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Photo: Kurdish girl. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas
Photo: Fille kurde. Iraq, 1997. Copyright Sebastiao Salgado/Amazonas

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A propos de la Session | Rapport du Secrétaire général | Sommet mondial | Initiatives de suivi | Contrôle de l'exécution | Examen de fin de décennie

 

Sommet mondial

Initiatives de suivi : la réforme juridique

Les dirigeants réunis au Sommet mondial pour les enfants ont insisté pour que la Convention relative aux droits de l'enfant soit ratifiée le plus rapidement possible et qu'on procède de façon exécutoire à sa mise en œuvre et à sa diffusion. Dès la fin 1997, tous les pays l'avaient ratifiée, sauf deux. Aucun autre instrument des droits de l'homme n'a obtenu un tel niveau d'appuis en si peu de temps.

La Convention relative aux droits de l'enfant a été l'inspiratrice d'autres normes internationales des droits de la personne, dont les Protocoles facultatifs sur l'implication des enfants dans les conflits armés et sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants, ou les nouvelles normes pour l'adoption de pays à pays, le travail des enfants et la justice juvénile. On a aussi constaté une tendance, chez les Etats parties à la Convention, à réexaminer les réserves exprimées à l'origine et à les retirer.

L'évolution au niveau régional est tout aussi significative. En 1990, l'OUA a adopté la Charte africaine relative aux droits et au bien-être de l'enfant, première charte régionale du genre, laquelle est entrée en vigueur en 1999. La Convention interaméricaine relative à la prévention, aux sanctions et à l'éradication de la violence à l'égard des femmes (Convention de Belém do Para) est entrée en vigueur en 1995 et la Convention européenne relative à l'exercice des droits de l'enfant a pris effet en 2000.

Au niveau national, nombreuses sont les constitutions introduites au cours de la dernière décennie qui incluent des provisions garantissant les droits de l'enfant de façon explicite, et des constitutions existantes ont été amendées de façon à inclure pour la première fois de façon explicite les droits de l'enfant. Depuis le Sommet mondial, dans chaque région, certains pays ont entamé des réformes afin de mettre leur législation et leurs codes nationaux en conformité avec les principes et provisions de la Convention relative aux droits de l'enfant. Avec par exemple :

  • des lois mettant les enfants à l'abri de la discrimination, surtout en ce qui concerne l'accès à l'éducation et l'acquisition de la citoyenneté et de la nationalité
  • une attention législative plus soutenue visant à protéger les enfants de la violence, y compris au sein de la famille, et l'interdiction des châtiments corporels
  • des mesures législatives pour les soins aux enfants séparés de leurs parents, mesures visant souvent à réduire les prises en charge institutionnelles en établissant des procédures d'adoption et des systèmes d'accueil familial et en réglementant l'adoption de pays à pays
  • des initiatives visant à éliminer des pratiques traditionnelles néfastes, notamment des lois interdisant la mutilation des organes génitaux de la femme et les mariages précoces et sans consentement
  • des lois fixant à 18 ans l'âge minimum pour l'enrôlement dans les forces armées
  • de nouvelles lois interdisant la prostitution enfantine, le trafic d'enfants à des fins sexuelles et la pornographie impliquant des enfants
  • une législation du travail fixant l'âge minimum pour l'accès à l'emploi, interdisant les pires formes de travail des enfants, reconnaissant le rôle clé de l'éducation dans la prévention des abus et réglementant les conditions de travail
  • des systèmes pénaux spécialisés pour la jeunesse fixant l'âge minimum de la responsabilité criminelle, supervisant l'application régulière de la loi, considérant la privation de la liberté comme un dernier recours et garantissant la séparation des jeunes et des adultes dans les centres de détention

Dans plusieurs domaines, la réforme du droit national implique de plus en plus souvent une coopération internationale, comme on peut le constater dans la législation extraterritoriale sur l'exploitation sexuelle et le trafic à des fins sexuelles et dans les accords bilatéraux ou régionaux pour lutter contre la vente d'enfants.

L'implication des divers pays dans le processus de rapport prévu par la Convention relative aux droits de l'enfant et dans des échanges avec le Comité des droits de l'enfant a également permis de définir les modifications législatives qui devenaient nécessaires. De nombreux pays ont suivi les recommandations du Comité suite à leurs rapports nationaux et ont réagi de façon positive à la suggestion qu'ils réexaminent les réserves qu'ils avaient exprimées vis-à-vis de la Convention et songent à les retirer.

Malgré tous les développements positifs que nous avons constatés, le processus consistant à remodeler le droit national pour qu'il serve de base à la pleine protection des droits de l'enfant n'a fait que commencer. De nombreux pays n'ont pas encore établi de processus efficaces d'examen et de réforme de leur législation et peu à peu, nous aurons à relever de nouveaux défis, y compris suite à l'adoption récente de protocoles à la Convention. Les mesures prises pendant les années 90 ne représentent qu'un premier pas, si important soit-il. Mais il faut encore et toujours s'assurer que les nouvelles lois reflètent bien les provisions et les principes de la Convention, en particulier ceux qui concernent la non-discrimination, la participation et l'intérêt de l'enfant. Les responsables de l'application de la loi, le pouvoir judiciaire, les enseignants, les spécialistes de la protection de l'enfance et tous ceux qui travaillent avec les enfants doivent recevoir une formation et un appui pour comprendre pleinement le contenu et la signification des nouvelles lois et des nouveaux règlements, pour s'engager à apprécier les changements que cela implique et pour les appliquer. Les enfants comme les adultes doivent prendre connaissance de ces nouvelles lois et des remèdes et procédures qu'elles offrent.

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