La malnutrition est lourde de menaces pour les enfants et les familles. Souvent
insidieuse, elle est le produit de causes multiples: manque d'aliments, certes,
mais aussi maladies communes (et évitables), inadéquation des soins,
insalubrité de l'eau et de l'environnement. Elle joue un
rôle dans plus de la moitié des décès d'enfants de
moins de cinq ans qui surviennent chaque année dans le monde en développement.
Elle sape aussi bien le développement intellectuel des individus que la
productivité des sociétés. Si la pauvreté est l'une
de ses causes, elle est également l'une de ses conséquences.
Le rapport La situation des enfants dans le monde 1998 fait le point du
problème, montrant l'ampleur des dommages et rappelant les mesures prises pour y remédier. Certaines réussites sont particulièrement encourageantes: l'iodation du sel épargne l'arriération mentale à des millions d'enfants; la supplémentation en vitamine A renforce la résistance à la maladie, et on pense qu'elle peut contribuer à réduire la mortalité maternelle; des communautés travaillent ensemble à identifier et résoudre leurs problèmes, avec une plus grande participation des femmes. Une bonne nutrition est un droit de l'enfant, reconnu dans l'ordre juridique international, et que le monde a l'obligation de faire respecter. Il est possible d'agir; il est impératif de le faire.