La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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Encadré 14 Eduquer les parents

Dans la plupart des sociétés, le foyer et la famille sont les plus puissants «socialisateurs» de l'enfant. Chez l'enfant, l'apprentissage commence à la naissance et se poursuit tout au long de la petite enfance, la meilleure préparation à l'école. Les parents et autres personnes s'occupant de l'enfant ont donc à remplir un rôle de la plus grande importance, en favorisant ses capacités sociales, intellectuelles, émotionnelles et physiques qui plus tard renforceront l'aptitude de l'enfant à apprendre, aussi bien à l'école que dans la vie.

UNICEF/90-0013/Tolmie

Ici, en Colombie, une mère avec son bébé. Ses voisins l'ont choisie pour tenir une garderie à l'intention des enfants du village. Pour ce faire, elle a reçu une formation spéciale.

Les cultures ont depuis longtemps perfectionné les moyens de transmettre des connaissances aux enfants, et la sagesse commune des sociétés offre pour les soins et le développement de l'enfant une base généralement bien adaptée aux circonstances particulières. Mais le monde évolue et parfois les parents, les jeunes surtout, peuvent tirer profit de la somme d'informations et de connaissances nouvelles disponibles aujourd'hui sur la croissance et le développement des enfants.

«Les pratiques traditionnelles ou locales sont souvent bonnes, mais elles se montrent de moins en moins capables d'absorber les avantages des connaissances actuelles», dit le Dr Robert Myers, fondateur du Groupe consultatif sur les soins et le développement dans la petite enfance - un groupe interinstitutions qui a une autorité internationale en ce domaine.

Des études récentes menées par l'UNICEF et la Conférence épiscopale latino-américaine sur la manière dont sont élevés les jeunes ont montré que beaucoup de parents reconnaissaient l'importance des informations «nouvelles» concernant le développement affectif et cognitif de leurs enfants, mais que souvent ils ne tirent aucune conséquence pratique de ces informations.

On peut combler cette lacune avec des programmes d'éducation parentale, qui aident parents et autres responsables à mieux comprendre ce qui est nécessaire au bon développement de l'enfant, à adopter de bonnes pratiques de puéricultureet à utiliser efficacement les services disponibles pour la santé, la nutrition et le développement psychosocial de l'enfant. De tels programmes renforcent aussi la confiance des parents en eux-mêmes, ce qui les rendra plus aptes à favoriser un bon développement de leurs enfants.


Dans la plupart des sociétés, le foyer et la famille sont les plus puissants «socialisateurs» de l'enfant.

De Cuba en Indonésie, de Chine en Turquie, on trouve dans le monde entier des programmes novateurs destinés à soutenir et former les parents et autres personnes s'occupant de l'enfant. Les résultats sont tangibles et impressionnants car, par le biais des réseaux communautaires, ces programmes atteignent beaucoup de gens pour un coût relativement faible.

Au Mexique, des parents formés dans le cadre du programme national d'éducation initiale, qui s'adresse aux personnes chargées des quelque 1,2 million d'enfants de moins de trois ans parmi les plus pauvres du pays, ont reconnu que les attitudes sur la façon d'élever les enfants ont changé. Beaucoup ajoutent qu'ils reconnaissent maintenant que les punitions traditionnelles infligées aux enfants sont inappropriées. Ce programme non formel, mis en place par le Gouvernement avec le soutien de l'UNICEF, montre aussi une évolution du rôle respectif des parents dans les soins aux enfants. Dans les villages ruraux les plus éloignés, ce sont les pères qui suivent les sessions de formation.

En Turquie, un programme de formation parentale est devenu un modèle d'éducation informelle polyvalente conçue à l'origine pour que les enfants continuent d'aller à l'école et d'apprendre. Des discussions de groupe sont organisées sur des questions telles que la santé des enfants, la nutrition, les activités de jeu créatives, ou l'interaction mère/enfant. Les études de suivi du premier projet pilote ont révélé d'importantes différences dans le développement cognitif des enfants dont les mères avaient participé au programme et des autres. Ainsi qu'on l'espérait, les enfants de ces familles sont restés plus longtemps à l'école. Depuis, le programme a été élargi; mené en coopération avec le ministère turc de l'Education, il a atteint plus de 20 000 groupes mère/enfant dans des douzaines de provinces du pays.

Le projet colombien Promesa (Promesse) a touché depuis 15 ans quelque 2000 familles en milieu rural. Il a commencé en encourageant des groupes de mères à stimuler le développement physique et intellectuel de leurs enfants d'âge préscolaire en jouant avec eux, chez elles. Petit à petit, dans ces groupes, les mères se sont mises à discuter de santé, de nutrition, d'hygiène de l'environnement, de formation professionnelle. Avec le temps, le projet a pris de l'ampleur. Les habitants s'organisent spontanément pour résoudre d'autres problèmes.

Aux Philippines, le Parent Effectiveness Service (Service pour l'efficacité des parents) associe visites à domicile de bénévoles et discussions de groupe régulières entre parents. Une évaluation du programme a montré sa contribution au développement de connaissances théoriques et pratiques des parents en matière de santé, de prise en charge et de discipline de l'enfant, de soins de la petite enfance, enfin de relations conjugales. On a choisi dans certaines régions de soutenir les groupes de discussion desparents par une causerie radiophonique hebdomadaire de 30 minutes «La famille philippine sur les ondes», qui a couvert 26 questions, dont: les droits des enfants, la différence dans la façon d'élever les garçons et les filles, les enfants et les médias, les violences à enfant.

Les activités d'éducation des parents sont plus efficaces lorsqu'elles complètent et renforcent des programmes de services organisés plus officiels; elles permettent aux enfants de conserver l'acquis d'un développement précoce même en cas de disparition d'un programme ou d'un centre pour enfants.

Mais, comme le souligne le Dr Myers, les programmes d'éducation des parents ne sont pas une panacée. S'en remettre à eux seuls, sans l'accompagnement de programmes plus officiels tels que services de santé ou de puériculture, serait priver les parents de nombreux appuis qui leur sont nécessaires - y compris sur le plan des ressources, des installations, du temps et des informations - pour assurer la croissance et le développement de leurs enfants.

 

 
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