La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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Encadré 12 Machisme: quand les garçons réussissent moins bien

Pour Sébastien, 16 ans, les parents s'occupent surtout des filles. Sébastien, qui vit à la Trinité-et-Tobago, trouve que les garçons reçoivent moins d'attention que les filles de la part de leurs parents et de leurs enseignants. Il a commencé à faire l'école buissonnière dans les classes primaires. Les cours l'ennuyaient et il trouvait que les enseignants ne s'engageaient pas assez. Finalement, il a échoué à l'examen d'admission à l'école secondaire - épreuve exigée dans les Caraïbes anglophones pour continuer une scolarité dans le deuxième cycle d'enseignement*.

UNICEF/95-0653/Toutounji

Dans les Caraïbes, des centres d'apprentissage offrent aux jeunes la possibilité d'acquérir des compétences pratiques et théoriques. Ici, en Haïti, des apprentis menuisiers.

Dans les Caraïbes, à la différence de la majorité des pays en développement, les garçons obtiennent des résultats scolaires nettement inférieurs à ceux des filles. Les garçons sont moins nombreux à réussir l'examen commun d'entrée et plus portés à abandonner l'école. Une partie du problème semble tenir aux idées arrêtées qu'ont les garçons sur les rôles respectifs des deux sexes.

«Je n'ai jamais accepté que l'on se moque de moi ni que l'on me traite de 'poule mouillée'», note Algie, 17 ans, originaire de la Dominique, en expliquant pourquoi il séchait les cours. Les garçons des Caraïbes jugent l'effort scolaire comme «nul», «efféminé» ou digne d'une «mauviette».

«Les garçons n'utilisent pas l'éducation de la même manière», explique une enseignante de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. «Ce problème a beaucoup à voir avec une certaine image. Ils ne veulent pas être considérés comme des ballots et celui qui travaille à l'école est un ballot.» Un enseignant de la Barbade est du même avis: «Ils préfèrent aussi montrer ouvertement qu'ils ne travaillent pas. Pour un garçon, ce n'est pas bien vu d'être studieux. Ce n'est pas macho.»


Dans les Caraïbes, comme ailleurs, il faut transformer le système éducatif et faire en sorte qu'il respecte les différences entre les sexes et qu'il s'attaque aux problèmes sociaux et culturels liés à la condition masculine ou féminine.

Le problème est exacerbé par la faible proportion d'hommes parmi les enseignants des Caraïbes - en particulier à la Jamaïque - où les modèles de rôle éducatif positif pour les garçons sont aussi rares qu'ils le sont pour les filles dans de nombreux pays en développement. C'est vrai aussi des écoles primaires dans le monde industrialisé, où l'enseignement est dispensé presque exclusivement par des femmes, et où l'insuffisance des résultats scolaires des garçons commence à être inquiétante.

Jusqu'au début des années 80, la principale préoccupation du monde industrialisé concernait, comme dans la plupart des pays en développement, les mauvais résultats des filles. Mais à présent, leurs moyennes scolaires sont presque toujours supérieures à celles des garçons. Pour certains observateurs, cette tendance est due aux changements intervenus dans l'économie et le marché de l'emploi. Ils avancent que le rôle traditionnel des hommes s'est dilué, provoquant un sentiment d'impuissance dans l'esprit de garçons même jeunes qui sentent leur rôle dévalorisé.

Pourtant, au Nigéria, comme dans beaucoup de pays d'Amérique latine, c'est précisément l'accès élargi des garçons au marché du travail qui fait problème. Dans l'est du pays, le nombre de garçons qui abandonnent l'école ne cesse d'augmenter: dans les Etats d'Abia, d'Anambra, d'Enugu et d'Imo, 51% des garçons n'étaient pas scolarisés en 1994, contre 58% en 1996.

Chima Ezonyejiaku est l'un d'eux. Son père était pourtant directeur d'école avant de prendre sa retraite et sa mère enseigne encore dans une école de village. Chima a néanmoins abandonné ses études pour entrer en apprentissage chez un négociant aisé de la ville d'Onitsha. Comme la plupart de ses amis, il trouve que l'école est une perte de temps et il veut commencer à gagner de l'argent le plus vite possible.

Il y a peu de chances que des garçons comme Chima retournent un jour à l'école et ils ont besoin d'occasions éducatives spéciales adaptées à leurs besoins. L'UNICEF aide le Gouvernement nigérian et Forward Africa, une ONG locale, à proposer des possibilités d'éducation non formelle sur les marchés locaux, dans les ateliers de mécanique et les écoles coraniques. Des programmes et du matériel pédagogique ont été préparés pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes gens et des jeunes filles qui se trouvent hors du système scolaire officiel. Les cours et les emplois du temps sont souples; les instructeurs mettent l'accent sur la lecture, l'écriture et les compétences nécessaires à la vie quotidienne.

Quand Sébastien a échoué à l'examen commun d'entrée en secondaire de la Trinité-et-Tobago, il a eu la chance de s'inscrire dans le centre d'apprentissage Cocorite. Le bureau de l'UNICEF dans les Caraïbes soutient les enfants qui risquent de rester en marge de l'école - particulièrement les garçons - en aidant des centres comme Cocorite. Là, explique Sébastien, lesélèves apprennent ce qui est bien et ce qui est mal; les enseignants leur parlent de «la vie» et les conseillent. Ils peuvent acquérir des compétences pratiques et théoriques qui entretiennent leur intérêt. Sébastien ne fait plus l'école buissonnière car l'un des enseignants le surveille et s'assure qu'il suit les cours.

L'accent est mis sur l'amélioration des compétences essentielles globales - notamment la négociation, l'aptitude à faire face, la prise de décisions, le sens critique, le règlement pacifique des conflits, les relations interpersonnelles, la communication - et une formation professionnelle qui met l'accent sur l'estime de soi.

Dans les Caraïbes, comme ailleurs, il faut transformer le système éducatif et faire en sorte qu'il «respecte les différences entre les sexes» et qu'il s'attaque - à l'école et, si possible, en dehors de l'école - aux problèmes sociaux et culturels liés à la condition masculine ou féminine, qui peuvent empêcher le développement éducatif des enfants. Cette transformation ne fait que commencer.

 

 
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