La situation des enfants dans le monde 1998: Regard sur la nutrition
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Une action plus efficace pour améliorer la nutrition

Les progrès techniques décrits dans ce rapport, qu'il s'agisse de recherches nouvelles sur la nutrition et la maladie ou de meilleures façons de détecter les problèmes, ne sont pas des formules magiques. Pour contribuer à une amélioration durable de la nutrition, il leur faudra impérativement affûter la capacité de la population (y compris des pauvres) d'évaluer et analyser les causes de la malnutrition autour d'elle - ainsi que de planifier et appliquer des réponses appropriées.

Les récents progrès des sciences sociales et de la communication aideront également à accélérer et à renforcer l'aptitude de la population à prendre le contrôle des mesures destinées à réduire la malnutrition.

Les actions décrites ici pour améliorer la nutrition infantile et donc la croissance, la résistance à la maladie et le développement cognitif doivent être associées à d'autres interventions peu coûteuses et très efficaces qui ont déjà fait leurs preuves dans la prévention des maladies et le renforcement du développement de l'enfant.

Certaines d'entre elles n'ont pas encore été largement exploitées. Par exemple, on peut combattre les vers intestinaux, qui contrarient la croissance et le développement, par une vermifugation régulière à l'aide de médicaments bon marché à la fois très sûrs et extrêmement efficaces (voir encadré 20). Et les décès d'enfants dus au paludisme peuvent être diminués par l'emploi de moustiquaires imprégnées d'insecticide. Bien que tous les enfants aient le droit de profiter de ces mesures, elles n'ont pas encore reçu dans le monde la reconnaissance et les ressources qu'elles méritent.

Il faut également lier les mesures destinées à prévenir la malnutrition chez les jeunes enfants aux différents efforts pour promouvoir le développement de la petite enfance.


Les gouvernements pourraient mettre à profit tout ce qu'ils ont appris sur les moyens de réduire la malnutrition. Ils pourraient monter des actions de masse ayant toutes chances de réussir et susceptibles d'être mises en oeuvre par les communautés elles-mêmes.

Partout dans le monde, les parents de jeunes enfants ont besoin de contacts réguliers avec des gens qui peuvent les aider à vérifier la croissance et le développement de leur enfant, et leur apporter conseils et appui concernant l'allaitement maternel et l'alimentation complémentaire. Dans de nombreuses communautés, les parents et les personnes chargées de donner des soins aux enfants auront aussi besoin d'avis sur les suppléments en vitamine A, en fer, en iode et d'autres micronutriments et devront y avoir accès. Ce sont en général les institutions officielles classiques - centres de santé, dispensaires ou centres préscolaires (voir encadré 21) - qui sont les mieux placés pour apporter un soutien dans ces domaines, mais là où ces établissements font défaut ou ne fonctionnent pas, il faut trouver d'autres solutions: les enfants ne peuvent pas attendre que ces établissements soient construits ou dotés de personnel.

Les communautés doivent recevoir un appui global dans leurs efforts pour garantir à toutes les familles l'accès aux actions préventives de base visant à améliorer la nutrition des enfants et des femmes enceintes. Cela inclut le renforcement des services de santé pour prévenir et traiter la maladie, et un soutien accru aux activités destinées à stimuler l'apprentissage, les soins et le développement des jeunes enfants.

Aucune des actions de prévention et de soutien pour promouvoir la croissance et le développement de l'enfant décrites dans ce rapport n'exige un médecin, une infirmière ou un éducateur qualifié. Les communautés peuvent être aidées à s'organiser elles-mêmes afin de fournir ou d'administrer ces services, et la plupart d'entre elles comptent déjà des groupes capables de prendre ces responsabilités. On peut aussi aider les communautés à évaluer leurs problèmes les plus urgents et apprendre à surveiller l'efficacité de leurs actions, pour modifier ensuite leurs propres programmes en conséquence. Combinée avec l'emploi de technologies efficaces et peu coûteuses, l'adoption de ces mesures pourrait aboutir à des améliorations rapides non seulement de la survie des enfants, mais aussi de leur développement, de leur statut nutritionnel et de leur capacité d'apprentissage.

On a souvent affirmé que relever ce défi était une question de volonté politique. Dans une économie mondiale qui brasse 28 000 milliards de dollars, le problème n'est sûrement pas le manque de ressources. Il est probablement plus utile de considérer ce défi comme une question de choix politique. Que ce soit dans des pays pauvres ou des pays nantis, des gouvernements peuvent choisir de laisser les enfants souffrir de handicaps intellectuels, d'invalidités physiques et de vulnérabilité à la maladie pendant leur jeune âge et plus tard: c'est le prix qu'ils auront à payer s'ils ne font rien ou pas assez pour garantir une bonne nutrition.

Mais les gouvernements pourraient au contraire décider de regrouper tout ce qu'ils ont appris sur les moyens de réduire la malnutrition. Ils pourraient monter des actions de masse ayant toutes chances de réussir et susceptibles d'être mises en œuvre par les communautés elles-mêmes. Et ils pourraient encourager la recherche et la réalisation de nouvelles actions encore plus adaptées.

Pour le bien-être et la protection des enfants, et pour le développement de l'humanité, il n'y a pas à hésiter entre ces deux options.

 

 
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