Rappel: Causes de la malnutrition
- La malnutrition est un état complexe où peuvent se mêler des carences, multiples et imbriquées, en calories, en protéines et en micronutriments (ces derniers doivent leur nom au fait que l'organisme en a besoin en quantités infimes seulement).
- C'est l'association de la maladie avec un apport alimentaire insuffisant qui fait qu'un enfant devient malnutri. Les causes profondes de cet état sont l'insuffisance des apports alimentaires, la mauvaise qualité des services de santé, le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement, enfin l'inadéquation des services de soins aux mères et aux enfants.
- Entre 30 et 50% de la population n'ont toujours pas accès aux services de santé dans quelque 35 pays en développement.
- Plus de 1,1 milliard d'individus ne disposent pas d'eau potable, et environ 2,9 milliards de services d'assainissement adéquats, ce qui favorise la propagation de maladies infectieuses - notamment de diarrhées chez les enfants - qui à leur tour deviennent des causes majeures de malnutrition. La déshydratation consécutive à la diarrhée coûte chaque année la vie à 2,2 millions d'enfants dans le monde en développement.
- L'inadéquation des soins fournis aux enfants et aux femmes est une cause profonde de malnutrition, dont toutes les ramifications nocives n'ont été que récemment reconnues. Une bonne hygiène dans et autour de la maison, ainsi que dans la manipulation des denrées alimentaires, abaisse le risque de maladie. Le terme de «soins» couvre également toutes les interactions entre parents et enfants qui aident les jeunes à se développer sur les plans physique et émotionnel. Différentes études ont permis de constater que les taux de croissance étaient meilleurs chez les enfants malnutris soumis à des stimulations verbales et cognitives que chez ceux qui n'avaient pas fait l'objet de telles stimulations.
- La discrimination à l'égard des femmes et des jeunes filles est une cause fondamentale de la malnutrition. Les taux très élevés de malnutrition des enfants et d'insuffisance pondérale à la naissance dans une grande partie de l'Asie du Sud sont en relation avec des facteurs tels que le faible accès des femmes à l'éducation et leur place réduite sur le marché du travail rémunéré enregistrés dans cette partie du monde par rapport à d'autres régions.
- L'allaitement maternel est la base même d'une bonne nutrition des nourrissons; son absence ou son insuffisance peut mettre en danger la santé et la nutrition du bébé, en particulier dans les zones où l'assainissement et l'hygiène laissent à désirer.
- Dans certains pays industrialisés, les disparités croissantes de revenu, allant de pair avec des réductions dans la protection sociale, ont des effets inquiétants sur les niveaux nutritionnels des enfants.
Coûts
- La malnutrition contribue à tuer chaque année plus de six millions d'enfants au-dessous de cinq ans, soit 55% des près de 12 millions de décès d'enfants enregistrés dans le monde en développement. Dans cette catégorie d'âge, la moitié des enfants sont malnutris en Asie du Sud, et un tiers en Afrique subsaharienne.
- La malnutrition abaisse la productivité, entrave la croissance économique et l'efficacité des investissements dans les domaines de la santé et de l'éducation, et elle augmente la pauvreté. On estime que, dans certains pays, les pertes de vies, les infirmités et la chute de productivité consécutives aux carences en vitamines et en minéraux coûtent plus de 5% du produit national brut.
- Dans les pays où les taux de mortalité infantile sont élevés ou modérément forts, on estime que, chez un bébé nourri au biberon dans une communauté pauvre, le risque de mourir de maladie diarrhéique est multiplié par 14 et celui de succomber à une pneumonie par quatre par rapport à un enfant exclusivement allaité au sein.
- Aux Etats-Unis, selon certains chercheurs, plus de 13 millions d'enfants de moins de 12 ans, un quart des enfants de ce groupe d'âge, ont des difficultés à se procurer toute la nourriture dont ils ont besoin. Au Royaume-Uni, l'insuffisance de l'alimentation impose aux enfants et aux adultes des familles pauvres des risques supplémentaires, notamment sur les plans de la prématurité, de l'insuffisance pondérale à la naissance, de l'anémie, des affections dentaires, du diabète, de l'obésité et de l'hypertension. En Fédération de Russie, la prévalence des retards de croissance chez les enfants de moins de deux ans est passée de 9% en 1992 à 15% en 1994.
Progrès
- Plus de 12 700 hôpitaux, dans 114 pays, ont obtenu le label «ami des bébés», ce qui est une bonne base de départ pour l'allaitement au sein de millions de nourrissons.
- Aujourd'hui, 60% de tout le sel consommé dans le monde est iodé, ce qui aide à réduire le fardeau des troubles dus à la carence en iode. La Bolivie est le premier et le seul pays à certifier avoir pratiquement éliminé la carence en iode en tant que problème de santé publique.
- Les programmes de supplémentation en vitamine A mis en uvre dans les pays en développement ont sauvé la vie d'au moins 300 000 jeunes enfants pendant la seule année 1997.
- A Mbeya (République-Unie de Tanzanie), un projet améliorant la couverture sanitaire et l'accès à l'eau potable en même temps que la surveillance et la promotion de la croissance a fait régresser la malnutrition modérée de 11 points de pourcentage, alors qu'elle augmentait de sept points de pourcentage parmi les enfants de moins de cinq ans dans les zones non couvertes par ce projet.
- Au Brésil, le taux de malnutrition chez les enfants couverts par un programme de surveillance et de promotion communautaires de la croissance, lancé par le Pastoral da Criança, est de moitié inférieur au taux enregistré à l'échelon national.
- Dans un village du Niger, les taux de malnutrition ont reculé de dix points de pourcentage grâce à un programme qui aide les femmes à s'organiser pour diminuer leur charge de travail, et à enrichir l'alimentation de leur famille avec des produits nouveaux.
- A Oman, dans la région d'Al Dakhiliya, des volontaires communautaires contribuent à réduire la malnutrition chez les enfants par l'amélioration des soins et des activités sanitaires.
- Au Bangladesh, des animateurs en nutrition travaillent dans un millier de centres communautaires à soutenir l'allaitement maternel et à promouvoir de meilleures pratiques de soins pour les femmes et les enfants.
- Le Guatemala a réussi à juguler la carence en vitamine A en enrichissant le sucre avec ce micronutriment, un enrichissement également pratiqué en Bolivie, au Brésil, en El Salvador, au Honduras et aux Philippines.
- Entre 1993 et 1996, l' a fourni au total 2,7 milliards de comprimés de fer/acide folique à l'intention des femmes enceintes pour aider à lutter contre l'anémie ferriprive et la carence en acide folique. Un certain nombre de pays d'Amérique latine et du Moyen-Orient enrichissent en fer la farine de blé.
- La nutrition de millions d'enfants de par le monde a tiré profit des améliorations apportées dans les services de santé, particulièrement en ce qui concerne la vaccination, dont la couverture atteint aujourd'hui entre 80 et 90% dans de nombreux pays.
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