa Rica et en Nouvelle Zélande.

Grâce aux plans nationaux, les enfants figurent désormais en meilleure place dans les agendas politiques nationaux ou internationaux. Ils ont permis une meilleure intégration des questions liées aux enfants dans les budgets et politiques publiques. L'élaboration d'objectifs et de cibles modèles par le biais des NPA ont permis de mieux évaluer la situation des enfants. La planification en faveur des enfants s'est également révélée un bon véhicule pour une meilleure coordination des secteurs sociaux au niveau national, provincial ou local. On a assisté à une responsabilisation renforcée, ainsi qu'à une plus grande sensibilisation aux problèmes auxquels se heurtent les enfants qui n'ont pas accès aux services de base ou à des mécanismes garantissant la protection de leurs droits.

Au Sommet mondial, les dirigeants se sont également engagés à encourager les administrations locales, les organisations non gouvernementales, le secteur privé et les groupes civiques à préparer leurs propres programmes d'action et à les aider ainsi à participer à la mise en œuvre de la Déclaration et du Plan d'action. Plus de 65 pays ont mis en place des programmes infranationaux destinés aux enfants, notamment par le biais des autorités municipales. Ces exercices ont renforcé la demande locale pour un développement social coordonné et pour des approches plus cohérentes des services sociaux, surtout à leurs points de prestation. Ils ont aussi permis de renforcer le sens de la responsabilité sociale chez les enfants.

Dans la plupart des pays, et en particulier dans les contrées les plus peuplées, le suivi national et infranational s'est déroulé dans le contexte d'une certaine décentralisation. Dans certains cas, cette décentralisation a permis à l'administration chargée du développement de se rapprocher des communautés, ouvrant ainsi des possibilités de participation et de responsabilisation au niveau local. Elle a aussi favorisé les initiatives coordonnées dans le cadre de plans et d'activités de développement au niveau du district ou de la communauté. Dans d'autres cas, cependant, la décentralisation s'est révélée un échec à cause d'un transfert de ressources insuffisant, de la faiblesse des moyens sur place, d'un manque de clarté dans la définition des rôles respectifs des administrations locales et centrales et de l'impossibilité de combler les fractures sociales ou territoriales.

On relève quatre qualités clés dans un grand nombre des expériences positives en matière de planification nationale pour enfants tentées depuis le Sommet mondial. La première consiste en un engagement politique soutenu. La seconde en une large participation à la préparation, au contrôle et à l'évaluation des plans, en particulier au niveau des administrations infranationales et de la société civile. Il y a ensuite l'intégration initiale ou éventuelle des objectifs, priorités et stratégies axés sur les enfants dans le cadre national plus large de la planification du développement, de l'allocation des ressources et de la mise en application. En quatrième lieu, on constate une coordination à un haut niveau et un contrôle des politiques et des stratégies liées aux enfants, avec l'appui technique et administratif d'agences clairement désignées. Ces qualités ont permis d'engendrer un haut niveau de prise en charge nationale et un suivi permanent. Là où elles étaient absentes, cependant, la planification pour enfants restait un exercice technique isolé et sans grande influence.

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