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Encadré 2 Les enfants ont-ils compris? Le projet de suivi des acquis scolairesLorsque l'on évalue les forces et les faiblesses des différents systèmes de l'éducation, on retrouve certaines constatations remarquablement cohérentes quel que soit le pays. Ainsi, les écoliers des zones urbaines obtiennent de meilleurs résultats que leurs camarades ruraux; les filles ont de meilleures notes que les garçons dans les premières années, mais deviennent progressivement moins performantes en raison de divers facteurs culturels et socio-économiques; enfin, les élèves des écoles privées surclassent généralementceux des écoles publiques. Ces caractéristiques générales ressortent d'un projet de suivi permanent des acquis scolaires, lancé par l'UNESCO en collaboration avec l'UNICEF en septembre 1992. Depuis une phase initiale menée dans cinq pays (Chine, Jordanie, Mali, Maroc et Maurice), ce projet a été développé jusqu'à son état actuel, où il couvre 27 pays à trois différents stades de mise en oeuvre. Son objectif est d'aider les pays à évaluer «les compétences minimales en apprentissage de base» - en d'autres termes, des niveaux acceptables d'acquis en lecture, écriture, calcul et compétences essentielles - par une approche centrée sur l'enfant. A partir d'une analyse des données recueillies, les pays sont alors capables:
C'est ainsi qu'à Sri Lanka est apparue la nécessité d'améliorer les pratiques pédagogiques dans les écoles primaires; qu'au Nigéria le besoin le plus urgent est de garantir un enseignement et un apprentissage efficaces de l'anglais dans les écoles primaires; qu'au Mozambique la priorité est de développer la pensée critique des enfants et leur aptitude à résoudre les problèmes. En Chine, par exemple, les enfants ont montré qu'ils acquéraient une compréhension satisfaisante de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Mais leurs résultats au regard des compétences essentielles étaient nettement inférieurs, ce qui a conduit à recommander «d'insister davantage dans le processus d'enseignement-apprentissage en Chine sur les techniques de résolution des problèmes et la capacité d'appliquer les connaissances aux problèmes de la vie réelle». Si le projet a les mêmes objectifs généraux, chaque gouvernement élabore son propre système de suivi. Il est essentiel que chaque pays définisse son approche spécifique, puisque les conditions sont si différentes d'une nation à l'autre. Pour que le suivi ait un sens, il doit tenir compte non seulement des différences locales, mais aussi du type d'école, de sa situation, de la manière d'organiser les classes, etc. Des questionnaires donnés à remplir aux élèves, aux parents, à l'instituteur et au chef d'établissement permettent de brosser un tableau aussi complet que possible du milieu où se déroule l'apprentissage de l'enfant, tant à l'école qu'à la maison. Le projet examine trois grands domaines: santé, hygiène, nutrition; vie quotidienne; et milieu social et naturel. L'évaluation varie d'un pays à l'autre. Là encore, certaines des compétences évaluées dans ces domaines sont communes à tous, alors que d'autres sont spécifiques à un pays. Les cinq pays ayant participé à la première phase du projet voulaient, par exemple, que les enfants soient capables de reconnaître les symptômes des principales maladies de l'enfance. La Jordanie souhaitait que les enfants connaissent aussi les effets nocifs du café et du thé. Les pays qui ont rejoint le projet plus tardivement ont bénéficié de l'expérience des cinq pionniers, ce qui leur a permis de mettre en place leurs structures de suivi plus rapidement. L'échange d'informations entre pays participants a également permis la mise en place d'un système spécifique de «mentors»: ainsi, la Chine, appartenant au groupe initial, a servi de guide à Sri Lanka, tout comme la Jordanie a aidé Oman. Dans tous les cas, un meilleur suivi des acquis scolaires aide les gouvernements à éviter certains pièges et à privilégier certaines méthodes sur le chemin vers l'éducation pour tous. |