La situation des enfants dans le monde 1998: Regard sur la nutrition
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Encadré 21: La nutrition des enfants, une priorité pour la nouvelle Afrique du Sud

UNICEF/Afrique du Sud

En Afrique du Sud, des agents de santé communautaires pèsent les enfants, et discutent avec les familles des moyens de favoriser la croissance.

Au temps de l'apartheid, l'Afrique du Sud possédait une infrastructure de recherche médicale extrêmement sophistiquée qui mettait au service de la minorité blanche des techniques nouvelles très pointues, comme les transplantations cardiaques. La majorité, toutefois, n'avait pas accès à de bons services de santé et de nutrition. Mais tout a changé avec l'avènement de la démocratie: en 1994, le Gouvernement a entrepris de réorienter le système de santé pour répondre aux besoins de la majorité, et la nutrition des enfants est devenue une priorité.

L'un des éléments importants de cet effort est la mise en place d'un système de surveillance nutritionnelle au niveau communautaire; il commence à prendre forme dans le district de Bergville, province de KwaZulu-Natal. Les problèmes de santé et de nutrition enfantines que connaît cette province sont parmi les plus aigus du pays. Plus de la moitié des enfants vivent dans la pauvreté, près de 40% souffrent d'avitaminose A, jusqu'à un quart des jeunes ruraux présentent une insuffisance staturale, et la carence en iode sévit dans les zones montagneuses. Un dixième des enfants de six mois à cinq ans sont atteints d'anémie, qui est également fréquente chez les femmes enceintes, et l'insuffisance pondérale à la naissance est chose commune.

Dans le district de Bergville, qui compte 120 000 habitants, un réseau d'assistants sanitaires et d'agents de santé communautaires est en cours de formation au titre du nouveau Programme de survie de l'enfant. La méthode adoptée, semblable à celle qui a été appliquée avec succès ces dix dernières années dans d'autres pays en développement, est fondée sur la surveillance de la croissance de l'enfant par des pesées régulières à domicile. Les agents de santé profiteront de leur visite pour discuter avec les familles de la croissance des enfants, renforcer les tendances positives et, s'il y a des troubles de la croissance, en rechercher les raisons pour y apporter des solutions. Le nombre d'agents de santé communautaires du district va être considérablement augmenté afin de mener à bien le programme, l'objectif principal étant de couvrir toutes les familles, y compris les plus pauvres et les plus marginalisées.

La participation de la communauté à la planification et au fonctionnement des services de santé est le cœur même du programme. Les membres de la communauté ont constitué en 1994 un forum de la santé, qui joue le rôle de comité directeur du Programme de survie de l'enfant. Le groupe a aidé à mettre en place un conseil hospitalier de district, ainsi que des comités locaux chargés de superviser les agents de santé, et il a organisé des ateliers relatifs au nouveau programme.


Avec l'avènement de la démocratie, le Gouvernement sud-africain a entrepris de réorienter le système de santé pour répondre aux besoins de la majorité, et la nutrition des enfants est devenue une priorité.

Depuis 1996, les crédits affectés à la santé ont été redistribués plus équitablement au bénéfice des provinces désavantagées comme celle de KwaZulu-Natal, ce qui va aider à financer les services de santé améliorés. L'Université du Natal, à Pietermaritzburg, est à la tête du mouvement pour soutenir la surveillance de la croissance des enfants dans le district de Bergville. En outre, World Vision of South Africa, une ONG qui opère dans le district depuis 1980, a aidé à préparer le terrain pour le programme, par différents projets de développement communautaire - notamment la formation au «leadership» sur le plan local, la formation de groupes de femmes à diverses techniques, le soutien d'un programme de crèches et de jardins d'enfants, et la coopération avec les services de santé dans la lutte contre la malnutrition.

Le nouveau système de surveillance de la croissance est d'une impérieuse nécessité; c'est ce qui ressort d'une enquête récente, qui a constaté que si la plupart des mères possédaient bien une fiche des services de santé pour contrôler la croissance de l'enfant, beaucoup de ces fiches étaient vierges ou incomplètes. Elle a aussi constaté que la surveillance de la croissance ne s'accompagnait que de très peu de conseils nutritionnels.

Le nouveau programme se heurte à de nombreuses difficultés: les ressources sont minces, il faut former du personnel, et il faut atteindre les communautés. Toutefois, le partenariat nouveau qui se constitue entre les services publics, l'université, les ONG et les communautés constitue une approche riche de promesses pour l'avenir.

On s'attaque vigoureusement aussi à la carence en vitamine A. Quelques mois à peine après le changement de gouvernement, le Groupe consultatif sud-africain sur la vitamine A a lancé la plus vaste enquête nutritionnelle jamais menée dans le pays, couvrant près de 20 000 foyers. Elle a permis de constater qu'un tiers des enfants de six mois à cinq ans étaient carencés, ou à la limite de la carence, en vitamine A. Les services publics et leurs partenaires privés se préparent à s'attaquer au problème. Il est prévu de fournir des suppléments de vitamine A aux jeunes enfants et aux accouchées, de renforcer en vitamine A les denrées alimentaires de base, enfin d'encourager la production et la consommation d'aliments riches en vitamine A.

 

 
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