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Encadré 7: Survie des nourrissons: 50% de mieux grâce à des biscuits
En Gambie, des interventions ciblées destinées à améliorer la nutrition des femmes enceintes, en même temps qu'elles amènent une différence dans le poids des bébés, réduisent pour ces derniers le risque de mourir pendant, ou peu après, la naissance. Une large étude contrôlée menée dans la région rurale du Kiang occidental a montré que le nombre d'enfants présentant à la naissance un poids insuffisant tombait de près de 40% tandis que les taux de mortinatalité et de mortalité périnatale étaient réduits de presque 50% lorsque les femmes enceintes recevaient une ration journalière de biscuits à haute teneur énergétique de fabrication locale. Ces constatations remarquables corroborent l'idée qu'il faut donner des suppléments alimentaires aux femmes enceintes pour réduire l'insuffisance pondérale à la naissance. «L'étude a clairement démontré que l'amélioration de la nutrition maternelle, assurée par exemple au travers des systèmes de soins de santé primaires, peut avoir des effets extrêmement bénéfiques quand elle est correctement ciblée sur les femmes qui en ont véritablement besoin», explique l'un des auteurs de l'étude, le Dr Sana Ceesay, du Centre de nutrition Dunn affilié à l'Université de Cambridge, qui a travaillé en partenariat avec le Département de la santé de Gambie. Les résultats ont été publiés en septembre 1997 dans le British Medical Journal. Selon les estimations de l'UNICEF, il naît chaque année 24 millions d'enfants dont le poids n'atteint pas les 2,5 kg fixés comme seuil de l'insuffisance pondérale; 95% de ces naissances ont lieu dans les pays en développement. L'insuffisance de poids à la naissance, qui augmente considérablement le risque de mort néonatale, est aussi par la suite une cause importante de troubles de la croissance et du développement. Elle peut être due à un certain nombre de facteurs affectant la mère, par exemple une petite taille, des infections utérines, le tabagisme, une teneur insuffisante du sang en oxygène (par suite d'excès de travail ou dans les régions de haute altitude), ou encore le paludisme. Toutefois, lorsque tous ces facteurs sont égaux, l'incidence de l'insuffisance pondérale à la naissance est plus forte chez les enfants de mères économiquement défavorisées que chez les autres. L'explication la plus vraisemblable de cette différence est que la malnutrition maternelle entrave le développement du ftus. Il a souvent été difficile, néanmoins, de faire ressortir les bénéfices réels pour le nourrisson d'une meilleure alimentation de la mère durant la grossesse. L'étude menée en Gambie apporte les preuves voulues. Dans cette partie de l'Afrique occidentale, des études antérieures avaient montré que l'alimentation des femmes enceintes - qui doivent comme beaucoup d'autres femmes se livrer à des activités dévoreuses d'énergie: corvée d'eau, collecte de combustible, travaux agricoles, soins aux enfants, auxquelles la grossesse ajoute ses demandes propres en énergie et en nutriments - ne leur permettait pas, quantitativement et qualitativement, de répondre à tous ces besoins. Le développement des bébés était donc menacé.
Dans le cadre de cette étude, une supplémentation prénatale a été organisée pendant cinq ans dans 28 villages d'une région de Gambie. Dans ces villages, les femmes enceintes de plus de 20 semaines recevaient chaque jour des biscuits très énergétiques à base de cacahuètes, représentant une ration de 1000 calories par jour en moyenne. Les biscuits étaient préparés avec des produits locaux et cuits dans les fours de glaise traditionnels par deux boulangers de village. Dans les villages témoins, les femmes recevaient les mêmes soins prénatals, les mêmes suppléments de fer et de folate et les mêmes antipaludiques que dans les villages d'intervention, mais on ne leur donnait pas les biscuits durant leur grossesse. Des agents de terrain pesaient toutes les femmes de l'étude à intervalles réguliers, et mesuraient tous les enfants à la naissance. La consommation de biscuits énergétiques a entraîné une augmentation très sensible du poids de naissance des bébés, le nombre d'insuffisants pondéraux tombant de 39%. Il convient de noter tout particulièrement la réduction de l'insuffisance pondérale chez les enfants nés pendant l'annuelle «saison de la faim» où les poids de naissance sont normalement plus faibles que pendant la saison des récoltes, conséquence d'une mauvaise nutrition maternelle associée à un dur travail agricole saisonnier. En plus de ces remarquables bénéfices, l'étude réfute l'idée répandue dans certains cercles qu'améliorer le régime alimentaire des femmes enceintes entraînera une élévation des taux de complications obstétricales du fait que les enfants seront plus gros à la naissance. Ainsi, le taux des complications obstétricales n'était pas plus élevé chez les femmes qui avaient bénéficié d'un supplément alimentaire. En effet, si le poids de naissance était plus élevé chez les enfants des femmes qui avaient reçu les biscuits, la circonférence de la tête était à peine plus forte - or c'est elle qui joue le plus grand rôle dans la disproportion céphalo-pelvienne lors de l'accouchement.
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