La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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Le droit à l'éducation

UNICEF /87-0005/Tolmie

Apprendre à écrire, comme le font ces fillettes à Bogotá, est une chance refusée à plus de 130 millions d'enfants qui n'ont pas accès à l'éducation de base. Près des deux tiers de ces enfants sont des filles.

Un an avant l'an 2000, près d'un milliard d'habitants de la planète ne savent ni lire ni même écrire leur nom - et encore moins remplir un simple formulaire ou se servir d'un ordinateur. Un milliard de personnes continueront de vivre en plus mauvaise santé et dans une pauvreté plus désespérée encore que la plupart de ceux qui ont appris à lire et à écrire. Ce sont les «analphabètes fonctionnels», dont le nombre va aujourd'hui croissant1.

Les conséquences de l'analphabétisme sont profondes, au point qu'elles peuvent mettre la vie en danger. Elles s'enracinent dans le refus d'un droit humain fondamental: le droit à l'éducation, proclamé il y a un demi-siècle dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et à nouveau en 1989 dans la Convention relative aux droits de l'enfant, le traité des droits de l'homme ratifié par le plus grand nombre de pays.

Malgré les affirmations solennelles qui se sont succédé au cours des 50 dernières années, on estime que 855 millions de personnes - près du sixième de l'humanité - seront fonctionnellement analphabètes à l'aube du troisième millénaire 2; que plus de 130 millions d'enfants en âge de fréquenter l'école dans les pays en développement grandissent en marge de l'éducation de base3, et que des millions d'autres enfants se morfondent dans des écoles médiocres où ils n'apprennent presque rien (voir Fig. 1 Enfants non scolarisés, Fig. 2 Taux nets de scolarisation primaire, par région (vers 1995), Fig. 3 Cinquième année d'études primaires, par région (vers 1995)). Les filles dans le monde en développement en constituent la grande majorité: deux sur trois des enfants qui ne vont pas à l'école primaire sont des filles (soit environ 73 millions sur les 130 millions d'enfants non scolarisés 4).

Garantir le droit à l'éducation est une question d'équité, de justice et d'économie. Il existe une corrélation manifeste entre l'éducation et les taux de mortalité - en particulier la mortalité des enfants de moins de cinq ans. Encore une fois, les filles en sont les premières victimes.

Lorsque la scolarisation primaire des filles augmente de dix points de pourcentage, on peut s'attendre à une diminution de la mortalité infantile de 4,1 décès pour 1000 naissances vivantes. Une augmentation similaire dans l'enseignement secondaire entraîne une diminution additionnelle de la mortalité de 5,6 décès pour 1000 naissances 5. Au Pakistan, par exemple, une année supplémentaire de scolarisation pour une tranche additionnelle de 1000 filles permettrait en fin de compte d'éviter 60 décès d'enfants 6. Mais les bienfaits de la sco larisation ne s'arrêtent pas là.

Chaque année de plus passée à l'école peut également se traduire par une régression de l'indice synthétique de fécondité et par un recul des décès liés à la maternité. Au Brésil, les femmes analphabètes ont en moyenne 6,5 enfants, alors que celles qui ont suivi un enseignement secondaire ont 2,5 enfants. Dans l'Etat du Kerala (au sud de l'Inde), où l'alphabétisation est universelle, les taux de mortalité infantile sont les plus bas du monde en développement - et les taux de fécondité les moins élevés de l'Inde7 .

Refuser le droit à l'éducation, c'est compromettre la capacité des gens de réaliser un travail productif, de pourvoir à leurs besoins et à ceux de leur famille, de se protéger et de protéger les leurs. Mais lorsqu'ils comprennent l'importance de la santé, de l'assainissement et de la nutrition, l'incidence de la morbidité et de la mortalité diminue au sein de leur famille. La productivité économique et la stabilité financière et sociale s'en trouvent également renforcées.

A l'échelle de la société, dénier le droit à l'éducation c'est hypothéquer le progrès démocratique et social - et par conséquent, la paix et la sécurité internationales. En empêchant les enfants de se développer pleinement, l'analphabétisme sème d'embûches leur chemin vers l'âge adulte et rend encore plus difficile leur compréhension du monde dans sa diversité aussi bien que des valeurs de paix et d'égalité entre les sexes.

L'analphabétisme fonctionnel prive également l'individu d'autres joies, notamment celles que procurent la culture et l'art en général.

L'analphabétisme c'est avant tout la triste réalité de la vie quotidienne de millions d'enfants, dont la plupart sont des filles. Les raisons sont multiples et tiennent d'abord à la discrimination sexuelle: parce qu'elles sont filles, d'innombrables jeunes sont contraintes de demeurer au foyer, confinées dans des tâches de subsistance. Et lorsqu'elles vont à l'école, elles sont souvent si isolées en salle de classe qu'elles finissent par abandonner. Le travail ensuite: des dizaines de millions de filles et de garçons n'ont pas accès à l'éducation parce qu'ils sont employés à plein temps, souvent dans des situations dangereuses et d'exploitation. Beaucoup d'autres enfants ne sont pas scolarisés tout simplement faute d'école ou, s'il y en a une, l'école ne garantit pas leur droit à l'éducation. S'ajoutent à cela la pénurie d'enseignants qualifiés, des frais de scolarité hors de portée des parents, des écoles trop éloignées, le manque de manuels et de fournitures scolaires.

Parmi les enfants qui ont la chance d'être scolarisés, il y a ceux qui vivent dans un milieu peu engageant, surpeuplé et menaçant, dans un environnement qui au lieu de les stimuler les expose à des risques et étouffe toute initiative ou curiosité.

Plus de 150 millions d'enfants dans les pays en développement commencent leur scolarité, mais n'atteignent pas la cinquième année d'études 8. Ils quittent l'école sans avoir acquis les notions élémentaires de lecture, d'écriture et de calcul et les compétences essentielles qui constituent la base de l'apprentissage la vie durant.

 

 
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