La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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Article 1 Investir dans l'éducation

Dans une économie mondiale où les dépenses militaires s'élèvent à quelque 781 milliards de dollars par an, la communauté internationale n'a pas encore réussi à trouver les 7 milliards de dollars supplémentaires requis chaque année pour l'éducation au cours de la prochaine décennie.

Il suffirait de dépenser 7 milliards de dollars de plus chaque année pendant les dix prochaines années - soit moins que ce que les Etats-Unis dépensent en un an en produits cosmétiques ou l'Europe en crèmes glacées - pour que le rêve d'éduquer tous les enfants devienne une réalité.

Selon le rapport de l'UNICEF La situation des enfants dans le monde 1999 , l'accès à l'éducation donne une vie plus épanouie et une meilleure santé aux enfants, plus d'équité et de stabilité à la société, et permet d'atteindre des niveaux supérieurs de développement social et économique.

Dans une économie mondiale où les dépenses militaires s'élèvent à quelque 781 milliards de dollars par an, la communauté internationale n'a pas encore réussi à trouver les 7 milliards de dollars supplémentaires requis chaque année pour l'éducation au cours de la prochaine décennie. Et cela, malgré les formidables avantages que procure l'éducation - l'élément le plus fondamental pour combattre la pauvreté à sa racine, pour donner aux femmes les moyens de progresser, pour protéger les enfants du travail dangereux et de l'exploitation sexuelle, enfin pour promouvoir les droits de l'homme et la démocratie.

Des expériences récentes montrent pourtant que des ressources peuvent être dégagées avec célérité si le besoin semble assez urgent. Ainsi, quand l'économie s'est effondrée en Indonésie, en République de Corée et en Thaïlande en 1997-1998, le G7 a réussi en quelques mois seulement à mobiliser plus de 100 milliards de dollars pour porter secours aux «tigres» financiers de l'Asie. Imaginez ce que de telles ressources feraient pour l'éducation.

Ne comptant que sur eux-mêmes, quelques pays sont parvenus, en dépit de leur pauvreté, à dégager des ressources en faveur de l'éducation avec des résultats enviables. Le Viet Nam, par exemple, dont le PNB par habitant est de 290 dollars, enregistre un taux général d'alphabétisme de 94% et un taux d'alphabétisme féminin de 91%. Quand le Zimbabwe a accédé à l'indépendance en 1980, la moitié seulement de sa population savait lire; le pays est parvenu en dix ans à plus que tripler le nombre de maîtres du primaire et à porter les effectifs scolaires de moins de la moitié des enfants en âge de fréquenter l'école à l'ensemble de la population enfantine. Aujourd'hui, le taux d'alphabétisme des adultes est de 85%.


La dette du Nicaragua était en 1995 six fois supérieure à son PNB, et la Tanzanie dépense six fois plus pour le service de sa dette que pour l'éducation de ses enfants. Les pays les plus pauvres croulent sous une dette extérieure qui atteint la somme incroyable de 2200 milliards de dollars.

C'est le fardeau de la dette qui empêche d'autres pays de s'engager ainsi en faveur de l'éducation. La dette du Nicaragua, par exemple, était en 1995 six fois supérieure à son PNB, et la Tanzanie dépense six fois plus pour le service de sa dette que pour l'éducation de ses enfants. D'après un récent rapport des Nations Unies, les pays les plus pauvres croulent sous une dette extérieure qui atteint la somme incroyable de 2200 milliards de dollars; l'Asie et l'Amérique latine représentent chacune 31% de ce montant, l'Afrique 16% alors que les régions en transition d'Europe et d'Asie centrale comptent pour 18%. L'allégement de la dette est un impératif pour de nombreux pays qui se trouvent dans des «situations d'endettement insupportables», particulièrement pour les 41 pays pauvres les plus endettés du monde.

Une autre mesure pour aider à injecter davantage de ressources dans l'éducation est l'Initiative 20/20, une approche préconisée par l'UNICEF et d'autres partenaires. Elle demande aux gouvernements des pays donateurs et des nations en développement d'allouer 20% des fonds de l'aide publique au développement (APD) et de leurs budgets nationaux, respectivement, aux services sociaux de base - notamment l'éducation. Ces ressources assureraient, en dix ans, la satisfaction du droit fondamental des enfants à une éducation de base.

Tous les pays du monde à l'exception des Etats-Unis d'Amérique et de la Somalie ont ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant, qui garantit notamment le droit à une éducation de qualité. Et 155 pays se sont engagés à atteindre l'objectif défini lors de la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, organisée en 1990 à Jomtien (Thaïlande). En plus de ces obligations juridiques et morales, la communauté mondiale peut constater que dans les pays frappés par les crises économiques, les précédents investissements en faveur de l'instruction de la population ont permis de limiter les dégâts et de se reprendre plus rapidement.

Mais alors, comment expliquer que lors de la négociation de l'accord de Lomé IV relatif à l'assistance, sur 70 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, 14 à peine aient jugé que l'éducation était une haute priorité, 45 aient estimé que c'était une faible priorité alors que 6 Etats n'avaient aucun projet d'éducation ou de formation?

«La réponse est toujours la même», regrette Carol Bellamy, directeur général de l'UNICEF, dans La situation des enfants dans le monde 1999. «C'est l'absence de volonté politique.»

  • Il faudrait 1,9 milliard de dollars de plus en Afrique au sud du Sahara et 1,6 milliard de dollars de plus en Asie du Sud chaque année pendant la prochaine décennie pour éduquer tous les enfants. Ces deux régions abritent le plus grand nombre d'enfants non scolarisés.

  • Dans les pays les moins avancés du monde, seulement 56% des garçons et 44% des filles sont inscrits à l'école primaire.

  • En Afrique au sud du Sahara, seulement 60% des garçons et 51% des filles sont inscrits à l'école primaire.

 

 
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