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Encadré 13 Pour que les filles aillent plus loin en AfriqueSouhaitant passionnément faire quelque chose pour l'éducation des filles en Afrique, 60 femmes visionnaires et influen-tes - ministres de l'éducation en exercice ou non, vice-recteurs d'université et spécialistes de l'éduca-
Pour le Forum, aucun problème n'est insoluble, pas même celui du financement. «Nous ne voulons jamais entendre invoquer le manque de ressources comme excuse pour ne pas assurer l'éducation pour tous», explique M me Gachukia.«L'Afrique dispose des ressources, internes et externes, requises. Ce dont elle a besoin, c'est de les gérer correctement pour le bénéfice de chacun.» Avec 26 membres associés, y compris des adhérents masculins, ministres de l'éducation ou décideurs de haut niveau, et 31 filiales dans toutes les régions de l'Afrique subsaharienne, le Forum s'emploie depuis 1992 à promouvoir l'éducation pour tous, particulièrement pour les filles, par des activités de plaidoyer, des mesures concrètes et des réformes politiques. Aujourd'hui, après six années de fonctionnement, sa mission va bien au-delà de l'accès à l'éducation et de l'amélioration de la qualité de l'enseignement. D'une certaine manière, ses membres - qui ont réussi dans leur domaine particulier et travaillent ensemble comme un réseau de professionnels recoupant les nations, les secteurs et les disciplines - sont l'exemple type d'une organisation de femmes instruites, engagées activement dans la vie publique africaine. En 1994, citant les conclusions de ses propres recherches, le FAWE a réussi à faire pression sur les ministres de l'éducation dans plusieurs pays africains pour qu'ils modifient les politiques qui empêchaient les adolescentes enceintes d'aller à l'école. «Notre message affirmait que l'éducation est le droit de tout enfant», précise M me Gachukia, «même d'une jeune fille qui attend un bébé, et ce n'est pas le privilège de celles qui ne sont pas enceintes.»
Par le biais de ses filiales nationales, le Forum appuie des efforts au niveau local grâce à des bourses et des prix décernés à des individus et des institutions ayant trouvé des solutions novatrices et susceptibles d'être reproduites ailleurs. A la fin de 1997, le FAWE avait octroyé plus de 40 bourses dans 27 pays. «Nous ne sommes pas en concurrence avec d'autres programmes d'éducation pour les filles, nous les considérons comme des partenaires. Nous nous contentons de les mettre en rapport avec les décideurs afin que leurs idées locales acquièrent une reconnaissance et des appuis nationaux, voire régionaux», explique Eddah Gachukia. La distinction la plus prestigieuse du FAWE est le Prix Agathe Uwilingiyimana, qui récompense les innovations dans l'éducation des femmes et des filles en Afrique. Décerné pour la première fois en 1996, le prix commémore l'ancien Premier Ministre rwandais, éducatrice dévouée et membre du FAWE, qui a enseigné dans une école secondaire de jeunes filles et occupé les fonctions de Ministre de l'éducation avant d'être assassinée en 1994. Des projets dans huit pays (Burkina Faso, Ethiopie, Ghana, Guinée, Kenya, Malawi, Sierra Leone et Zambie) ont été distingués pour leur succès, et les leçons tirées de leur expérience, publiées et partagées. La plus grande force de l'organisation réside dans sa capacité de sensibilisation politique. En collaboration avec l'Institut d'études du développement de l'Université du Sussex (Royaume-Uni), le FAWE a lancé en 1995 un programme de planification stratégique des ressources (PSR) en Ethiopie, en Guinée et en Tanzanie. Le projet s'est depuis étendu au Ghana, au Malawi, au Mali, à l'Ouganda, au Sénégal et à la Zambie. Par ce biais, l'organisation aide les ministères de l'éducation de ces pays à identifier les problèmes spécifiques touchant les filles, à recueillir et à analyser les données, et à définir un éventail d'options politiques pour combler les disparités entre filles et garçons dans l'accès à l'école primaire. «Nous présentons les conclusions de la PSR pour chaque pays et nous invitons tout le monde - membres de la communauté, enseignants, donateurs, décideurs - à examiner nos conclusions et recommandations», dit encore M me Gachukia, précisant que les partenaires au niveau national sont alors prêts à travailler ensemble pour mettre en pratique leurs recommandations. «Nous croyons que cette stratégie permet à tous les intéressés de se sentir partie prenante du processus et des politiques qui en émergent.» En fin de compte, pour efficaces que soient ses programmes et ses activités, la contribution la plus précieuse du FAWE au développement de l'Afrique tient peut-être à sa capacité maintes fois démontrée de changer - un ministre après l'autre, un pays après l'autre - la conscience de ce que l'on peut attendre des filles. |