La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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Mondialisation et apprentissage

UNICEF/95-0754/Mera

Les récents progrès technologiques ont le pouvoir de transformer l'éducation, mais tant qu'on ne pourra pas garantir l'accès de tous à ces nouvelles technologies, elles ne feront qu'élargir le fossé d'apprentissage entre riches et pauvres. Des enfants devant un terminal d'ordinateur aux Etats-Unis.

Presque tous les éléments de la «vision élargie» de l'éducation qui a émergé de Jomtien peuvent être et ont été mis en pratique, comme nous l'avons décrit, de diverses manières, dans les systèmes éducatifs du monde. Cette vision ne pouvait cependant pas prévoir le rythme extraordinaire de changements politiques, sociaux, économiques et technologiques que le monde allait connaître et qui allaient avoir de profondes conséquences sur l'éducation.

Lorsque la vision de Jomtien soulignait l'importance d'un partenariat entre l'Etat et la société civile pour garantir l'accès à une éducation de qualité pour tous, elle n'avait pas envisagé l'émergence rapide à la fin de la guerre froide de nombreux nouveaux Etats nations, dont beaucoup ont dû résoudre des problèmes liés à la précarité de leur autorité, de leur capacité et de leurs ressources. La nécessité d'un partenariat s'est faite soudain plus urgente encore, tout comme la reconnaissance du fait que l'Etat n'était pas obligatoirement l'unique organe à dispenser une éducation. La prééminence des droits de l'homme redonne le rôle principal à l'Etat chargé de garantir les droits de tout enfant à une éducation de qualité.


L'éducation devient donc une stratégie clef pour donner accès à un monde toujours plus interdépendant ainsi que pour assurer le maintien d'identités culturelles et ethniques.

Si donc l'Etat reste souvent la principale source pour l'éducation de base, il peut aussi n'être qu'un acteur dans un vaste assortiment d'organisations différentes dispensant cette éducation. Il conserve, néanmoins, un rôle important de direction, de définition des politiques et des normes,et d'articulation de la vision nationale. Et, dans tous les cas, c'est à lui qu'il incombe de garantir le droit de tout enfant à une éducation élémentaire de qualité.

Alors que la vision de Jomtien reconnaissait l'importance du processus de mondialisation, rares étaient les observateurs qui auraient pu prévoir en 1990 la rapidité de son rythme au cours des huit dernières années. Aujourd'hui, des informaticiens préparent aux Philippines des programmes pour des créateurs de logiciels au Royaume-Uni, et des avocats indiens rédigent des notes pour des cabinets juridiques aux Etats-Unis.

Du mélange des cultures et de la dominance de plus en plus marquée de certaines cultures et langues du «village planétaire», deux fortes tendances ont émergé - une demande accrue en faveur de l'enseignement d'une langue internationale qui donnera accès au village planétaire, et une volonté croissante de voir l'éducation aider à protéger et préserver l'identité et la diversité culturelles et ethniques. L'éducation devient donc une stratégie clef pour donner accès à un monde toujours plus interdépendant ainsi que pour assurer le maintien d'identités culturelles et ethniques.

Nul n'aurait pu prévoir en 1990 la croissance extraordinairement rapide des technologies modernes de la communication et de l'information. Internet existait bien, mais restait plus ou moins ignoré. Le progrès fulgurant des technologies de traitement de l'information et de communication électronique a créé la possibilité de changements éducatifs qui n'étaient pas pris au sérieux en 1990.

Soudain, à un rythme effarant, de nouvelles possibilités se présentent de faire de la vision de Jomtien une réalité, en utilisant non seulement les médias et la radio, comme Jomtien le proposait, mais aussi les nouvelles techniques d'information et de communication, qui transforment déjà l'enseignement et l'apprentissage dans les communautés privilégiées. Car, pour puissantes qu'elles soient, à moins d'assurer leur accès aux plus défavorisés, elles ne feront qu'élargir le fossé éducatif qui sépare déjà les communautés et les pays entre riches et pauvres, au lieu de le combler.

Dans les années qui ont suivi Jomtien, des possibilités prometteuses ont émergé pour améliorer le bien-être de l'humanité. En même temps, les disparités entre les privilégiés et les pauvres se sont accentuées et avec elles les menaces d'instabilité sociale et de conflits civils, donnant plus de poids encore qu'il y a dix ans aux arguments en faveur de la révolution de l'éducation comme un investissement pour promouvoir la paix, la prospérité et un progrès respectant les droits de l'homme. La prochaine section «Investir dans les droits de l'homme» analyse de plus près les arguments en faveur de cet investissement.

 

 
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