La situation des enfants dans le monde 1998: Regard sur la nutrition
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La pauvreté économique: un facteur important

Il ne fait aucun doute que si la pauvreté économique n'est pas la seule sorte de pauvreté qui affecte en fin de compte la nutrition, c'est néanmoins un facteur important.

Quand la pauvreté et le sous-développement sont solidement implantés, il faut pour les vaincre des ressources et des apports que peu de pays en développement, particulièrement les plus pauvres, peuvent mobiliser, soit d'eux-mêmes, grâce aux niveaux actuels d'investissements et de prêts externes privés, soit par l'intermédiaire d'aide et de prêts officiels.

En 1995, par exemple, les flux globaux de ressources vers le monde en développement, toutes sources confondues, se sont élevés à 232 milliards de dollars, dont 59 milliards représentaient des prêts et des dons officiels pour le développement et 156 milliards provenaient de sources privées. Les pays à revenus moyens sont les principaux bénéficiaires des investissements et des prêts privés: ils en ont reçu les deux tiers contre un tiers seulement aux pays à faibles revenus. Les deux régions du monde connaissant les taux les plus élevés de malnutrition des enfants - l'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud - ont à peine reçu 1,6 milliard et 5,2 milliards de dollars respectivement.

Et bien qu'il y ait quelques points encourageants concernant les investissements et le commerce en Afrique subsaharienne, les problèmes des économies du continent demeurent énormes, avec notamment des niveaux relativement faibles de demande intérieure et les quotas d'importation imposés par les pays industrialisés sur les biens manufacturés africains.

En même temps, les pays en développement devaient globalement plus de 2000 milliards de dollars au titre de la dette extérieure en 1995. L'Afrique subsaharienne, par exemple, a versé en 1995 une somme de 13,6 milliards de dollars pour le service de la dette - près du double de ce qui a été affecté aux services de santé. Et les pays en développement supportent la plus lourde proportion, de loin, du fardeau mondial de maladie, qui épuise leurs ressources humaines et économiques.

UNICEF/90-0017/Tolmie

L'aptitude des femmes à soigner et nourrir leurs enfants est influencée par la valeur que leur reconnaît la société, et notamment le niveau d'éducation auquel elles peuvent prétendre. Une écolière colombienne déjeune avant d'entrer en classe.

Dans ce sombre tableau de diminution des flux de l'aide et d'alourdissement de la dette, la seule note optimiste est apportée par la nouvelle initiative concernant la dette des pays pauvres fortement endettés, lancée en 1996 par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Cet engagement de la communauté internationale et des créanciers à réduire le fardeau insupportable de la dette des pays pauvres qui ont donné des preuves suivies d'une réforme sociale et économique viendra prochainement améliorer la situation en Bolivie, au Burkina Faso et en Ouganda. Cet allègement permettra à ces pays, et à ceux qui, on l'espère, réuniront bientôt les conditions exigées, de mieux soutenir les actions sociales de grande ampleur qui aideront à réduire la malnutrition.

Si l'on veut s'attaquer aux causes fondamentales de la malnutrition, il est nécessaire de disposer de ressources accrues et mieux ciblées et d'organiser une collaboration, une participation et un dialogue de meilleure qualité. Il faut générer une prise de conscience et des informations: entre les départements des administrations nationales; entre les gouvernements; avec tous les partenaires du développement, les donateurs, les institutions du système des Nations Unies, les ONG et les investisseurs; et surtout avec ceux dont la situation est rarement comprise ou remarquée, les pauvres eux-mêmes.

Agir contre la malnutrition est à la fois impératif et possible. Comme l'explique la seconde partie de ce rapport, le monde a déjà accumulé une somme d'expérience et de connaissances sur laquelle il est possible d'asseoir les progrès futurs.

 

 
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