La situation des enfants dans le monde 1999: Education
Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vœux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF

Elément 1. Apprendre pour la vie

Aller à l'école et la quitter sans être réellement préparé à la vie est un terrible gaspillage. C'est pourtant le lot de beaucoup trop d'enfants aujourd'hui.

UNICEF/96-1141/Vauclair

Les systèmes d'apprentissage novateurs qui répondent aux besoins locaux et aux défis de la mondialisation ont le potentiel d'alléger, et même d'éliminer, la pauvreté. Une fillette en Inde.

Partout dans le monde, des éducateurs ont récemment commencé à s'intéresser à la faille entre ce qui est enseigné et ce qui est appris, et aux nombreux enfants pris dans cet abîme. Une enquête menée par la Banque mondiale au Bangladesh a révélé que, des élèves ayant accompli cinq années d'études primaires, quatre sur cinq n'atteignaient pas un niveau minimum d'acquis scolaires, alors que ceux qui avaient fait trois années d'école obtenaient environ zéro sur le même barème d'évaluation, pourtant modeste 2. Le droit de ces enfants à l'éducation n'est pas réalisé.

Les enquêtes de ce type évaluent habituellement les acquis élémentaires en alphabétisme et arithmétique - lecture, écriture, expression orale, écoute et calcul - qui sont bien sûr des outils essentiels pour la poursuite de l'apprentissage, mais elles n'essaient même pas de mesurer le succès de l'enseignement aux enfants des compétences requises pour survivre, pour mener une existence digne et pour faire face aux changements rapides et constants qui caractérisent la vie moderne.


L'enseignement pour la vie au XXIe siècle, c'est donner aux enfants les notions élémentaires de lecture, d'écriture et de calcul, mais c'est aussi les doter de compétences plus complexes pouvant servir de fondement à la vie.

L'enseignement pour la vie au XXIe siècle, c'est donner aux enfants les notions élémentaires de lecture, écriture et calcul, mais c'est aussi les doter de compétences plus avancées et plus complexes pouvant servir de fondement à la vie - qui leur permettent en particulier de s'adapter à l'évolution des circonstances. L'absence ou l'insuffisance de l'éducation de base peut gravement compromettre la capacité d'apprendre sa vie durant, et accentuer le décalage entre ceux qui sont à même de profiter de ces occasions et ceux qui ne le sont pas.

Dans cette approche de l'apprentissage, les enseignants et les élèves doivent modifier leurs relations afin que l'expérience vécue en salle de classe - le processus même d'apprentissage - soit une préparation à la vie. Les principes de la Convention relative aux droits de l'enfant le montrent clairement: l'enseignement doit être un processus qui guide et facilite, qui encourage les enfants à penser par eux-mêmes, qui leur apprend à apprendre. La classe doit être un environnement démocratique.

Le milieu d'apprentissage doit aussi évoluer, devenir actif, s'axer sur l'enfant en tenant compte de son niveau de développement et de ses capacités. Il doit permettre aux élèves d'exprimer leurs idées, leurs pensées et leurs opinions, favoriser les moments joyeux et les occasions de jeu, mettre les enfants à l'aise avec eux-mêmes et avec les autres. Enfin, il doit les traiter avec respect. Dans ce type d'environnement, les enfants acquièrent le sentiment de leur valeur qui, s'il s'accompagne de connaissances, de compétences et de valeurs de base, leur donnera les moyens de faire des choix bien informés tout au long de leur vie.

L'environnement physique est lui aussi important. Il aide les enfants à se sentir à la fois en sécurité et stimulés. Les bâtiments et le mobilier doivent être adaptés aux élèves. Trop d'écoliers se perchent sur des pupitres trop hauts pour leurs petits corps, dans des salles où fenêtres et portes sontconçues par des adultes pour des adultes3.

L'approche globale de l'apprentissage pour la vie doit favoriser l'intégration des individus au monde du travail et à la société. Elle exige un programme d'études et des méthodes d'enseignement tenant compte de facteurs tels que le sexe de l'élève, la langue et la culture, les inégalités économiques et les incapacités physiques et mentales, et permettant aux enfants d'affronter ces facteurs de manière positive. Les enfants et les sociétés ont besoin de systèmes d'apprentissage qui répondent aussi bien à leurs besoins locaux qu'aux défis de la mondialisation. De tels systèmes se caractérisent par la priorité accordée aux droits de la personne et à la transmission de connaissances et d'aptitudes qui aident chaque individu à réaliser son potentiel et à agir pour le bien de la société, contribuant ainsi à réduire, voire à éliminer progressivement la pauvreté.

Dans cette définition plus large de l'apprentissage auquel tout enfant a droit, la Conférence de Jomtien a donné un nouveau relief aux «compétences essentielles». Leur définition évolue pour englober des compétences psychosociales de coopération, de négociation et de communication, de prise de décisions, et une pensée critique et créative préparant aux défis de la vie moderne. C'est une éducation aux valeurs et au comportement en société.

Les compétences essentielles sont celles dont les enfants ont besoin pour faire face à tout l'éventail des problèmes liés à leur survie et à leur bien-être, y compris des connaissances sur la santé, la nutrition et l'hygiène. Une bonne base de ces compétences essentielles préparera les enfants à s'adapter d'une façon pratique et efficace aux individus et aux situations rencontrés dans la vie quotidienne, à administrer leurs finances, à agir sur la dynamique sociale et familiale, à apprécier leurs propres droits tout en respectant ceux des autres.

Si les compétences essentielles ont une place importante dans l'éducation de la petite enfance et dans les écoles primaires, où l'accent est mis sur les compétences générales de survie plutôt que sur les aptitudes théoriques, elles sont plus vitales encore à l'adolescence quand les risques d'exploitation au travail, de contamination par le VIH/SIDA et de grossesse précoce s'accroissent, exigeant des jeunes qu'ils fassent des choix de comportement toujours plus complexes et difficiles. La prolifération inquiétante des guerres civiles dans le monde en développement pose un défi formidable. Une formation aux techniques de résolution des conflits fait désormais partie des programmes scolaires de pays ayant récemment été soumis à la violence, comme la Colombie, la Sierra Leone et Sri Lanka.

 

 
Page précédente | Sommaire | Page suivante

Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vœux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF